RDC-Uvira sous tension : le général Olivier Gasita forcé de quitter la ville sous pression populaire!

Publié le par Veritas

Uvira, Sud-Kivu La ville d’Uvira a été secouée par une vague de protestations massives à la suite de la nomination du général Gasita Olivier à la tête de la 33 région militaire. Son installation a immédiatement suscité un rejet catégorique de la part de plusieurs acteurs de la société civile et des groupes d’autodéfense Wazalendo, qui l’accusent de connivence avec les rebelles du M23.

Général Olivier Gasita

L’annonce de son retour dans la cité a déclenché trois journées «ville morte», marquées par la fermeture des commerces, des écoles et de l’administration publique. Des barricades ont été dressées dans différents quartiers d’Uvira, et plusieurs incidents violents ont été signalés.

Face à cette agitation, le lieutenant Mbuyi Kalonji Reagan, porte-parole du secteur opérationnel Sokola 2 Sud-Kivu, a tenté de calmer la population : «Le général Gasita reste un cadre militaire en fonction. Son retour à Uvira s’inscrivait dans le cadre normal de ses missions après un déplacement à Kindu.»

Cependant, la pression populaire, amplifiée par la menace d’escalade des Wazalendo, a conduit l’armée à rappeler le général à Kinshasa, via un transit par Bujumbura, afin de préserver l’ordre public et éviter une explosion incontrôlable de la situation locale.

Cette crise survient dans un contexte déjà tendu, marqué par la montée des menaces du M23. Selon plusieurs sources sécuritaires locales, des éléments de ce mouvement rebelle ont récemment laissé entendre qu’ils pourraient attaquer la ville d’Uvira si les tensions entre la population et les forces armées congolaises s’intensifiaient.

Une telle offensive ferait peser un risque majeur sur cette cité stratégique frontalière, car elle ouvrirait un nouveau front dans le Sud-Kivu, alors que la province du Nord-Kivu reste déjà en proie aux offensives du M23.

Situation sécuritaire à Uvira au 05/09/2025 au matin.

Ce vendredi 05 septembre, la ville s’est réveillée sous haute surveillance :

  • Des patrouilles conjointes FARDC–police sont visibles dans les quartiers sensibles comme Kavimvira, Mulongwe et Kilibula.
  • La RN5 reliant Uvira à Bukavu et Bujumbura reste partiellement contrôlée pour prévenir tout sabotage.
  • De nombreux habitants, craignant un affrontement armé, ont choisi de rester chez eux, donnant à la ville une allure quasi désertique.
  • Économie en souffrance : les jours de paralysie ont gravement affecté les échanges frontaliers, vitaux pour l’économie locale.
  • Climat de peur : la population reste dans l’incertitude, partagée entre la crainte des répressions internes et celle d’une attaque extérieure du M23.
  • Défiance envers l’armée : le départ précipité du général Gasita est perçu par beaucoup comme une victoire populaire, mais aussi comme un signe de fragilité de l’autorité militaire.

Cette situation place Uvira à un tournant critique : soit les concertations entre autorités, société civile et groupes de défense permettront un retour progressif au calme, soit la menace du M23 combinée aux tensions locales pourrait plonger la cité dans une nouvelle spirale de violences.

Veritasinfo.

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