LES MÊMES CAUSES PRODUISENT LES MÊMES EFFETS. par F. Rudakemwa
Paul Kagame=une dictature sans partage et sanguinaire! I. Aujourd’hui comme hier
La situation sociopolitique qui règne aujourd’hui au Rwanda ressemble étrangement à celle qui y prévalait à la veille de la révolution sociale de novembre 1959. Les principaux acteurs aussi sont restés les mêmes : la communauté internationale, la société civile, le peuple composé majoritairement de Bahutus (85%), les 15% qui restent étant faits de Batutsis, de Batwa et de naturalisés.
Dire « communauté internationale » à l’époque revenait à mentionner : la puissance coloniale (la Belgique), l’ONU, les USA, l’URSS, les leaders des pays africains déjà indépendants ou en lutte pour l’indépendance. Mal renseignée sur les réalités intérieures du Rwanda, cette communauté internationale prenait fait et cause pour les Batutsis qui la séduisaient au cri du slogan alors à la mode de « indépendance immédiate ! ».
Un aspect important de ces réalités intérieures alors méconnues de la communauté internationale était que :
· un régime minoritaire de Batutsis opprimait gravement une majorité écrasante de Bahutus ;
· Les leaders Bahutus rêvaient d’un Rwanda libéré du double joug colonial et féodo-monarchique. Leur mot d’ordre était : « démocratie d’abord, indépendance ensuite comme un fruit mûr ». Ils avaient toutes les peines du monde à se faire comprendre en dehors du Rwanda. Les Bahutus et les Batutsis appelaient donc de tous leurs vœux l’accession du Rwanda à l’indépendance ; mais par des procédés et dans des délais différents.
Les plus radicaux parmi les Batutsis voulaient une indépendance immédiate afin que, après un départ précipité des Belges, ils puissent avoir les coudées franches pour briser la fronde hutue, maintenir le statu quo, voire le renforcer et réduire encore davantage les Bahutus à un état proche de l’esclavage. Pour arriver à cet objectif, ils étaient disposés même, le cas échéant, à « broyer du belge »[1].
La monarchie tutsie était-elle aussi cruelle que le régime FPR-Kagame ? Le roi Charles Léon Pierre Mutara III Rudahigwa (16.11.1931 - 25.7.1959) était d’accord avec eux sur le premier point : le départ des Belges. Sur le second point concernant le partage du pouvoir avec les Bahutus, Alexis Kagame affirme que le monarque voulait faire sa nuit du 4 août[2]. À condition que les Bahutus lui donnent leur appui massif et décisif dans son projet de chasser les Belges. Malheureusement, il ne parvint jamais à s’imposer aux extrémistes ce son camp, il n’eut jamais le courage de se démarquer d’eux ; et au besoin, il les défendait comme il le fit à la clôture des travaux de la XVè session du C.S.P (Conseil Supérieur du Pays) du 9 au 12 juin 1958[3]. Il voulait donc tout simplement instrumentaliser les Bahutus.
Pour les Belges, abandonner les Batutsis aurait ressemblé à condamner une politique qu’ils avaient eux-mêmes menée au Rwanda depuis 1916. Ils ne le firent donc pas. Ils ont plutôt tout mis en oeuvre pour amener les Batutsis à prendre conscience de la justesse et du bien fondé des revendications des Bahutus. Les temps ayant changé, il fallait partager avec eux le pouvoir. C’était le seul moyen de calmer une situation sociopolitique qui devenait chaque jour plus explosive. Ce discours, même s’il venait tardivement, correspondait aux vrais objectifs de la présence coloniale de la Belgique au Rwanda, à savoir :
former des élites capables de reprendre des mains de l’autorité administrantes les rennes du gouvernement et …éduquer les masses pour les mettre à même de faire valoir leurs droits et les défendre contre d’éventuels abus[4].
