RDC: Les armes du Burundi qui font trembler Kigali!
Alors que la guerre s’intensifie dans l’est de la République démocratique du Congo, un nouveau front s’ouvre — non pas sur le terrain, mais sur le plan diplomatique. Le président rwandais Paul Kagame, en visite à Bakou en septembre 2025, aurait tenté sans succès de freiner un transfert d’armes lourdes en direction du Burundi et, par ricochet, des forces congolaises engagées contre le M23. Mais derrière cette manœuvre, c’est le signe d’un affaiblissement: celui d’un régime de Kigali qui peine à contenir la recomposition des forces régionales dans les Grands Lacs.
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Un contrat d’armement qui dérange Kigali
Selon des révélations d’Africa Intelligence, le Burundi aurait passé commande, dès septembre 2024, d’armes lourdes et légères auprès du ministère azerbaïdjanais de la Défense. L’accord comprend notamment des lance-roquettes RPG-7, des mitrailleuses de 7,62 mm, des fusils de précision et d’assaut. Ces livraisons, assurées par deux avions cargo Iliouchine Il-76 de la compagnie Silk Way Airlines, ont été effectuées en avril et août 2025 à Bujumbura, avant d’être transférées vers les FARDC et les FDNB, engagées conjointement sur le front d’Uvira et du Sud-Kivu contre les rebelles du M23.
Pour Kigali, ces cargaisons sonnent comme un coup dur. Car elles renforcent non seulement la position militaire du Burundi, mais aussi celle de l’armée congolaise, que le Rwanda accuse de collusion avec des groupes hostiles à son régime. En réalité, c’est l’équilibre des rapports de force dans la région qui s’en trouve bousculé — et le Rwanda, jusque-là acteur dominant, se retrouve marginalisé.
La diplomatie secrète de Kagame à Bakou.
La visite officielle de Paul Kagame en Azerbaïdjan, du 19 au 21 septembre 2025, avait été annoncée comme une mission de coopération économique. Mais en coulisses, selon plusieurs sources régionales, le véritable enjeu était militaire : le président rwandais aurait tenté de convaincre Ilham Aliyev de cesser ses livraisons d’armes au Burundi. Une démarche qui en dit long sur la nervosité du régime rwandais face à la montée en puissance du tandem FDNB–FARDC dans l’est du Congo.
Or, malgré les pressions de Kigali, Bakou n’a pas cédé. Les livraisons se sont poursuivies. Et sur le terrain, les forces burundaises et congolaises ont consolidé leurs positions dans plusieurs zones stratégiques, repoussant les incursions du M23, ce mouvement que Kigali nie soutenir mais que la plupart des observateurs internationaux considèrent comme sa principale force supplétive.
Une guerre d’influence qui échappe à Kigali.
Le Rwanda, longtemps habitué à dicter son tempo dans la région, voit désormais son influence s’effriter. Le soutien diplomatique et militaire de plus en plus affirmé entre Bujumbura et Kinshasa — adossé à de nouveaux partenaires comme l’Azerbaïdjan — marque une recomposition géopolitique majeure dans les Grands Lacs.
Et pour la première fois depuis longtemps, Kigali semble sur la défensive, contraint de réagir aux décisions des autres au lieu de les anticiper. Cette fragilisation se lit également dans le discours de plus en plus agressif du pouvoir rwandais, qui multiplie les mises en garde contre ses voisins tout en cherchant à rassurer sa propre opinion publique.
Mais la réalité est têtue : sur le terrain congolais, l’armée rwandaise et ses alliés du M23 rencontrent une résistance inédite. Les livraisons d’armes burundaises, désormais appuyées par un pont logistique solide entre Bujumbura et Goma, changent la donne.
Un tournant stratégique.
Le "front d’Uvira” n’est donc pas seulement une bataille militaire, mais aussi une bataille symbolique. C’est le signe que le Rwanda n’est plus seul maître du jeu dans les Grands Lacs. L’initiative burundaise, appuyée par Bakou et tolérée par Kinshasa, démontre qu’un nouvel axe régional se dessine — un axe décidé à contrecarrer les ambitions hégémoniques de Kigali. Kagame, à Bakou, espérait retarder cette évolution. Il n’a fait que la confirmer.
Veritasinfo.