OIF: Un bras de fer entre le Canada et le Rwanda ne serait bon pour personne!

Publié le par veritas

Michelle Jean et Louise Mushikiwabo

Michelle Jean et Louise Mushikiwabo

Publicité
L’écrivaine Véronique Tadjo déplore le bras de fer qui s’annonce entre le Canada et le Rwanda pour le secrétariat général de l’OIF. Véronique Tadjo, née d’un père ivoirien et d’une mère française, est écrivaine, universitaire et peintre. Son dernier livre, En compagnie des hommes, sur l’épidémie d’Ebola de 2014, est paru aux éditions Don Quichotte en 2017.
 
Après le « grand plan » pour la francophonie que le président Emmanuel Macron a énoncé à l’Académie française le 20 mars, on s’attendait à un renouvellement total du paysage. Réformes en profondeur, projets de grande envergure et vision mondiale de la langue française. Hélas, la réalité est tout autre. Sur le territoire français, les coupures budgétaires sont nombreuses dans le monde de la culture francophone. Nous avons encore en tête l’annonce, en févier, de la fermeture du Tarmac, véritable vivier de la création théâtrale francophone en France. Où en est le dossier ?
 
Dans les pays hors Hexagone, la situation n’est pas meilleure, comme l’atteste une lettre ouverte à Leïla Slimani, écrivaine d’origine marocaine, Prix Goncourt 2016 et représentante personnelle d’Emmanuel Macron pour la francophonie, après la suppression du portefeuille ministériel de la francophonie. Dans cette lettre, des professeurs tirent la sonnette d’alarme face à l’annulation de 60 millions d’euros du programme « Diplomatie culturelle et d’influence » et une baisse de 11 % des subventions des Alliances françaises, tout en réduisant la voilure budgétaire des établissements d’enseignement du français à l’étranger. Pour les signataires, dans de nombreux pays, ces décisions annoncent une dégradation de la qualité des enseignements proposés aux enfants scolarisés dans les écoles françaises, qu’ils soient français ou d’autres nationalités, et certainement une augmentation des frais de scolarité.
 
Une crise interne profonde
 
 
On imagine aisément la situation encore plus désastreuse qui prévaut dans les pays francophones du Sud qui ne bénéficient d’aucune faveur. Et pourtant, ils ont pour la plupart fait le choix de la langue française dans l’administration, l’enseignement, les médias, la culture et le monde des affaires. Leur réussite dans ces domaines repose entièrement sur une bonne maîtrise de la langue française. Or ils connaissent à l’heure actuelle une défaillance si sévère de leur système éducatif que cela devient une entrave à leur développement économique et social, ainsi qu’à la bonne marche du processus démocratique.
 
Dans le même temps, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) est dans une crise interne profonde qui menace de la faire imploser. La candidature de Louise Mushikiwabo, actuelle ministre rwandaise des affaires étrangères, au poste de secrétaire général de l’OIF, officialisée en mai à Paris à l’occasion d’une visite du président rwandais Paul Kagame à son homologue français, a été approuvée officiellement par le conseil exécutif de l’Union africaine (UA) lors de son 31e sommet, ceci avec l’appui de Paul Kagame, président en exercice de l’UA depuis janvier 2018 et pour une durée d’un an. Cette institution, nous apprend-t-on officiellement, « appuie toujours les candidats africains pour les postes de dirigeants dans les organisations internationales s’il n’y a pas de concurrence entre Etats africains ». Il n’y avait pas d’autre candidat africain.
 
Rejoindre le Commonwealth
 
Tout ceci laisse perplexe. D’abord à cause des relations très tendues entre la France et le Rwanda depuis le génocide de 1994, les autorités de Kigali accusant le gouvernement de François Mitterrand d’avoir été proche des génocidaires hutu alors au pouvoir – ce que la France a toujours démenti. Ensuite parce qu’au Rwanda, en 2008, le français a été remplacé par l’anglais comme langue d’enseignement. L’année suivante, tout en restant membre de l’OIF, le pays a rejoint le Commonwealth, devenant ainsi la toute première nation de tradition francophone à rejoindre les Etats issus de l’ancien empire colonial britannique.
 