« Mieux vaut tard que jamais ». Les Belges, contraints par les circonstances et sans se départir de leur option préférentielle pour les Batutsis, se montraient finalement favorables à la cause des Bahutus. De là à les accuser d’avoir voulu « mettre sur pied un instrument de rechange [les Bahutus], dont la présence à la tête du pays… leur aurait permis de garder la haute main sur les affaires du Rwanda »[5], il n’y avait qu’un pas. Les Batutsis radicaux firent vite de le franchir. Si jamais les Belges ont eu cette intention (ce que les documents ne prouvent pas), force nous est de reconnaître qu’ils sont restés sur leur faim. En effet, du moment que les indépendances, avec ou sans guerres de libération, étaient inévitables, les Bahutus ont eu la sagesse et l’habileté diplomatique de ne pas engager un bras de fer avec les autorités de la Tutelle[6]. Ils ne voulaient pas ouvrir deux fronts à la fois, mais ils ne se laissèrent jamais instrumentaliser par qui que ce soit. C’est ce qu’un observateur attentif des événements de l’époque dit en ces termes :
Non, les leaders hutu n’étaient pas des personnages … influençables. Leurs rapports avec le monde missionnaire (notamment en matière scolaire) ou avec l’administration belge ne furent du reste pas faciles, même lorsque ceux-ci se montrèrent favorables à la cause pour laquelle ils luttaient[7].
Alexis Kagame lui-même reconnaît que les leaders Bahutus ont été plus habiles que le dernier Horace aux prises avec deux Curiaces[8] :
Les Leaders Bahutu dont on croyait se faire l’instrument entendaient au contraire se servir des Européens comme un instrument. Leurs leaders se recrutaient surtout parmi les anciens séminaristes que… l’Administration avait refoulés dans la nature en réservant tous les emplois aux élèves du Groupe Scolaire [qui étaient tous des Batutsis]. Or, comme la suite des événements allait le montrer, ces leaders dont les capacités manœuvrières étaient sous-estimées… prouveraient bientôt que la Culture rwandaise est une et que se débarrasser des Batutsi en se rabattant sur les Bahutu, c’était tomber de Charybde en Scylla[9].
.
C'est la guerre du FPR qui a mis le Rwanda à feu et à sang. Elle a provoqué deux génocides : celui des Tutsi(1994) et celui des Hutu( 1996 -...?). Les événements prirent une tournure violente quand les Batutsis de l’aile dure s’organisèrent en formations paramilitaires. Leurs milices semaient la terreur, agressaient les Bahutus influents et en tuaient certains. C’est en réaction à ses agissements répréhensibles que les Bahutus déclenchèrent le mouvement qui prendra le nom de « Révolution sociale de novembre 1959 ». Les tentatives menées par ces Batutsis radicaux de reprendre le pouvoir par les armes, depuis leurs attaques terroristes qui s’échelonnèrent de 1960 à 1967, en passant par les massacres de 1972 au Burundi et les troubles de 1973 au Rwanda, jusqu’à la guerre d’octobre 1990 qui dégénérera en génocide en avril 1994, n’ont cessé d’envenimer les rapports entre Bahutus et Batutsis au Rwanda.
II. Demain et toujours ?
Aujourd’hui encore, exactement comme à la veille de novembre 1959, une minorité de Batutsis opprime une majorité de Bahutus sans épargner certains Batutsis anticonformistes. Elle jouit non seulement de la complicité du silence, mais aussi de l’appui effectif de la communauté internationale dans son entreprise de terroriser et de traquer, au pays et à l’étranger, tous les Bahutus accusés en masse de génocide. Or, personne n’ignore que le génocide qui a frappé les Batutsis du Rwanda en 1994 fut l’œuvre de miliciens majoritairement Bahutus, et non de tous les Bahutus en général. Personne n’ignore non plus qu’avant de s’en prendre aux Batutsis, ces miliciens ont d’abord liquidé un bon nombre de Bahutus influents à cause de leurs provenances régionales et/ou de leur refus de cautionner le recours à la violence, tant du côté du FPR (Front Patriotique Rwandais) que du tandem CDR-MRND (Coalition pour la Défense de la République - Mouvement Républicain National pour la Démocratie et le Développement), comme moyen d’accéder ou de se maintenir au pouvoir.
