Le beau monde politique afro-français se réunit à Paris

Publié le par veritas

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«A la fin de l'année, j'inviterai l'ensemble des chefs d'Etat africains à Paris pour une réunion qui sera consacrée à la paix et à la sécurité et donc, d'une certaine façon aussi, à la lutte contre le terrorisme », a déclaré le 24 mai à Addis-Abeba le président François Hollande à la veille de l’ouverture des solennités consacrées au 50tenaire de la fondation de l’OUA devenue en 2002 UA.

 

Le président a formulé les principales tâches du sommet qui aura lieu les 6-7 décembre à l’Elysée. Il est nécessaire de mettre en œuvre sa doctrine exposée en octobre 2012 pendant sa visite au Sénégal et reprise constamment aux réunions multi- et bipartites consacrées aux problèmes africains. « Le futur de l'Afrique se bâtira par le renforcement de la capacité des Africains à gérer eux-mêmes les crises africaines ». Cependant, a dit François Hollande à ses collègues africains, la France sera toujours à côté des Africains. Néanmoins, la France renonce au rôle du «gendarme de l’Afrique» lui reproché pendant pratiquement toute la période postcoloniale. Elle ne s’ingérera pas dans les affaires intérieures du continent.

 

Ces 50 dernières années, écrit notre observateur Igor Yazon, la France a réalisé au moins une quarantaine d’opérations armées d’envergure en Afrique. La première opération a été entreprise au Gabon où le contingent français a restitué le pouvoir du président Omar Bongo que ses adversaires politiques ont essayé de renverser. Une nouvelle opération armée est déployée à nos yeux en Centrafrique. Les Français « sauvent » ce pays pour la quatrième fois. Il y a eu, en outre, des opérations en Côte d’Ivoire, au Tchad, au Zaïre (actuellement – République démocratique du Congo), au Rwanda, aux Comores. Les récentes ingérences datent de février 2011 en Libye et au Mali où l’opération engagée le 11 janvier 2013 est poursuivie.

 

La France réalisait indépendamment les opérations armées au 20ème siècle mais depuis le début des années 2000 Paris entraîne activement dans l’« extinction des incendies » dans la zone de son influence historique : en Afrique francophone ses partenaires au sein de l’UE, les Etats-Unis, l’ONU. Paris insiste sur la formation dans l’UE des forces permanentes africaines de réaction rapide. Ce problème sera abordé au prochain sommet à l’Elysée. Les leaders des Etats de l’UE ont reçu les invitations exception faite sous tel ou tel prétexte juridique pour les leaders du Soudan, du Zimbabwe, de Guinée-Bissau, de Madagascar, d’Egypte et de Centrafrique proclamés personae non gratae.

 

Ces pays seront représentés à Paris parleurs délégations. Seul le Zimbabwe de Robert Mugabe n’a pas réagi à l’invitation au sommet. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, les dirigeants européens Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, ainsi que la présidente de la Commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma et encore près de 600 journalistes accrédités y prendront part. « C'est une affaire qui ne concerne pas que la France et l'Afrique mais l'Europe et le monde », fait valoir le président français. Certains aspects de sa nouvelle doctrine et le refus de la France d’être à l’avant-garde du règlement des conflits en Afrique ont été envisagés à la récente conférence de presse à la chaîne BFM TV avec la participation de Philippe Hugon, directeur de recherché a l’IRIS en charge de l’Afrique, et d’Ulysse Josset, éditorialiste politique international de la chaîne. Nous proposons à votre attention les extraits de la conférence de presse.

 

Igor Yazon

 

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