
Alors que l'opposition et la société civile rwandaise réclament un «Dialogue inter-rwandais» hautement inclusif (voir
Le communiqué du DIRHI ), le régime en place à Kigali lance un «Dialogue National» hautement sélectif. Il s'agit d'une fuite en avant qui n'a rien de dialogue que le nom. Les participants à ce faux dialogue n'ont que deux devoirs: applaudir et seulement applaudir. Ils applaudissent quand les lieutenants font l'éloge de leur commandant en chef ou quand ce dernier se lance dans des écarts de langage qui ne sont pas dignes d'un chef d'Etat. On comprend pourquoi la condition d'éligibilité pour participer à ce dialogue est d'être une personne sans esprit critique ou capable de dire uniquement «Yes, Sir». La seule appartenance au parti-état FPR ne suffit plus, car eu égard aux dissensions internes qui se multiplient, le FPR ne le reste plus que de nom; il ne repose plus qu'à l'oligarchie dont les contours sont dessinés exclusivement par le général Paul Kagame.
C'est celui qui se veut Président de la République et en même temps «Mwami Kigeli VI» Paul Kagame qui a ouvert le 20/12/2010 les dernières assises de ce dialogue biaisé. Rappelons-nous que dans le code ésotérique du royaume du Rwanda, le nom Kigeli était donné aux rois qui font la guerre durant tout leur règne. Dans son discours, Kagame a défendu brillamment son titre de «seigneur de guerre» en défiant ceux qui réclament un vrai dialogue de prendre plutôt les armes.
Ce faux «Dialogue National», que Kagame veut qu'il soit un espace politique à sa manière, n'a pas tardé de se transformer dans une tribune pour insulter ses opposants qu'il a de nouveau qualifiés de rebuts. Le président Kagame s'en est pris aussi dans des termes provocateurs et menaçants aux pays amis qui constatent que l'espace politique rwandais est hermétiquement fermé et qu'il y a violations flagrantes des droits politiques; mais il n'a fait que confirmer cette triste réalité. C'est déplorable que les rwandais continuent à être gouvernés par un Président qui ne fait que mettre en place des lois qui ne protègent que lui-même et des Interahamwe à son service. Le cas de l'ancien chef de la milice Interahamwe Mr. Aimable Ngabitsinze (voir
Le dossier Interahamwe , page 5/6) est un exemple illustrateur. Ce dernier, avec une dizaine d'autres Interahamwe, a participé au dialogue avec Kagame à Kigali sans s’inquiéter. Le procureur et la police qui s'acharnent à inventer les preuves de liaisons des opposants avec les Interahamwe n'ont levé aucun doigt. Ceci démontre le caractère tyrannique du régime Kagame.
Aurait accepté Mme Victoire Umuhoza Ingabire de servir à Kagame et pas à la nation, elle serait aujourd’hui ce qu’on lui avait proposé: le premier ministre. Mme Victoire Umuhoza Ingabire a une autre vision du rôle et de la sagesse d'un dirigeant. Elle est incarcérée parce qu'elle incarne les Rwandais qui ont soif de la liberté, l'équité sociale et de la démocratie, les mots que ne veut entendre aucun tyran. Elle se bat pour un du Dialogue Inter-Rwandais Hautement Inclusif, où Kagame pourrait montrer son autre face d'homme de paix s'il en a une.