Pire encore, personne n’ignore que, avant le début du génocide, quand il était en cours, même après, et jusque très récemment, le FPR a procédé à des massacres de Bahutus pour le simple motif de leur appartenance ethnique[10]. Le plus connu de ces massacres a été le multiple assassinat des présidents du Rwanda et du Burundi, Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira, ainsi que leurs compagnons de voyage dans l’abattage de l’avion qui les transportait le 6 avril 1994 près de l’aéroport de Kanombe à Kigali. Tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin au drame rwandais sont unanimes : « Cette folie irréparable au soir du 6 avril 1994 a été l’élément déclenchant du génocide, sans lequel ledit génocide n’aurait certainement pas eu lieu ».
Des fois, la neutralité n’est pas aussi neutre qu’elle semble. Elle devient un moyen de permettre à un allié en position de force de poursuivre sa besogne. Le silence non plus n’est pas toujours muet. Par son silence, la communauté internationale se paie une bonne conscience à peu de frais en laissant entendre que « du moment que les Bahutus sont des génocidaires, le FPR “ne leur fait que trop d’honneur en les croquant”»[11]. Et pourtant, par souci de vérité, de justice, de réconciliation et de cohabitation pacifique, les massacres opérés par le FPR devraient être reconnus, qualifiés et réprimés : ou comme cas isolés, ou comme bavures, ou comme actes de vengeance, ou comme crimes de guerre, ou comme crimes contre l’humanité, ou comme crimes de génocide.
Si rien n’est fait dans ce sens, les mêmes causes ne continueront-elles pas à produire les mêmes effets ? En d’autres termes :
- Les Bahutus continueront-ils à souffrir comme ils souffraient avant la révolution sociale de novembre 1959 ?
La misère du peuple est abyssale, leurs cabanes sont détruites sur l' ordre de Paul Kagame.... Pour les victimes et pour certains observateurs du drame rwandais, cette demande est superflue. Elle est de trop. Et pour cause, les Bahutus ont déjà souffert et souffrent encore. Et tout laisse penser que leur sang coulera encore à flots.
2.Est-ce que, au prix d’un effort surhumain, les Bahutus réussiront à prendre leur revanche sur les Batutsis comme cela est arrivé en 1959 ?
- · Certains observateurs pensent qu’un scénario de ce genre est impossible pour la bonne raison que en 1959,
Cette minorité était inconsciente de sa vulnérabilité : elle n’avait jamais eu la possibilité de s’introspecter et de prendre conscience d’être une minorité. Aussi à l’époque… se laissa-t-elle griser et eut-elle la naïveté de croire que l’ONU [la communauté internationale] était une entité de structure statale à politique monolithique, au lieu d’être, comme elle est en fait, un agrégat de politiques nationales parfois sourdement, sinon farouchement opposées[12].
Aujourd’hui, cette minorité a pris conscience de ce danger et de ses propres faiblesses. Donc, elle ne se laissera pas surprendre. Elle ira de l’avant, les couteaux tirés, les armes en bandoulières, et il en fera usage chaque fois qu’elle aura l’impression qu’elle risque de perdre le pouvoir.
- · D’autres observateurs pensent qu’une révolution semblable à celle de 1959 au Rwanda est inéluctable pour plusieurs motifs :
- · Certains disent qu’une une situation du genre ne peut tout simplement pas durer , que tous les régimes totalitaires que le monde a connus ont fini par tomber, minés par le par leurs propres contradictions internes . « Un fruit ne tombe que quand il est mûr ; mais devant la tempête et l’ouragan de l’Histoire, mûr ou pas mûr, il tombe quand-même » (Mobutu).
tique
La mechancété extrême des tueurs terrorisent le peuple rwandais, toutes ethnies confondues! La communauté internationale connaît désormais les sombres exploits et la vraie nature du FPR. Au sein de cette communauté, le régime de Kigali s’est créé beaucoup d’ennemis ; tandis que pour d’autres membres de la même communauté, il est devenu et il deviendra toujours plus un allié gênant. « Que tous les opposants au régime de Kigali conjuguent donc leurs efforts et… la communauté internationale les aidera ».