Enfin, si le Rwanda donne l’image d’un pays efficace, anti-corruption et porté sur l’innovation, des observateurs s’inquiètent du fait que le président Paul Kagame a été réélu à la tête de son pays avec 98 % des voix en 2017, après une révision de la Constitution qui lui permet potentiellement de rester au pouvoir jusqu’en 2034. Cet état de choses est préoccupant, car les présidents africains semblent de plus en plus nombreux à vouloir suivre cet exemple. Au sein de la sphère francophone, c’est le cas en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo (RDC), au Burundi, au Burkina Faso, au Congo-Brazzaville, au Cameroun et au Tchad, entre autres.
 
Pour une troisième candidature
 
La candidature de Louise Mushikiwabo ne se justifie pas dans le cadre d’une francophonie rassembleuse. Michaëlle Jean, l’actuelle secrétaire générale de l’OIF, est candidate à sa propre succession. Née en Haïti, elle est canadienne de nationalité. Des voix critiques avancent que son mandat à la tête de l’institution est entaché de controverse. Il n’en demeure pas moins qu’elle est la représentante du Canada, un pays clé pour la francophonie. Un bras de fer entre le Canada et le Rwanda ne serait bon pour personne. La francophonie ne doit pas devenir l’affaire du continent uniquement. Une troisième candidature est donc nécessaire.
 
Que reste-il donc à penser à quelques mois du sommet de la Francophonie, qui se tiendra les 11 et 12 octobre en Arménie ? Difficile de ne pas prédire que nous assisterons à la démonstration du caractère intrinsèquement géopolitique de la francophonie. Cela ne manquera pas de renforcer la désillusion de plus en plus profonde qui étreint de nombreux francophones. Mais pour ceux qui ne sont pas encore prêts à baisser les bras, il reste peut-être encore une chance : celle d’une francophonie recentrée sur les véritables enjeux de la langue française.

Si l’on veut garder l’espoir d’un meilleur avenir pour tous, le secrétariat général de l’OIF devrait être une fonction moins politique, plus technique, moins onéreuse et ciblée sur les défis de l’enseignement du français. Dans l’idéal, ce serait un poste tournant qui donnerait une chance à chaque Etat membre d’apporter sa contribution. Financièrement, l’OIF doit montrer son désir d’autonomie en étant indépendante de la France.
 
Ce que les francophones du monde entier veulent, c’est une langue qui sait épouser les spécificités de chaque pays tout en gardant son homogénéité. Une langue qui exige que l’on s’engage avec conviction. Une langue en synergie avec les autres. Une langue qui tient ses promesses.
 
