RDC : 27 morts lors des troubles de janvier

Publié le par veritas

RDC : 27 morts lors des troubles de janvier
Vingt-sept personnes ont été tuées, dont 23 à Kinshasa, durant les troubles qui ont secoué en janvier la République démocratique du Congo autour d’une révision de la loi électorale, a annoncé jeudi le gouvernement.
 
"Après avoir annoncé 14 morts, dont un policier, (...) le nombre de personnes mortes à la faveur de ces événements sur l’ensemble du territoire national est estimé aujourd’hui à 27 personnes tuées : 4 à Goma, 23 à Kinshasa", a déclaré le porte-parole du gouvernement Lambert Mende lors d’une conférence de presse à Kinshasa.
 
M. Mende a précisé que deux policiers figuraient parmi les victimes et que trois enfants ont été tués à Goma, importante ville de l’est du pays. Dans des rapports distincts, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme et l’ONG américaine Human Rights Watch ont pour leur part estimé qu’une quarantaine de personnes sont mortes lors de ces troubles.
 
"Au moins 21 de ces victimes ont été tuées par balles par les forces de sécurité congolaises", avait précisé Human Rights Watch, reprochant au gouvernement d’avoir "eu recours à une force illégale et excessive pour réprimer les manifestations".
 
M. Mende avait récusé les bilans des ONG, accusant la FIDH d’être "de plus en plus excessive" et de chercher à "nuire au gouvernement congolais». Il avait par ailleurs affirmé que les morts avaient été tués par des vigiles privés. Dans son dernier rapport annuel, le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) explique que des "agents étatiques" ont commis 57% des 2.360 violations des droits de l’hommes commises en RDC en 2014. 
 
"Parmi les agents étatiques, les militaires des FARDC (armée congolaise) et les agents de la PNC (police ongolaise) seraient les principaux responsables des violations des droits de l’homme", précise une note du BCNUDH. Du 19 au 22 janvier, essentiellement à Kinshasa, des manifestants ont dénoncé un projet de loi électorale qui aurait pu permettre au président Joseph Kabila, en poste depuis 2001, de rester au pouvoir au-delà de 2016, alors que la Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat.
 
Le 25 janvier, le Parlement a voté un texte débarrassé de la disposition la plus controversée, sans pour autant complètement rassurer l’opposition, qui y voit d’autres articles susceptibles d’entraîner un "glissement" du calendrier électoral, faisant craindre de nouvelles violences. Les manifestations avaient rapidement viré à l’émeute et aux pillages. Pour affaiblir la contestation, le gouvernement avait ordonné la coupure d’internet et des SMS. Depuis, l’internet fixe a été rétabli, mais malgré le retour au calme l’internet mobile et les SMS restent suspendus, sclérosant l’économie.
 
Lors de la conférence de presse, M. Mende a longuement dénoncé l’usage des réseaux sociaux pour mettre de l’huile sur le feu lors des violences, notamment par la diffusion de photos choquantes de crises se déroulant dans d’autres pays. Selon lui, couper l’internet a permis d’éviter une "guerre civile". M. Mende a déclaré que le rétablissement de l’internet mobile et des SMS était "une question d’heures ou de jours. Dans tous les cas, nous n’entamerons pas la semaine prochaine sans que tout soit rentré dans l’ordre."
 
Après les troubles, il avait annoncé près de 350 arrestations. Bilan : "130 (personnes) à peu près, dont plusieurs étudiants et quelques adolescents mineurs, (...) ont été remis en liberté, (...) et 49 mineurs parmi les interpellés, qui ont agi, qui ont pillé, ont été mis à la disposition du juge des enfants".
 
M. Mende a ajouté que les premières condamnations commencent à "être prononcées" et que pour la réparation aux victimes de pillages, le gouvernement privilégiait la politique du "qui casse, paie".
 
AFP

Publié dans FRANCAIS

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