Napoléon Bonaparte écrivait :
Règle générale : jamais de révolution sociale sans terreur. Toute révolution de cette nature n’est et ne peut être dans le principe qu’une révolte. Le temps et les succès parviennent seuls à l’ennoblir, à la rendre légitime ; mais encore une fois on n’a pu y parvenir que par la terreur. Comment dire à tous ceux qui remplissent toutes les administrations, possèdent toutes les charges, jouissent de toutes les fortunes : « Allez-vous en ». Il est clair qu’il se défendraient : il faut donc les frapper pour les mettre en fuite[13].
Si ce que dit Napoléon devait se réaliser encore une fois au Rwanda, cela ne serait qu’une répétition de ce qui y arrive depuis plus d’un siècle déjà, et plus précisément depuis la fin du règne de Kigeri IV Rwabugiri (1853 -1895) : chaque fin de règne s’accompagne d’un bain de sang.
L’Histoire peut être cyclique ou linéaire ; tout dépend de la volonté de ceux qui la font. En s’inspirant de l’expérience de certains pays d’Afrique et d’ailleurs, le Rwanda peut rompre définitivement avec la spirale de la violence et s’engager sur la voies d’une évolution pacifique.
III. L'expérience des autres pays
En 1989 en Pologne, l’Église catholique a servi de médiateur entre le syndicat « Solidarinosc » et le régime communiste de l’époque pour un passage, sans effusion de sang, d’une dictature totalitaire à la démocratie. Les dignitaires du régime n’exigèrent rien d’autre pour leur départ qu’une amnistie générale pour eux et pour leurs collaborateurs. Le Rwanda ne pourrait-il pas s’inspirer de l’expérience de la Pologne ?
Au retour du multipartisme au Rwanda en 1991, tous les partis d’opposition voulaient un « Rukokoma » : une conférence nationale souveraine. Ces conférences étaient alors à la mode en Afrique. L’une ou l’autre s’est soldée par un échec retentissant, l’une ou l’autre par un succès mitigé, tandis que l’une ou l’autre a été un succès total. Un « Rukokoma » qui tiendrait compte des Accords d’Arusha et qui s’inspirerait de la conférence nationale souveraine du Bénin, mais aussi et surtout de la CODESA[14] de l’Afrique du Sud, n’aboutirait-il pas à une résolution pacifique et progressive des problèmes du Rwanda ?
Une telle évolution exige évidemment une émergence de leaders qui mettent les intérêts de la nation avant ceux d’un individu ou d’un groupe. L’Afrique en a eu de ces leaders qui, pour l’intérêt suprême de la nation, ont renoncé au pouvoir et aux avantages que son exercice confère. C’est le cas de citer le Major Ahmadou Toumani Touré au Mali. Ayant déposé le dictateur Moussa Traoré en 1991, il ne s’accrocha pas au pouvoir. Il y resta juste le temps nécessaire pour que le pays s’engage sur la voie de la démocratie. Le peuple malien lui en sera d’ailleurs reconnaissant en le plébiscitant dix ans après en 2002, et encore une fois en 2007.
