RWANDA : Communiqué de presse de la famille Juvénal Habyarimana

Publié le par veritas

Famille HabyarimanaNous, les enfants de l'ancien président de la République rwandaise Juvénal Habyarimana, avons

appris récemment que plusieurs délégations rwandaises comprenant des parlementaires, des

diplomates, des hommes d'affaires et des officiers de l'armée rwandaise ont été dépêchées dans des

pays occidentaux avec entre autres missions de donner des explications sur le Mapping Report et de

sensibiliser la diaspora rwandaise à rentrer au pays.

Nous aimerions rappeler que plus de 15 ans se sont écoulés depuis l'attentat terroriste qui a coûté la

vie au président de la République, Juvénal Habyarimana, ainsi qu’à son homologue du Burundi

Cyprien Ntaryamira et à leurs proches collaborateurs ; attentat dont les actuels dirigeants du Rwanda

(le général Paul Kagame en tête) sont responsables. Cette thèse s'appuie notamment sur plusieurs

témoignages fiables et de plus en plus nombreux ainsi que sur les enquêtes du juge français Bruguière

et du juge espagnol Merelles, sans oublier celle de l'expert de l'ONU Michael Hourigan.

Jusqu'à aujourd'hui, les autorités de Kigali ont tout fait pour faire obstruction à toute tentative de

faire la lumière sur cet attentat. Nous en appelons à la Communauté internationale de rompre avec

son silence qui cautionne l'étouffement de la vérité sur ce tragique événement et met en sursis la

réconciliation des Rwandais.

Cet attentat est reconnu comme étant l'événement qui a déclenché les massacres de nombreuses

victimes innocentes Hutu, Tutsi et Twa dans notre pays. La déflagration s'est étendue sur les pays

voisins, notamment la République Démocratique du Congo (RDC), où des centaines de milliers de

nos compatriotes réfugiés et des millions de citoyens congolais ont été des victimes directes ou

indirectes de la folie meurtrière des guerres d'agressions contre la RDC par les troupes de l'armée

rwandaise et leurs alliés selon l'ONG International Rescue Committee.

Le Mapping Report, un rapport de l'ONU récemment rendu public sur les massacres et les violations

des droits de l'homme dans la RDC, rend cette version encore plus crédible et montre clairement que

le régime au pouvoir à Kigali porte une lourde responsabilité dans ces crimes.

Faut-il constater que les autorités de Kigali tentent encore une fois de détourner l'attention de la

Communauté internationale sur leurs crimes par une offensive diplomatique d'envergure à travers les

missions d'explications dans les pays occidentaux et des visites d'officiels rwandais dans les pays

africains ?

Nous tenons à mettre en garde la Communauté internationale au sujet de cette nouvelle tentative

d'étouffer la vérité sur ce drame et de couvrir les crimes contre l'humanité dont les autorités de Kigali

sont accusées.

Nous demandons à l'ONU, auteur de ce rapport, de lui donner rapidement une suite judiciaire afin de

ne pas perpétuer l'impunité qui semble s'installer dans le monde et plus particulièrement dans la

région des Grands lacs.

Nous pensons en effet que la réconciliation du peuple rwandais passe par la vérité sur ce qui s'est

passé au Rwanda et en RDC depuis le 1er octobre 1990 jusqu’à maintenant. Ce drame s'est aggravé

par l'assassinat du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, et son élucidation reste plus

qu'incontournable et nécessaire pour cette réconciliation.

Nous pensons que cette réconciliation passe par une justice dépolitisée, libre, compétente, équitable

et impartiale, qui doit désigner les véritables responsables et coupables de cette tragédie, quels qu'ils

soient, et pas seulement s'occuper d'une partie impliquée dans le conflit comme cela se passe au TPIR

à Arusha.

