Le Rwanda débouté dans son litige de 100 millions de livres contre le Royaume-Uni.
Le Rwanda a essuyé un revers judiciaire majeur après la décision d’un tribunal international rejetant sa demande de compensation de plus de 100 millions de livres sterling contre le Royaume-Uni. Cette affaire concernait l’accord controversé sur l’asile conclu entre Kigali et Londres sous les précédents gouvernements conservateurs britanniques.
Le programme, présenté à l’époque comme une réponse radicale à l’immigration clandestine vers le Royaume-Uni, prévoyait le transfert de demandeurs d’asile arrivés illégalement sur le territoire britannique vers le Rwanda, où leurs dossiers devaient être traités. Londres avait alors versé plusieurs centaines de millions de livres à Kigali pour mettre en place les infrastructures nécessaires à l’accueil des migrants.
Mais l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Keir Starmer a profondément changé la donne. Quelques semaines après son installation à Downing Street, le nouveau gouvernement travailliste avait annoncé l’abandon définitif du projet, qualifié de coûteux, inefficace et contraire aux engagements humanitaires du Royaume-Uni.
Estimant avoir engagé d’importantes dépenses logistiques et administratives dans la préparation du programme, le Rwanda réclamait alors plus de 100 millions de livres sterling supplémentaires au gouvernement britannique. Kigali accusait Londres d’avoir rompu ses engagements contractuels et demandait une compensation financière pour les investissements déjà réalisés.
Le tribunal international chargé du dossier a cependant donné raison au Royaume-Uni. Dans sa décision, la juridiction a rejeté les revendications rwandaises, mettant un terme au bras de fer judiciaire entre les deux pays. Le gouvernement britannique a salué une « victoire juridique importante », affirmant que l’annulation du programme relevait d’une décision souveraine et conforme à la nouvelle orientation politique du pays.
Du côté de Kigali, les autorités ont indiqué qu’elles « respectaient la décision du tribunal », tout en évitant toute escalade diplomatique avec Londres.
Un revers financier et diplomatique pour Kigali.
Cette décision constitue un coup dur pour le Rwanda, qui comptait sur ce partenariat migratoire pour renforcer ses revenus extérieurs et son image de partenaire stratégique des puissances occidentales. Le pays avait investi dans des infrastructures d’accueil, des dispositifs de sécurité et des mécanismes administratifs destinés à recevoir les migrants transférés depuis le Royaume-Uni.
Au-delà de la perte financière, cette affaire risque également d’affecter la crédibilité diplomatique du Rwanda dans les négociations internationales futures. Plusieurs observateurs estiment que Kigali pourrait désormais faire preuve de plus de prudence avant de s’engager dans des accords dépendant fortement des alternances politiques des pays partenaires.
Une politique migratoire britannique profondément divisée.
Le programme du Rwanda avait suscité de vives critiques au Royaume-Uni comme à l’international. Des organisations de défense des droits humains dénonçaient un système visant à externaliser les demandes d’asile vers un pays tiers, au mépris des obligations internationales en matière de protection des réfugiés.
La Cour suprême britannique avait d’ailleurs jugé illégal le dispositif dans sa forme initiale, estimant qu’il existait un risque réel pour les demandeurs d’asile transférés vers le Rwanda. Malgré plusieurs tentatives du précédent gouvernement conservateur pour sauver le projet, l’arrivée des travaillistes au pouvoir a définitivement enterré cette politique.
Pour le gouvernement de Keir Starmer, cette victoire judiciaire permet de tourner une page politiquement sensible tout en évitant une facture supplémentaire de plusieurs dizaines de millions de livres.
Le Rwanda, lui, devra désormais absorber seul les conséquences financières et politiques d’un partenariat devenu l’un des dossiers migratoires les plus controversés de ces dernières années.
Veritasinfo.