TRUMP LE FOU, OU L’ÂGE DE PIERRE ! CHRONIQUE D’UNE PUISSANCE QUI PRÉFÈRE LE CHAOS À L’ORDRE !

Publié le par Veritas

On nous avait promis l’Histoire. Nous voilà avec sa caricature. Dans ce théâtre un peu grotesque où les grandes puissances jouent à se faire peur avec des allumettes au-dessus d’un baril de poudre, Donald Trump surgit comme un titre à lui seul. Un titre en majuscules, un slogan, presque une méthode. Derrière lui, Benjamin Netanyahu, figure plus ancienne, mais tout aussi déterminée, inscrit son action dans une continuité, celle d’une sécurité qui ne se construit plus, mais qui se décrète dans le fracas.

On dit, en termes simples, qu’« il n’y en a pas un pour racheter l’autre ». Et c’est sans doute la formule la plus honnête. Car derrière les discours officiels, derrière les justifications morales et les rhétoriques de libération, il n’y a jamais vraiment eu, ni à Washington, ni à Tel-Aviv, une volonté sérieuse de libérer le peuple iranien. L’Iran, dans cette histoire, n’est pas un peuple, c’est une variable stratégique.

Et la stratégie, désormais, semble avoir muté.

Autrefois, la puissance construisait. Elle imposait un ordre, souvent injuste, souvent violent, mais un ordre tout de même. Les vainqueurs dessinaient des cartes, installaient des équilibres, organisaient le monde à leur avantage. Aujourd’hui, cette capacité s’est érodée. La puissance ne sait plus bâtir. Elle ne sait plus stabiliser. Elle ne sait plus convaincre.

Alors, elle détruit. C’est peut-être là la nouvelle jurisprudence des relations internationales, faute de pouvoir organiser le monde, on le désorganise. Faute de pouvoir dominer par la structure, on domine par l’effondrement. Détruire pour affaiblir. Affaiblir pour régner. Une stratégie négative, presque nihiliste.

Israël, sous la direction de Netanyahu, garantit sa sécurité, ou du moins tente de le faire, en étendant le chaos, Gaza, la Cisjordanie, le Liban, la Syrie, et désormais l’Iran. Chaque front devient une zone de turbulence permanente. Chaque conflit nourrit l’idée que la stabilité est un luxe inaccessible.

Les États-Unis, eux, ne sont plus cette hégémonie quasiment naturelle du Moyen-Orient qu’ils furent. Leur réseau d’alliances s’est fissuré, leur autorité s’est diluée, leur influence est contestée. Alors, comme souvent dans l’histoire des puissances en déclin relatif, ils compensent par la force. Non plus pour structurer, mais pour empêcher les autres de structurer.

La stratégie d’affaiblissement devient stratégie de destruction.

Le monde occidental n’aura plus de leçons de droits humains à donner (photo france24)

Et au milieu de ce grand jeu, le peuple iranien. Toujours invoqué, rarement écouté. On célèbre parfois, du bout des lèvres, l’affaiblissement de la République islamique. On explique que le sale boulot est fait, que certains n’osaient pas agir. On rationalise, on justifie, on moralise. Mais à quel moment a-t-on réellement parlé des Iraniens autrement que comme d’un dommage collatéral acceptable ?

Ce qui se joue ici dépasse les acteurs eux-mêmes. Trump, Netanyahu, les dirigeants iraniens, les responsables militaires, les diplomates, ils ne sont peut-être que les symptômes d’une époque qui a perdu foi en sa propre capacité à produire de l’ordre.

Alors, on parle d’âge de pierre. La menace est lancée presque comme une formule publicitaire, ramener un pays à l’âge de pierre. Détruire ses infrastructures, ses villes, ses dispositions vitales. Effacer, en quelques frappes, des décennies de développement.

Mais si l’âge de pierre n’était pas là où l’on croit ?

Probablement qu’il n’est pas dans les ruines que l’on promet à l’Iran. Sûrement qu’il est déjà dans les esprits. Dans cette manière primitive de concevoir la puissance comme pure habileté de nuisance. Dans cette incapacité à imaginer autre chose que la domination par la peur.

Et certainement, ironie ultime, que les hommes de l’âge de pierre, ceux qui taillaient des outils plutôt que des doctrines, avaient une forme d’intelligence plus sobre, plus lucide, que celle de nos stratèges contemporains. Eux au moins savaient que survivre impliquait de coopérer autant que de rivaliser.

Aujourd’hui, nous avons perfectionné la destruction, mais oublié la construction. C’est une bataille de sauvagerie, dit-on. Le mot est fort, mais il n’est pas exagéré. Une sauvagerie technologique, rationalisée, justifiée, mais une sauvagerie tout de même. Une sauvagerie où chacun prétend agir pour sa sécurité, tout en rendant le monde objectivement plus dangereux.

Alors oui, Trump ou l’âge de pierre, ce n’est pas seulement un titre choc. C’est peut-être un diagnostic. Car le véritable basculement n’est pas géopolitique. Il est mental. Le jour où les puissances ont cessé de croire qu’elles pouvaient construire un ordre, elles ont commencé à organiser le chaos.

Et dans ce chaos, il n’y a plus de vainqueurs. Seulement des survivants, un peu plus proches, chaque jour, de cet âge de pierre qu’ils prétendent infliger aux autres.

Publication par  C√Line/Quora

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