ONU – RDC : le Conseil de sécurité exige le retrait du M23, mais sans sanctions.
New York, 22 août 2025 – Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence vendredi 22 août pour examiner la situation explosive dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). À l’issue des débats, une résolution a été adoptée exigeant le retrait immédiat du mouvement du 23 mars (M23) des zones qu’il occupe dans les provinces du Nord-Kivu. Toutefois, aucune sanction spécifique n’a été décidée contre le groupe armé ou ses soutiens, laissant planer des interrogations sur l’efficacité concrète de cette nouvelle démarche diplomatique.
Les États-Unis et la France ont pris la parole pour dénoncer les atrocités commises récemment par le M23, notamment dans le territoire de Rutshuru, où des massacres de civils ont été rapportés. Washington et Paris ont également rappelé que, selon plusieurs rapports onusiens, le mouvement rebelle bénéficie d’un appui militaire et logistique du Rwanda, soutien que Kigali continue de nier.
L’opposant congolais Martin Fayulu, réagissant depuis Kinshasa, a salué la tenue de cette réunion tout en regrettant « l’absence de mesures contraignantes ». Il a appelé à l’application stricte de la résolution 2773, adoptée en février dernier, qui exigeait déjà la fin du soutien extérieur au M23 et le retrait des forces étrangères du sol congolais.
Pas de sanctions immédiates.
Malgré les appels pressants de certains membres du Conseil, aucune sanction ciblée n’a été adoptée vendredi. L’ambassadeur américain auprès de l’ONU a toutefois indiqué que « la question reste ouverte » et pourrait revenir sur la table dans les prochaines semaines.
Cette retenue s’explique, selon plusieurs observateurs, par les divisions persistantes entre membres permanents du Conseil, certains craignant qu’un durcissement immédiat des mesures n’entrave les efforts de médiation régionale déjà fragiles.
Impacts sur le terrain : inquiétude et scepticisme.
À Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, les réactions oscillent entre espoir et scepticisme. Pour de nombreux habitants, l’absence de sanctions concrètes risque de laisser le M23 poursuivre ses offensives. « Nous avons déjà vu beaucoup de résolutions sans effet. Tant qu’il n’y a pas de pression réelle, le M23 restera dans nos villages », témoigne un déplacé rencontré dans un camp à Kanyaruchinya.
Les forces armées congolaises (FARDC), déjà éprouvées par des mois de combats, affirment de leur côté que cette résolution renforce la légitimité de leur lutte contre la rébellion. Mais sur le terrain, la situation reste dramatique : les combats se poursuivent dans les territoires de Rutshuru et Masisi, et plus de 200 000 personnes ont été déplacées depuis le début de l’été, selon les agences humanitaires.
Une pression internationale croissante
Même sans sanctions immédiates, cette nouvelle résolution témoigne d’un resserrement de l’attention internationale sur la crise congolaise. Elle pourrait servir de base à de futures actions plus contraignantes, notamment de la part de l’Union européenne ou des États-Unis, qui envisagent déjà d’élargir leurs sanctions contre les responsables militaires et financiers du M23.
En attendant, la population de l’Est de la RDC continue de payer un lourd tribut aux violences. Le message de l’ONU, jugé insuffisant par beaucoup, demeure néanmoins un signal politique clair : le M23 doit se retirer, et la communauté internationale pourrait bientôt envisager des mesures plus fermes pour l’y contraindre.
Veritasinfo.