OUGANDA : « Nous existons, nous appartenons à ce pays » : les Banyarwanda d’Ouganda défient l’État sur la question de la nationalité.
Kampala - La colère longtemps contenue des Banyarwanda vivant en Ouganda depuis 1959 éclate désormais au grand jour. Réunis au sein de l’ABAVANDIMWE ASSOCIATION, ces citoyens de fait, mais non reconnus par l’État, annoncent le dépôt imminent d’une plainte contre le gouvernement ougandais, qu’ils accusent de leur refuser la nationalité depuis l’indépendance de 1962.
«Nous sommes en Ouganda depuis plus de soixante ans. Nos enfants et petits-enfants sont nés ici. Pourtant, l’État continue de nous traiter comme des étrangers», dénonce l’ABAVANDIMWE ASSOCIATION dans une déclaration rendue publique sous le mot-clé #URGENT_OUGANDA.
Arrivés massivement en Ouganda à la suite des violences de 1959 au Rwanda, les Banyarwanda affirment avoir contribué à la construction économique, sociale et agricole du pays. Mais, selon eux, cette contribution n’a jamais été reconnue juridiquement. «Depuis 1962, tous les gouvernements successifs nous ont promis la nationalité. Aucune de ces promesses n’a été tenue», affirme le mouvement.
L’association accuse directement le régime du président Yoweri Kaguta Museveni de perpétuer cette exclusion. «Le gouvernement nous refuse délibérément la nationalité ougandaise, malgré notre enracinement historique et notre présence continue sur ce territoire», soutiennent-ils. Ils dénoncent des procédures administratives opaques, sélectives et discriminatoires, qui maintiennent des milliers de personnes dans une situation d’apatridie de fait.
Face à ce qu’ils qualifient d’«injustice historique», les responsables du mouvement lancent un avertissement sans détour. «Si aucune solution juste et appropriée n’est trouvée, le pouvoir doit s’attendre à la naissance d’un “M23 ougandais », préviennent-ils, estimant que le refus de reconnaissance identitaire est un terreau dangereux pour la radicalisation. Ces propos, lourds de sens dans une région marquée par les conflits armés, traduisent l’ampleur du désespoir au sein de la communauté.
🚨🔥#URGENT_OUGANDA🇺🇬🫵🫵🫵🫵🤔🤔🫵🫵🫵🫵🔥🔥🔥
— Nyamuhombeza Ombe (@Nyamuhombeza) February 11, 2026
➡️Unis dans leur association dénommé "#ABAVANDIMWE_ASSOCIATION" Les #Banyarwanda de l'#Ouganda🇺🇬 viennent de décider de porter plainte contre le gouvernement du dictateur @KagutaMuseveni🇺🇬 qu'ils accusent de leur refuser la… pic.twitter.com/RbGasu4tAS
La question foncière constitue un autre point de rupture majeur. «Si vous voulez nous expulser de l’Ouganda vers le Rwanda, alors nous partirons avec nos terres», martèle l’ABAVANDIMWE ASSOCIATION, rappelant que ces terres ont été acquises, cultivées et transmises de génération en génération. Pour eux, toute tentative d’expulsion serait vécue comme une spoliation et une négation de leur histoire.
Au-delà de l’Ouganda, le mouvement alerte sur les conséquences régionales de cette crise identitaire. «Le problème des Banyarwanda continuera à endeuiller les peuples et les nations jusqu’au retour de Jésus-Christ si rien n’est fait», avertissent-ils, soulignant que l’inaction politique alimente cycles de violence et instabilité dans toute la région des Grands Lacs.
À ce stade, les autorités ougandaises gardent le silence. Mais pour l’ABAVANDIMWE ASSOCIATION, le temps des promesses est révolu. «Nous ne demandons pas un privilège. Nous exigeons un droit : la reconnaissance pleine et entière de notre nationalité ougandaise, sans condition et sans autre forme de procès», conclut le mouvement.
Veritasinfo.