Ouganda -Après la visite de Kagame, Museveni lâche le M23 : le signal d’un isolement régional.
Il y a des silences qui parlent plus fort que les discours. Le voyage de Paul Kagame en Ouganda en est un parfait exemple. Avant-hier, le président rwandais se rend à Kampala. Une visite discrète, presque invisible. Pas de photos officielles. Pas de communiqué triomphal. Rien. Hier, Yoweri Museveni tranche publiquement: l’Ouganda ne soutient pas les M23.
Le message est limpide.
Dans la diplomatie des Grands Lacs, le hasard existe rarement. Le timing de cette déclaration, à peine vingt-quatre heures après le passage de Kagame, sonne comme une réponse politique directe. Museveni ne se contente pas de parler au public ougandais: il parle à Kigali, à Kinshasa et à la communauté internationale.
Depuis des mois, le Rwanda est sous pression. Accusé de soutenir la rébellion du M23 dans l’est de la RDC, Kigali voit ses alliances régionales s’effriter une à une. Paul Kagame l’a lui-même reconnu récemment : le Rwanda est isolé. Même les partenaires historiques prennent leurs distances. Même le Burundi, autrefois présenté comme un allié naturel, regarde désormais vers Kinshasa.
C’est dans ce contexte que Kagame s’est rendu en Ouganda. Objectif probable : briser l’isolement, obtenir un soutien, ou au minimum une neutralité bienveillante dans son affrontement avec la RDC. Résultat visible : un refus net, public et assumé.
L’absence totale de communication rwandaise autour de cette visite est révélatrice. Le pouvoir de Kigali, habituellement très soigneux de son image, ne met pas en scène un déplacement qui n’a pas produit les effets espérés. Ce silence est celui d’un échec diplomatique.
En déclarant qu’il ne soutient pas les M23, Museveni envoie un signal fort : l’Ouganda ne veut plus être associé à une guerre par procuration aux conséquences régionales dangereuses. Kampala choisit la prudence, la stabilité et, surtout, se démarque clairement de Kigali.
Le cercle se referme. Le Rwanda se retrouve de plus en plus seul face aux accusations, face à la pression internationale et face à la réalité du rapport de forces régional. Ce voyage à Kampala, loin de renforcer Kigali, pourrait au contraire marquer un tournant : celui où même les alliés traditionnels refusent désormais de suivre.
En politique, l’isolement commence souvent par un refus. Kigali vient peut-être d’en recevoir un de plus.
Veritasinfo.