Mais l’exemple le plus récent et le plus lumineux est celui du colonel Ely Ould Mohamed Vall en Mauritanie. S’étant emparé du pouvoir en 2005, il promit de le remettre aux civils dans un délai de deux ans. Nous sommes en 2007, il a ouvert l’espace politique aux partis d’opposition, il organisé des élections législatives et présidentielles auxquelles ni lui, ni aucun de ses camarades du CMJD (Comité Militaire pour la Justice et la Démocratie) ne devaient absolument se présenter comme candidat. À la veille du second tour des présidentielles, il a signé avec les deux candidats arrivés en tête une résolution qui stipule, entre autre, que :
- · le vainqueur sera le président de tous les Mauritaniens, même de ceux qui n’auront pas voté pour lui,
- · le perdant s’inclinera devant le verdict des urnes,
- · pour les dossiers délicats portant sur les intérêts de la nation, le gouvernement informera l’opposition et tiendra compte de son avis,
- ·
Plus qu'en 1959,les leaders appellent le peuple rwandais, Hutu et Tutsi, à résister contre l'oppression des "Bassajya"! Il n’est pas dit que tous les changements doivent nécessairement passer par des coups de force. Mais pour qu’il y ait une évolution pacifique, il faut des leaders qui soient attentifs aux signes des temps et qui se mettent à l’écoute des citoyens. Ils doivent aussi être assez forts pour tenir tête aux faucons de leur propre camp. De tels faucons n’hésitent pas à recourir à la politique du pire (manœuvres dilatoires, sabotages, troubles, assassinats, guerres civiles, etc.) pour conserver un pouvoir conçu et géré non comme un service à la nation, mais comme le seul moyen de conserver et d’augmenter des privilèges indus et mal acquis. Cela est arrivé en Afrique du Sud, au Bénin, en URSS et en beaucoup d’autres pays . Frédéric Declercq, Mathieu Kérékou, Michael Gorbatchev et bien d’autres encore n’ont pas eu la tâche facile ; mais leurs efforts et leurs sacrifices n’ont pas été vains. L’Histoire ne les oubliera jamais. Ils constituent autant d’exemples à suivre, de modèles à imiter.
F. Rudakemwa
Tél : 0039 0763.732085
Cell : 0039 333.3167336
E-mail : rdfkm@yahoo.fr
[1] Rétrospective, le problème rwandais (1957-1962), Série 2 – Les acteurs belges, Dossier 8, p. 9 ; RUDAKEMWA F., Rwanda, À la recherche de la vérité historique pour une réconciliation nationale, L’Harmattan, Paris, 2007, pp. 85 – 87.
[2] Pendant la révolution française, la prise de la Bastille et la crainte d'une réaction nobiliaire ont provoqué dans les campagnes une Grande Peur. En de nombreux endroits, les paysans s'arment sur la foi de fausses rumeurs qui font état d'attaques de brigands ou de gens d'armes à la solde des «aristocrates». Le tocsin sonne aux églises des villages, propageant la panique. Chauffés à blanc, les paysans en viennent à se jeter sur les châteaux des seigneurs honnis tout en proclamant leur fidélité à la personne du roi. Ils brûlent les archives, en particulier les «terriers» qui fixent les droits et les propriétés seigneuriales. Parfois ils maltraitent, violent et tuent les hobereaux et leurs familles. Ces soulèvements inquiètent les privilégiés, au premier rang desquels les députés qui siègent à Versailles. Contre les bourgeois qui en appellent à la répression, les nobles, plus au courant de la situation, préfèrent l'apaisement. «Le peuple cherche à secouer enfin un joug qui depuis tant de siècles pèse sur sa tête», s'exclame le richissime duc d'Aiguillon, «l'insurrection trouve son excuse dans les vexations dont il est la victime». En une nuit, celle du 4 août 1789, les nobles de l'Assemblée s'empressent d'abolir les restes de la féodalité pour «faire tomber les armes des mains des paysans» selon le mot de l'historien Albert Mathiez. Les droits féodaux et les privilèges de toutes sortes sont abolis sans indemnité d'aucune sorte, ce que regrette l'ex-abbé Sieyès. «Ils veulent être libres et ne savent pas être justes», dit-il avec amertume à propos de ses collègues députés. Certains archaïsmes comme la corvée obligatoire disparaissent à jamais, de même que des injustices criantes, telle que la dîme ecclésiastique, uniquement payée par les pauvres. Toutefois, certaines autres taxes, comme les cens et les champarts, doivent être rachetées par les paysans. À cette seule réserve, les paysans deviennent propriétaires de plein droit de leurs terres. À la faveur de cette grande séance parlementaire, tous les citoyens deviennent égaux devant la loi. Les députés tireront les conséquences de leur vote en préparant une solennelle Déclaration des droits. À posteriori, la nuit du 4 août n'apparaît pas seulement comme une splendide victoire de l'égalité. C'est aussi une nouvelle avancée du centralisme administratif sur les us et coutumes locaux : en-dehors de la norme reconnue à Paris, il n'y a plus de légitimité. À noter toutefois une exception en ce qui concerne «l'abolition de l'esclavage des Nègres» dans les colonies, proposée en vain par le duc François de la Rochefoucaud-Liancourt, un aristocrate éclairé, adepte du progrès technique et de la philosophie des «Lumières». Nuit du 4 août 1789 in Encyclopédie Wikipédia sur www.yahoo.com.