Source: le monde
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Michelle Jean versus Mushikiwabo Louise.<br /> Evidemment si Michelle Jean donne des coups en dessous de la ceinture, elle peut mettre au grand jour ce qui se passe au Rwanda. Tout n’est que virtuel, tout est « combinatione » comme disent les italiens. <br /> Tout le monde a vu, du moins le public rwandais, comment les Intore, autrement dit les Interahamwe du temps moderne, se sont acharnés sur Mme Jean.<br /> Il suffirait à Mme Jean, juste de mettre en exergue l’envers du décor rwandais, pour être la « demolition woman ». <br /> J’espère qu’elle n’aura pas cette bassesse.il y a compétition, mais il y a aussi l’esprit sportif.
Répondre
A
Abanyarwanda bavuga ko mu mateka y'abanyarwanda, umunyarwanda witwa Bisangwa ari we wenyine warwanyije abazungu yanga ubukoloni, igihe abo bazungu bazaga gukoloniza u Rwanda.<br /> Abahutu benshi usanga biyemera bavuga ko ngo bavukana ubutwari no kudatinya mu maraso yabo ngo kubera uwo Bisangwa na we yari umuhutu.<br /> Abahutu kandi bavuga ko na Rukara rwa Bishingwe yari umuhutu w'intwari warwanyije abazungu.<br /> Abahutu benshi bavuga ko ngo nta mututsi n'umwe ubaho wigeze arwanya abazungu nkuko abahutu babikoze. <br /> Abahutu bavuga ko ngo abatutsi mu mateka yabo batinya abazungu cyane.<br /> Ibintu abanyarwanda bamwe bajya biyemeramo biratangaje.
Répondre
S
Ibyo uvuze nibyo 100% ingero not nyishi cyane, abahutu bakunda gukora no kwitunga ntibakenera abakoloni bo kubagenera utwintica ntikize twagasuzuguro kabazungu, naho abatutsi bakenera ubasuka mukanwa nkimbwa gusa, guklhakirizwa kubazungu nikamere yabo Kandi nikaremano kuko amagambo yabo aruta ibikorwa kure cyane. Urundi rugero ni RNC FPR ya 2 ivuguruye uyirebe uyitegereze Kandi ubatege amatwi abo bantu wisubize kbibazo byabatutsi.<br /> Urundi rugero ni impunzi zabahutu zaciriwe mimadhyamba ya Congo niba Hari ukiriho ibaze nawe ariho gute? Yabayeho gute? Bishoboka gute? Kurya iki? Agikuye hehe? Abahavukiye se nigute bishoboka?<br /> Abahutu ni intwali mubuzima bwabo bwose.<br /> Rukara Rwabishingwe yaremeye aricwa yanga ubukoloni bwabazungu nagasuzuguro kabazungu. Uko ninako impunzi zabanyarwanda zarokotse zanze ako gasuzuguro nubukoloni bushya buri mu rwanda bwabongereza.
I
Uyu mukino murawugezwaho n'INDAMUTSA witwa "BYUKA TUJYE MURI CAMPAGNE"<br /> <br /> Mu rugo kwa Mujyinga saa cyenda z'ijoro. Hodi hodiii hodi kwa Mujyinga!!!<br /> Mujyinga: Mada abo ni bande bakomanga aya masaha?<br /> Madamu Mujyinga: sinamenya byuka urebe<br /> Mujyinga: yemwe muri bande ?<br /> Inkeragutabara, Dasso, Abanyerondo, Abahwituzi basubiriza rimwe: byuka wa mujyinga we tujye kwamamaza icyama na Hizi Giselensi uyu munsi baraza muri campagne hano muri Gisagara.<br /> Mujyinga: ngo champagne mwana wa!? ya nzoga y'abasirimu?<br /> Inkeragutabara et al: umva iki kijyinga! baravuga ibigoye ukumva ibigori wa mujyinga we? Byutsa umugore wawe n"abana bawe bose muze tujye gushyigikira icyama.<br /> Mujyinga: Nonese mwana wa ko ntari mu cyama najye ubwo ngomba kujyayo koko? ikidi kandi umugore wanjye ararwaye kuko amaze ibyumweru 2 gusa abyaye.<br /> Inkeragutabara: ugize ngo iki sha ? nta soni ngo nturi mu cyama? ntabwo uziko umuntu wese utari mu cyama ari umwanzi w'igihugu?<br /> Mujyinga:mumbabarire rwose sinari mbizi. Harya Louise Mushikiwabo sinumva ngo nta shyaka abamo? ubwo se nawe ni umwanzi w'igihugu? <br /> Inkeragutabara: Niko sha wa mujyinga we ko numva ufite ikibuli? (urushyi ngo koco). Mujyinga baramushoreye n"umugore n'abana babo bose uko ari 8 harimo n'uruhinja rw'ibyumweru 2.<br /> kwiyamamaza biratangiye saa cyenda z'amanywa, Mujyinga n'umuryango we bamaze amasaha 12 banamye ku zuba.<br /> Hizi Giselensi (H G) mu migabo n'imigambi ye ati: Nzabicisha inyundo mwa masazi mwe!!!<br /> Abaturage: yego mwidishyiiii ni wowe ni wowe nta wundi dushaka ko adutegekaaaaaa amashyi y'urufaya ngo kaci kaciiii<br /> HG:Nzabarasa ku manywa y'ihangu mbagerekeho urusyo ubundi njye kubotesha umuriro wa gereza mwa bajyinga mweee<br /> Abaturage: yego mwidishyiiii ni wowe ni wowe nta wundiiiii<br /> HG :Naciye imirongo itukura kuri Kigali convention centre no ku Kacyiru hafi y'Urugwiro nimuyirenga nzabica mwa bajyinga mweeee<br /> Abaturage: yego mwidishyiiiii ni wowe ni wowe nta wundiiii......