Accord de Doha violé : le M23/AFC poursuit les exactions meurtrières dans l’Est de la RDC.

Publié le par Veritas

Alors même qu’un accord de principe a été signé à Doha le 19 juillet 2025 entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le mouvement rebelle M23/AFC, les violences se poursuivent sans relâche dans l’est du pays. Lors d'une conférence de presse tenue à Goma ce 25 juillet, Benjamin Mbonimpa, porte-parole du M23/AFC, a pourtant confirmé la poursuite des pourparlers à Doha, affirmant la volonté du mouvement de « rester engagé dans le processus de paix ». Mais sur le terrain, la réalité est tout autre.

Freddy Kaniki (à gauche), coordinateur adjoint du mouvement AFC-M23 et Benjamin Mbonimpa (à droite) (photo J.A),

Un rapport effarant documentant les violations massives des droits humains sur la période du 3 au 25 juillet 2025 vient d’être publié, mettant en lumière l’ampleur de la crise humanitaire dans les territoires occupés par le M23/AFC, appuyé selon de nombreuses sources par l’armée rwandaise (RDF).

Bilan dramatique en trois semaines :

  • 305 personnes tuées par balle.
  • 26 corps sans vie retrouvés dans des conditions non élucidées.
  • 364 enlèvements de civils.
  • 98 cas de pillages dans des habitations, magasins et kiosques.
  • 47 blessés graves par armes à feu ou armes blanches.
  • 27 maisons incendiées.
  • 178 cas de violences sexuelles et sexistes.
  • 5 engins explosifs découverts.
  • 5 accidents mortels de la route.
  • 1 cas de suicide lié au traumatisme de guerre.

Les auteurs de ces actes sont attribués au M23/AFC/RDF par la société civile, les ONG locales et plusieurs observateurs internationaux. Ces violences massives interviennent malgré la signature d’un accord de paix censé amorcer une désescalade dans le Nord et le sud-Kivu.

Accord de Doha : une paix déjà fragilisée

L’accord signé à Doha était perçu comme une opportunité majeure pour entamer une sortie de crise. Il prévoyait un cessez-le-feu progressif, la libération des otages et l’ouverture de corridors humanitaires. Mais le non-respect de ces engagements par le M23/AFC, qui maintient ses positions militaires autour de Goma, Rutshuru, et Nyiragongo, Bukavu…, suscite un scepticisme croissant au sein de la population et de la communauté internationale.

Le porte-parole du gouvernement congolais a dénoncé ce 25 juillet « une duplicité inacceptable de la part du M23 et de ses soutiens», appelant à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.

La guerre à l’Est de la RDC, alimentée par des intérêts économiques et géopolitiques, a déjà provoqué le déplacement de plus de 2,8 millions de personnes selon l’OCHA. Les tensions entre Kinshasa et Kigali se sont accentuées, alors que la RDC accuse le Rwanda de soutenir militairement le M23, ce que Kigali continue de nier.

La population civile paie un lourd tribut : écoles fermées, hôpitaux débordés, famine croissante dans les camps de déplacés, où les ONG peinent à intervenir en raison de l’insécurité.

Appels à la justice et à la responsabilité.

Plusieurs ONG internationales, dont « Human Rights Watch » et « Amnesty International », demandent l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les crimes de guerre présumés commis dans les zones sous contrôle du M23/AFC. La MONUSCO, en retrait progressif, reste silencieuse, accentuant le sentiment d’abandon des populations locales.

L’accord de Doha, présenté comme une lueur d’espoir, semble déjà compromis par la poursuite des violences. La communauté internationale, jusqu’ici timide, est désormais interpellée : sans une pression forte sur les acteurs régionaux, la paix restera un mirage, et l’Est de la RDC continuera de s’enfoncer dans l’horreur.

Source : Témoignages locaux, organisations humanitaires, @michombero.

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