RWANDA : VERS LA REVOLUTION DE 1959 ?
Une élite dirigeante non-représentative de la majorité de la population rwandaise : l’histoire se répète
Cet article est le résultat des différents rapports très récent sur le Rwanda.
On se demanderait le pourquoi le FPR a abolit l’utilisation des termes Hutu, Tutsi, Twa. Est-ce puisqu’il était très soucieux de la réconciliation nationale ? Certainement non.
La réponse est claire et simple, ce régime veut camoufler la discrimination et le racisme qui règnent dans leurs structures administratives, militaires, économiques,….
Or, c’est un raisonnement des cons, car, tout le monde sait que Kagame est Tutsi, et que Makuza est un Hutu pris en otage, sans pouvoir digne de son poste !
Tous les rwandais savent que le Général Kabarebe est un Tutsi, et que le Général Rwarakabije est un Hutu pris en otage, considéré comme un haut parleur.
Ils sont allés très loin et ont changé le mot « génocide » par « génocide des tutsi », une ethnie qui n’existe pas selon le FPR.
Je ne veux pas aborder la question Hutu - Tutsi, car, nous tous nous sommes des Rwandais, et génétiquement il n’y pas une différence.
Tout simplement, qu’en est il du résultat de cette politique discriminatoire ?
Quinze ans après le génocide qui a ravagé le Rwanda en 1994, les acteurs ont changé mais malheureusement les politiques restent très sensiblement les mêmes, voire très cruelle plus qu’avant. Le Rwanda s’est enfoncé dans un autre cycle de répression, une élite fortement minoritaire ayant mis sur pieds des politiques officielles et officieuses qui appauvrissent la majorité de la population. De plus, cette répression et cette violence ont traversé les frontières et se sont diffusées dans la région et plus particulièrement en République Démocratique du Congo voisine.
Les recherches sur l’économie politique de la pauvreté au Rwanda qui se sont penchées sur les causes des politiques manifestement défavorables à la majorité de la population ont mis en exergue la forte divergence entre l’identité ethnique de l’élite politique au pouvoir depuis 1994 et celle de la majorité de la population rwandaise.
Comme ci-haut mentionné, la population rwandaise est à 84% hutu, 15% tutsi et 1% twa.
Cependant, sur 34 membres de la présidence et du gouvernement en 2003, 15 étaient
Hutu, et 19 étaient Tutsi et presque exclusivement anciens réfugiés (seulement 3 non anciens réfugiés).
En considérant qu’en 2003, la population rwandaise était de 8 911 990, on constate qu’en termes relatifs, le taux de représentation des Tutsi dans les instances gouvernementales par rapport à leur effectif dans la population est 7 fois plus élevé que celui des Hutu alors que ceux-ci sont presque 6 fois plus nombreux que les Tutsi. Plus précisément, ces données montrent que la composition ethnique de la haute administration publique rwandaise est à concurrence d’un haut cadre Hutu par tranche de 500 000 Hutu et d’un haut cadre Tutsi par tranche de seulement 70 000 Tutsi
Cette disparité est encore pire dans l’armée : Parmi 46 hauts officiers que comptait l’Armée rwandaise en 2006 (avec grades de Général, Lieutenant général, Général major,Brigadier général, Colonel) 5 étaient Hutu (11%) et 41 étaient Tutsi (89%) presque exclusivement venus d’Ouganda. En considérant qu’en 2006, la population rwandaise était de 9 464 241, ces données indiquent que la composition ethnique du haut commandement de l’armée rwandaise est à concurrence d’un officier supérieur Hutu par tranche de 1 590 000 Hutu et d’un officier supérieur Tutsi par tranche de seulement 34 600 Tutsi.
Au niveau du financement, comme dans le cas du FARG, les forces de l’ordre presque exclusivement Tutsi sont privilégiées. Elles reçoivent 10% de l’aide au développement soit près du double de la part qui va à l’agriculture.
Cette situation du Rwanda actuel au niveau de la représentation ethnique dans la classe dirigeante ressemble énormément à celle qui prévalait à la veille de la révolution sociale de 1959. En 1957, sur 1 786 postes d’administration publiques, 1 577 étaient occupés par des Tutsi (88%) et 209 seulement par des Hutu (12%). En considérant qu’à cette période la population rwandaise s’élevait à 2 448 000, l’on constate que la représentation des Tutsi dans les instances gouvernementales par rapport à leur effectif dans la population était 46 fois plus élevée que celle des Hutu, ce qui correspond exactement aux proportions actuelles au niveau du haut commandement de l’armée rwandaise!
La ressemblance est aussi frappante entre les méthodes utilisées par la monarchie Tutsi avant l’indépendance et celles mises en œuvre actuellement par le FPR pour monopoliser le pouvoir, comme le montrent les quelques cas illustratifs ci-après:
· La négation de l’existence du problème Hutu-Tutsi par le roi Mutara RUDAHIGWA en juin 1958 et sa réponse aux leaders Hutu qui le présentaient dans le Conseil
Supérieur du pays que « la division et l’opposition au sien d’un peuple est ce qu’il y a de plus funeste au progrès du pays », réactions similaires au musellement actuel du public par le FPR sur cette question à travers la loi imprécise sur le « divisionnisme ».
· L’évincement des enfants Hutu de l’école par la pauvreté et par « d’habiles manoeuvres et parfois une véritable persécution morale » avant l’indépendance32, cas semblables à la situation actuelle de pauvreté dans laquelle sont maintenus la majorité des Hutu ainsi que la loi actuelle sans contours précis sur « l’idéologie du génocide » qui frappe des enfants et des enseignants Hutu dans les écoles secondaires.
Les déclarations du Président Kagame au sujet des enfants Hutu sont, on ne peut plus claires: «Des enfants de génocidaires, élevés dans l’idéologie du génocide, sont potentiellement aussi dangereux que leurs parents….. En tout état de cause, nous avons un devoir de prévention à leur égard ». Ainsi tous les Hutu, pas seulement sont qui ont commis le génocide, sont considérés par le gouvernement actuel comme des génocidaires potentiels dans l’avenir.
De fait, la menace de génocide est souvent brandie comme prétexte pour justifier l’oppression de la majorité Hutu par un gouvernement minoritaire.
Mon message à Kagame et à son FPR : n’oubliez pas que l’histoire est le juge de ce monde ;
Aux opportunistes (Hutu et ou Tutsi), aux bayeurs de fonds et aux supporteurs de tout genre de ce régime tyrannique : sachez que ce qui nous effraie, ce n'est pas l'oppression de Kagame et du FPR, mais plutôt l'indifférence des bons, car, le Rwanda n’est pas détruit par Kagame et FPR seulement, mais aussi ceux qui assistent et refusent d’agir.
Maurice LYNDA