RDC : Dans le Sud-Kivu, les forces gouvernementales revendiquent la reprise de Minembwe après le recul de RDF/AFC/M23.
Minembwe (Sud-Kivu) – Les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et leurs alliés locaux ont annoncé, lundi 15 juin, avoir repris le contrôle du centre de Minembwe, sur les Hauts-Plateaux du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu. Cette avancée constitue un revers important pour la coalition rebelle AFC/M23 et ses alliés, parmi lesquels figurent les groupes Twirwaneho et Red-Tabara, soutenus selon Kinshasa par le Rwanda.
Selon plusieurs sources sécuritaires et locales, les combats qui ont précédé cette reprise ont été marqués par des affrontements intenses ainsi que par des frappes aériennes menées contre les positions rebelles. Ces opérations auraient fortement réduit les capacités de manœuvre des insurgés, contraints d’abandonner plusieurs de leurs positions stratégiques dans la zone.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et attribuées aux FARDC montrent des soldats gouvernementaux et des combattants Wazalendo parcourant les rues de Minembwe-centre, drapeaux congolais en main. Ces images, largement relayées par les partisans du gouvernement, visent à illustrer le retour de l’autorité de l’État dans cette localité longtemps disputée.
Toutefois, la situation sur le terrain demeure difficile à vérifier de manière indépendante. Plusieurs observateurs soulignent que les informations disponibles restent fragmentaires et parfois contradictoires concernant le contrôle effectif de l’ensemble de la zone.
Une opération militaire appelée à se poursuivre.
D’après une source proche des opérations, la campagne militaire baptisée « SILISA » ne devrait pas s’arrêter à la reprise du centre de Minembwe. Les forces gouvernementales auraient pour objectif de poursuivre leur progression dans les zones périphériques afin de neutraliser les derniers foyers de résistance rebelle.
Cette offensive intervient dans un contexte de fragilisation croissante des groupes armés présents sur les Hauts-Plateaux. Les difficultés logistiques, les pertes subies lors des combats récents ainsi que les désertions au sein des mouvements rebelles auraient considérablement réduit leurs capacités opérationnelles.
Quelques jours auparavant, soixante-neuf combattants appartenant à la coalition RDF/AFC/M23, Twirwaneho et Red-Tabara s’étaient rendus aux Forces de défense nationale du Burundi (FDNB), remettant leurs armes et équipements militaires. Cette reddition avait été présentée par les autorités burundaises comme un signe de l’affaiblissement progressif des groupes armés opérant dans la région frontalière.
Un tournant sur les Hauts-Plateaux ?
La bataille de Minembwe pourrait marquer un tournant dans la dynamique militaire qui prévaut depuis plusieurs mois dans cette partie du Sud-Kivu. Longtemps considérée comme un bastion stratégique pour plusieurs mouvements armés, la localité occupe une position centrale dans les équilibres sécuritaires de la région.
Pour le gouvernement congolais, la reprise de Minembwe représenterait une victoire symbolique et opérationnelle majeure dans sa volonté de restaurer son autorité sur les territoires affectés par les rébellions. Du côté de RDF/AFC/M23 et de ses alliés, ce repli apparaît comme l’un des revers les plus significatifs enregistrés ces derniers mois sur les Hauts-Plateaux.
Reste à savoir si cette avancée permettra une stabilisation durable de la région ou si les groupes armés, habitués aux replis tactiques, tenteront de reconstituer leurs forces dans les zones montagneuses environnantes.
Par la rédaction de « Veritasinfo »