Il est malheureux et regrettable de constater que, par toutes les manoeuvres de diversion possibles,

les autorités de Kigali tentent de convaincre les citoyens rwandais de la diaspora de retourner dans

leur pays, pendant que les opposants politiques ou ceux supposés comme tels, des journalistes et des

anciens collaborateurs et proches du FPR sont victimes de harcèlement politique, d'emprisonnement

arbitraire et d'assassinats.

Le cas de madame Victoire Ingabire Umuhoza est particulièrement préoccupant et illustre à

suffisance l'atmosphère de terreur régnant au Rwanda. Nous faisons appel à la Communauté

internationale pour qu'elle s'implique fortement afin de faire libérer cette citoyenne rwandaise

maintenue injustement sous les verrous, alors qu'elle était rentrée volontairement de l'exil en prônant

le dialogue.

De nombreux autres opposants politiques sont assassinés ou emprisonnés arbitrairement dans des

conditions inhumaines et sur des accusations fabriquées de toutes pièces par le pouvoir.

Plusieurs proches collaborateurs de Kagame et anciens piliers du régime du FPR sont eux aussi de

plus en plus jetés en prison après une parodie de justice expéditive, contraints à l'exil ou assassinés.

De même, les journalistes s'élevant ou dénonçant les injustices criantes et les abus du pouvoir ne sont

pas épargnés par les geôliers du pouvoir ou les harcèlements et manoeuvres d'intimidation.

Ce climat de terreur et les nombreux cas de graves violation des droits de l'homme n'inspirent la

confiance, ni aux citoyens rwandais vivant à l'intérieur du pays, encore moins ceux de la diaspora,

contrairement à ce que semblent faire croire les autorités de Kigali. Nous demandons à la

Communauté internationale de redoubler de vigilance et de faire pression sur le régime de Kigali afin

de créer les conditions d'un retour à la dignité humaine au Rwanda.

En effet, comment convaincre les Rwandais de la diaspora de regagner le bercail sur base de critères

établis unilatéralement par le pouvoir du FPR, pendant que les autorités de Kigali affichent un grand

mépris des principes les plus élémentaires et fondamentaux des droits de l'homme tels que le droit à

la vie, une justice équitable, la liberté d'expression, le rétablissement de la vérité; seuls bases d'une

véritable réconciliation entre les Rwandais ?

A ce sujet, nous saisissons cette occasion pour rappeler à l'opinion publique que la famille du

président Juvénal Habyarimana est solidaire avec toutes les victimes de cette tragédie, tant

rwandaises – toutes ethnies confondues – que congolaises, et compatit à leurs souffrances.

En situant notre point de vue dans le contexte actuel et pour taire certaines rumeurs sans équivoque,

nous tenons à souligner que la famille Juvénal Habyarimana est seule responsable de ses choix et que

personne d'autre n'est mandaté à quelque titre que ce soit, à parler en son nom. Aucune initiative

tenue par une tierce personne ne peut être prêtée à notre famille alors que nous, enfants du président

Habyarimana, avons toutes les facultés de parler en notre nom et en celui de notre mère si le besoin

s'en faisait sentir.

Notre intérêt a toujours été motivé par le retour de la dignité humaine, le rétablissement de la vérité

et d'une justice équitable et dépolitisée, indispensables à une réconciliation réelle et durable du

peuple rwandais.

 

 

Fait à Paris, le 24 novembre 2010

Pour la famille Juvénal Habyarimana

Léon Habyarimana

Bernard Habyarimana

Jean-Luc Habyarimana

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<br /> <br /> Njye iri tangazo rya famille Prezida Habyarimana Juvenal riranyuze kuko rigamije kunga abanyarwanda rikarwanya ikinyoma!<br /> <br /> <br /> Urabona kandi uyu muryango udashishikajwe no guhora ahubwo ushaka ukuri, ureke abirirwa bakoma amashyi banahimba ibisigo nkaho aribyo bizatuma abanyarwanda biyunga cyangwa ngo bigabanye ubugome<br /> bwa FPR!<br /> <br /> <br /> Toutes mes félicitations!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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