Rwanda: Paul Kagame défie Donald Trump en affirmant qu’il ne retirera pas les troupes des RDF du Congo.
Alors que la situation sécuritaire continue de se dégrader dans l’est de la République démocratique du Congo, le président rwandais Paul Kagame a tenu des propos fermes dans une interview accordée à Jeune Afrique, affirmant qu’il ne retirera jamais les troupes rwandaises (RDF) du territoire congolais, malgré les pressions internationales croissantes.
Ces déclarations sont perçues par certains comme un défi direct à l’administration américaine dirigée par Donald Trump, notamment après l’annonce de sanctions économiques visant son armée de RDF et certains hauts responsables de cette armée.
Selon plusieurs analystes, si Paul Kagame maintient cette position, cela pourrait signifier qu’il ignore délibérément ces sanctions, soulevant des interrogations quant à leur réelle mise en œuvre. Une partie de l’opinion estime que ces mesures pourraient n’être que déclaratives, ce que certains interprètent comme une forme de manœuvre politique, voire de tromperie envers Kinshasa.
Dans ce contexte, le mouvement AFC/M23, représenté par Corneille Nangaa, a réaffirmé ses ambitions militaires, déclarant vouloir étendre ses opérations de Bunagana à Goma, Bukavu, puis vers Maniema et Katanga, sans intention de recul.
Parallèlement, des signaux diplomatiques émergent : rétablissement progressif de l’autorité de l’État à Goma et Bukavu, réouverture de l’aéroport de Goma, ainsi que des discussions directes prévues entre Kinshasa et Kigali, avec l’implication de Washington et de Paris. Ces échanges devraient également inclure le nouveau chef de la MONUSCO.
De son côté, l’ancien président congolais Joseph Kabila a indiqué se trouver à Goma et se dit prêt à s’opposer au pouvoir en place, ce qui alimente davantage les inquiétudes.
Des analyses controversées circulent.
Des observateurs de la région des Grands Lacs, notamment certains analystes rwandais, avancent des hypothèses sur les motivations de Paul Kagame. Ils évoquent notamment les engagements pris à Washington avec le président congolais Félix Tshisekedi, sous l’égide de Donald Trump.
Selon ces analyses, Kigali pourrait temporiser en observant l’évolution des tensions internationales, en particulier celles impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. Certains avancent que Paul Kagame parierait sur un affaiblissement politique de Donald Trump, susceptible de réduire la pression exercée sur le Rwanda.
D’autres hypothèses évoquent une stratégie régionale plus large, dans laquelle l’est de la RDC jouerait un rôle central. Dans ce cadre, le retour de Joseph Kabila à Goma est interprété par certains comme un élément clé.
Toutefois, il convient de souligner que ces éléments relèvent d’analyses et de spéculations qui ne sont pas confirmées officiellement. De nombreux experts appellent à la prudence face à ces informations, dans l’attente de résultats concrets issus des initiatives diplomatiques en cours.
Dans l’ensemble, la situation dans l’est de la République démocratique du Congo demeure extrêmement complexe, mêlant enjeux militaires, politiques et diplomatiques, avec des risques persistants d’escalade régionale.
Veritasinfo.