Guerre des mots, guerre des mers : Donald Trump affirme contrôler Ormuz à 100 %, Téhéran fait chuter le trafic à 96% !

Publié le par Veritas

Le ton monte entre Washington et Téhéran. Dans une déclaration fracassante publiée sur Truth Social, l’ancien président américain Donald Trump a affirmé avoir donné un ordre direct à la marine américaine visant toute activité iranienne jugée hostile dans le détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce pétrolier mondial.

Dans un premier message, il déclare sans ambiguïté : « J’ai ordonné à la marine des États-Unis de tirer et détruire tout bateau – aussi petit soit-il (leurs 159 navires de guerre sont TOUS au fond de la mer !) – qui poserait des mines dans les eaux du détroit d’Ormuz. Il ne doit y avoir aucune hésitation. De plus, nos dragueurs de mines sont en train de dégager le détroit en ce moment même. J’ordonne par la présente que cette activité se poursuive, mais à un niveau triplé ! Merci de votre attention à cette affaire ».

Une nouvelle déclaration encore plus radicale.

Dans un second message publié également sur Truth Social, Donald Trump va plus loin en évoquant la situation interne iranienne et en revendiquant un contrôle total du passage stratégique : « L’Iran peine énormément à déterminer qui est son dirigeant : ils n’en ont tout simplement aucune idée ! La lutte interne qui oppose les « Durs » – qui ont essuyé de lourdes défaites sur le terrain – aux « Modérés » – qui ne sont pas si modérés que ça, mais qui gagnent en influence – est absolument folle ! Nous contrôlons totalement le détroit d’Ormuz. Aucun navire ne peut y entrer ou en sortir sans l’autorisation de la marine américaine. Il est « hermétiquement fermé », jusqu’à ce que l’Iran soit en mesure de conclure un accord !!! ».

Une réalité sur le terrain plus nuancée.

Ces déclarations interviennent alors que, selon plusieurs observations concordantes, l’Iran aurait fortement perturbé le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, avec une baisse estimée à près de 96 % du flux de navires. Une situation qui semble contredire frontalement l’affirmation de Donald Trump selon laquelle les États-Unis exerceraient un contrôle « à 100 % » sur cette voie maritime.

Cette contradiction illustre la complexité de la guerre d’influence et de communication qui accompagne les tensions militaires. D’un côté, Washington affiche une domination totale ; de l’autre, Téhéran démontre sa capacité à perturber concrètement la circulation maritime.

Une menace difficile à prévenir en amont.

Malgré cette posture offensive, une question stratégique persiste : pourquoi les États-Unis n’interviennent-ils pas plus tôt pour empêcher ces opérations ?

La réponse tient en grande partie à la nature des moyens utilisés par l’Iran, notamment via le Corps des gardiens de la révolution islamique. Celui-ci dispose d’une flotte dite « moustique », composée de petites embarcations rapides, discrètes et difficiles à détecter à temps.

Ces unités peuvent agir de manière asymétrique : elles se fondent dans le trafic maritime dense, opèrent rapidement et posent des mines en quelques minutes avant de disparaître. Une intervention préventive systématique exposerait les forces américaines à des risques d’erreur, notamment contre des navires civils, avec des conséquences diplomatiques majeures.

Un équilibre délicat entre dissuasion et escalade.

Jusqu’à présent, la stratégie américaine reposait davantage sur la surveillance, la dissuasion et le déminage a posteriori plutôt que sur une destruction immédiate. Les propos de Donald Trump traduisent un changement de ton, privilégiant une réponse instantanée et plus agressive.

Mais cette doctrine comporte des risques élevés : une destruction systématique de bateaux iraniens pourrait entraîner une escalade militaire directe avec Téhéran, voire une fermeture prolongée du détroit.

Des conséquences globales.

Les répercussions d’une telle situation sont considérables :

  • Marchés énergétiques : une perturbation durable peut provoquer une flambée des prix du pétrole.
  • Sécurité maritime : les armateurs pourraient éviter la zone, désorganisant les flux commerciaux mondiaux.
  • Diplomatie internationale : les puissances dépendantes de cette route stratégique pourraient intensifier les appels à la désescalade.

Une bataille aussi médiatique que militaire.

En affirmant à la fois une domination totale et en dénonçant les divisions internes iraniennes, Donald Trump adopte une stratégie de communication offensive. Cependant, les faits observés en mer suggèrent une réalité plus complexe, où aucun acteur ne détient un contrôle absolu.

Le détroit d’Ormuz reste ainsi un point de tension extrême, où la confrontation ne se limite pas aux opérations militaires, mais s’étend également au terrain politique et médiatique, avec des déclarations susceptibles d’influencer autant les marchés que les équilibres géopolitiques mondiaux.

Veritasinfo

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