Israël : des ultra-orthodoxes prennent d’assaut la maison du chef de la police militaire, la crise de la conscription s’intensifie.
La tension autour de la conscription des juifs ultra-orthodoxes a franchi un nouveau cap mardi, lorsqu’un groupe de manifestants a pris d’assaut le domicile du chef de la police militaire israélienne, le général de brigade Yuval Yamin. L’incident, survenu dans la ville d’Ashkelon, illustre la profonde fracture qui traverse la société israélienne sur la question du service militaire obligatoire.
Une intrusion spectaculaire et tendue.
Selon plusieurs sources locales, des dizaines de manifestants issus de la communauté juive ultra-orthodoxe ont pénétré dans le jardin du responsable militaire, occupant les lieux pendant plusieurs heures. Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des hommes scandant des slogans hostiles à la conscription. « Nous ne servirons pas dans une armée qui ne respecte pas notre foi ! », aurait lancé un manifestant. « La Torah est notre seule mission, pas la guerre », criait un autre, tandis que la foule répétait : « Pas de conscription pour les étudiants religieux ! »
Face à cette intrusion, le général Yamin aurait été contraint de se retrancher à l’intérieur de son domicile avec sa famille, alors que la situation devenait de plus en plus tendue.
Une décision judiciaire à l’origine de la colère.
Cette mobilisation intervient dans un contexte explosif, quelques jours après une décision de la Cour suprême d’Israël. Celle-ci a ordonné à l’État de réduire les aides financières accordées aux ultra-orthodoxes refusant la conscription, et d’engager des poursuites contre les réfractaires.
Pour de nombreux manifestants, cette décision est perçue comme une attaque directe contre leur mode de vie. « On veut nous forcer à abandonner nos études religieuses, c’est une persécution », a déclaré un participant. « Nous résisterons par tous les moyens », a ajouté un autre, déterminé.
Condamnations fermes des autorités.
L’événement a immédiatement suscité une vague d’indignation au sommet de l’État. Le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a dénoncé une attaque « brutale et violente », appelant à des sanctions exemplaires.
De son côté, le ministre de la défense Israel Katz a qualifié l’incident « d’intrusion délibérée », soulignant que la présence de la famille du général au moment des faits rendait la situation encore plus grave. Il a averti que toute atteinte aux forces de sécurité constituait « une ligne rouge ».
Conséquences politiques et sécuritaires.
Cet épisode pourrait avoir des répercussions majeures :
- Renforcement des mesures judiciaires : les autorités envisagent d’accélérer les poursuites contre les réfractaires et les organisateurs des manifestations.
- Durcissement sécuritaire : la protection des hauts responsables militaires pourrait être renforcée, notamment à leur domicile.
- Crise politique aggravée : la coalition gouvernementale, déjà fragile, pourrait être fragilisée par les tensions avec les partis religieux.
- Risque d’escalade sociale : d’autres manifestations similaires pourraient éclater, voire dégénérer en affrontements avec les forces de l’ordre.
Une fracture profonde dans la société israélienne.
Depuis plusieurs décennies, la question de l’exemption militaire des juifs ultra-orthodoxes divise profondément Israël. Alors que la majorité de la population est soumise à un service obligatoire, une partie des étudiants religieux en est dispensée pour se consacrer à l’étude de la Torah.
Mais dans un contexte de tensions sécuritaires accrues, cette exception est de plus en plus contestée par une partie de la société et des institutions.
La manifestation de mardi marque ainsi un tournant : en s’attaquant directement à une figure de l’appareil militaire, les opposants à la conscription ont franchi un seuil inédit, laissant craindre une radicalisation du conflit interne israélien.
Veritasinfo.