RDC : l’ONU durcit le ton contre le M23 et le Rwanda, la MONUSCO prolongée jusqu’en 2026.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité, le 19 décembre 2025, la résolution 2808, prorogeant d’un an le mandat de la MONUSCO, jusqu’au 20 décembre 2026. Le texte, adopté sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies, marque un net durcissement du langage onusien à l’égard du M23 et du Rwanda, accusé de soutenir militairement la rébellion active dans l’est de la République démocratique du Congo.
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Condamnation explicite de l’offensive du M23 et du soutien rwandais.
Pour la première fois de manière aussi directe, le Conseil de sécurité condamne fermement l’offensive du M23 au Sud-Kivu, menée « avec le soutien de la Force de défense rwandaise (RDF)». La résolution exige un cessez-le-feu permanent, le retrait immédiat des forces rwandaises du territoire congolais et le repli du M23 de toutes les zones occupées.
Le texte réaffirme l’attachement du Conseil à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC, dans un contexte de forte dégradation sécuritaire impliquant également les ADF et d’autres groupes armés locaux et étrangers.
La MONUSCO maintenue, le retrait conditionné à la sécurité.
Malgré la volonté affichée de désengagement progressif, le Conseil note que l’insécurité persistante à l’est du pays a conduit à une pause dans le retrait de la MONUSCO. Les effectifs sont maintenus à leur niveau actuel, avec environ 11 500 militaires, 600 observateurs et du personnel civil, afin de prioriser la protection des civils.
La Mission est autorisée à recourir à « toutes les mesures nécessaires » pour remplir son mandat, notamment face aux menaces directes contre les populations civiles, les déplacés internes et les travailleurs humanitaires.
Droits humains, justice et lutte contre l’impunité.
La résolution 2808 insiste fortement sur les violations graves des droits humains, en particulier les violences sexuelles liées aux conflits, les exécutions sommaires et l’exploitation illégale des ressources naturelles. Elle appelle à renforcer la lutte contre l’impunité et exhorte les autorités concernées à coopérer avec la Cour pénale internationale.
Un accent particulier est mis sur la protection des réfugiés et des personnes déplacées internes, dont le nombre ne cesse d’augmenter dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Appui aux processus de paix régionaux.
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Le Conseil de sécurité soutient les différentes initiatives diplomatiques en cours, notamment les processus de Luanda, Nairobi, Washington et Doha. La MONUSCO est autorisée à appuyer le mécanisme de vérification du cessez-le-feu issu de l’Accord-cadre de Doha, sous médiation du Qatar, avec l’appui des États-Unis et de l’Union africaine.
L’objectif affiché est une convergence de ces processus afin de parvenir à une solution politique durable, condition indispensable à un retrait responsable et définitif de la Mission onusienne.
Quelles conséquences pour Kigali ?
Pour le Rwanda, la résolution 2808 représente une pression diplomatique accrue. L’accusation explicite de soutien militaire au M23, assortie d’une exigence de retrait, expose Kigali à un isolement international renforcé et à de potentielles sanctions, alors que plusieurs partenaires occidentaux réévaluent déjà leur coopération sécuritaire avec le pays.
Si le Conseil ne prononce pas encore de sanctions ciblées, le langage employé ouvre clairement la voie à des mesures coercitives en cas de non-respect des exigences formulées. Un signal fort, alors que la communauté internationale semble déterminée à peser davantage sur les dynamiques du conflit à l’est de la RDC.
Veritasinfo.