[3] MUREGO D., La révolution rwandaise 1959 – 1962, Essai d’interprétation, Publications de l’institut des sciences politiques et sociales de Louvain, Louvain, 1975, pp. 858 - 859 ; KAGAME A., Un abrégé de l’histoire du Rwanda de 1853 à 1972, Éditions universitaires du Rwanda, Butare, 1975, pp. 238 - 239.
[4] Rétrospective, le problème rwandais (1957-1962), Série 2 – Les acteurs belges, Dossier 8, p. 2.
[5] KAGAME A., Op.cit., pp. 235 - 236.
[6] MUREGO D., Op.cit., p. 26.
[7] KALIBWAMI J., Op. cit., pp. 386 - 387.
[8] Dans la mythologie romaine, les Horaces et les Curiaces sont respectivement trois frères d'une famille de Rome et trois frères d'une famille d'Alba Longa (Albe-la-Longue) qui s'affrontèrent pour l'hégémonie de chacune de leur ville. La légende raconte que pour abréger la guerre entre les Albains et les Romains ayant cours sous le règne de Tullus Hostilius, l'on décida de régler le sort de celle-ci par un duel entre trois champions de chaque camp. Les Horaces furent choisis du côté Romain et les Curiaces du côté Albains. Le combat tourna en faveur des Curiaces qui tuèrent deux de leurs adversaires mais se trouvèrent tous trois blessés par ceux-ci. Le dernier des frères Horaces divisa l'ennemi en feignant la fuite et ainsi les tua un à un alors qu'ils arrivaient sur lui à inégales distances. Auréolé de sa victoire, ce dernier rentra à Rome où sa sœur pleurait un des ennemis dont elle était la fiancée. Son frère la tua par l'épée car « ainsi meurent les Romaines pleurant un ennemi ». Condamné à mort, il fut acquitté devant l'Assemblée du Peuple mais dut passer sous le joug, symbole de la soumission à la loi romaine. Cette histoire nous vient en grande partie de Tite-Live dans le Livre I de l'Histoire romaine. Les Horaces et les Curiaces, in Encyclopédie Wikipédia sur www.yahoo.com.
[9] KAGAME A., Op.cit., p. 236.
[10] RAFFIN M., Lettre ouverte à Monsieur Bernard Kouchner, ministre français de la santé, St. Lieux les Lavaurs, 30 mars 2007.
[11] Paroles prononcées par le singe à l’adresse du lion dans la fable “Les animaux malades de la peste” de La Fontaine.
[12] KAGAME A., Op.cit., p. 235.
[13] BONAPARTE Napoléon I, Mémorial de Sainte-Hélène, Éditions du Seuil, Paris, 1968, p. 460 cité par KAGAME A., Op.cit., p. 271.
[14] CODESA : Convention pour une Afrique du Sud Démocra