<br /> HG: urwanda rwari rwiza gusa mbere y'ubukoloni na nyuma ya 94 mwa bajyinga mweeeee<br /> Abaturage ba Gisagara: yego mwidishyiii ni wowe ni wowe nta wundi dushaka kuko uri impanga Lucifero.<br /> HG: Mugomba kwitabira gahunda ya Ndumunyarwanda no gusaba imbabazi. Ubu tugeze mu mwanya w'ibibazo. Mujyinga ashyize akaboko hejuru.<br /> HG: yego mumureke yegere microfone.<br /> Mujyinga: your Giselensi (Mujyinga yarize ntimumukinishe) gahunda ya ndumunyarwanda ni nziza cyane, ariko imfubyi z'abahutu kuki zo zitishyurirwa na Ibuka , cnlg, avega agahozo biterwa niki rwose nyakubahwa? <br /> HG: uwo mujyinga mumufanyiye mujugunye muri Rweru. Ntazamenye ikimukubise, I don't give a damn, I don't care. <br /> BIRACYAZA....<br /> Uyu mukino wanditswe na Tito Rutaremara, umutoza w'abakinnyi ni Rwabujindiri hizi Giselensi PK.<br /> Uwafahe amajwi abakinnyi ni Theos Badege<br /> Uwateruye ibikarito ni Evode Uwizeyelucifero afatanije na Ngirente na Bamporiki
Répondre
K
France - Canada, ni nde uri hasi ni nde uri hejuru kubera itekinika rya Kagame!!
Répondre
C
Pour savoir qui est en haut, qui est en bas, il faut comparer les CV complets des intéressées. Or, il n'y a que celui de Madame Jean qui est sur la toile. Celui de Mushikiwabo est introuvé. Elle ne sciemment pas sur la toile. Pourquoi? Que veut-elle cacher? Est-ce sa nationalité américaine? Les Présidents africains de confession musulmane savent-ils qu'elle est lesbienne? Dans la négative, que sera réaction quand il l'apprendront ? Notre pays n'est pas francophone. L'OIF est un service public français. C'est donc Macron qui a unilatéralement décidé d'éjecter Madame Jean et mettre à sa place la ministre de Kagame, de nationalités rwandaise et américaine. Il est dit que notre MINAFET est mariée avec un américain. Que celui qui connait ou a vu son mari éclaire les lecteurs de Veritas Info quant à ses nom et prénom et/ou sa couleur de peau.<br /> Dans le cas présent, c'est le monde à l'envers. C'est le Roi du Maroc, chef des croyants musulmans dans son pays où les lesbiennes sont traitées comme des malades mentales et sévèrement punis d'une part et bannies par leurs familles qui, semble-t-il a fait le lobbying auprès de Macron pour qu'il soutienne la candidature de la ministre de Kagame. Aussi, vu son implication directe et irréfutable dans les assassinats des opposants politiques à l'étranger par les escadrons de la mort du régime dont elle un des piliers, ce fait est collé sur sa peau jusqu'à la fin de sa vie sans oublier sa participation directe dans les détournements massifs de deniers publics ( un avion de Kagame acheté en Afrique à 50 millions de dollars US volé dans la caisse publique est mis à sa disposition pour faire sa campagne dans les pays membres de l'OIF. Il est regrettable que les opposants politiques au régime Kagame qui vilipendent pourtant régulièrement celui-ci n'aient pas porté à la connaissance du publics ces deux méfaits qui, à mon sens, sont d'une particulière gravité. Et pour ce faire, si les chefs d'Etats africains et autres sont suffisamment informés, leur confiance à son égard s'croulera comme un château de carte. C'est elle qui gère le fonds dédiés aux opérations des escadrons de la mort du régime contre les Rwandais listés. Ce sont les ambassadeurs , qui, sur ses ordres , prennent en charge ces escadrons de la mort pour la réalisation des opérations et leur extraction. Ce fait est de notoriété publique ( voir the rwandan en français, les déclarations d'un responsable du service de renseignement belge qui font froid dans le dos). Enfin, ses déclarations négatives sur le respect des droits de l'homme au Rwanda mériteraient d'être portées à la connaissance des publics francophones par les opposants politiques. S'elle est élue, l'OIF sera le QG des escadrons de la mort du régime Kagame en Europe. Madame Jean a plus d'arguments a exciper que la MINAFET de Kagame. Ses connaissances approximatives du mot " Francophonie et des missions de l'OIF" constituent , pour elle, un élément négatif exploitable par Madame Jean. Elle n'est pas encore scannée. Il n'y a que les Rwandais opposants politiques ou pas qui attachent une importance à la Francophonie qui sont mieux placés pour la scanner.