RDC- attaque de drones à Kisangani : l’AFC/M23 revendique l’opération malgré les pourparlers de paix de Doha.

Publié le par Veritas

Alors que des négociations de paix sont en cours à Doha pour tenter de mettre fin au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, l’aéroport de Kisangani a été visé par une attaque de drones revendiquée par l’AFC/M23. Un acte militaire qui intervient dans un contexte diplomatique tendu, marqué par des initiatives congolaises annoncées à Washington.

Après l’attaque de l’aéroport de Kisangani par des drones du RDF, le président Félix Tshisekedi est arrivé aux États-Unis afin de discuter de l’application de l’accord de Washington.

Des drones interceptés par les FARDC à Kisangani.

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont annoncé avoir neutralisé huit drones kamikazes qui visaient l’aéroport de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo. Selon des sources militaires, les engins ont été interceptés avant d’atteindre leurs cibles, évitant d’importants dégâts sur cette infrastructure stratégique.

Aucun bilan humain n’a été communiqué. Cette attaque marque une extension géographique notable des hostilités, Kisangani se situant loin des zones de combats habituelles dans l’est du pays, notamment au Nord-Kivu.

Le mouvement AFC/M23 en coordination avec l’armée rwandaise (RDF) a confirmé être à l’origine de l’opération. Dans un message publié sur le réseau social X, son dirigeant, Corneille Nangaa, a présenté cette attaque comme un « avertissement » adressé aux autorités de Kinshasa.

Il a accusé le gouvernement congolais d’utiliser l’aéroport de Kisangani comme base de lancement d’opérations aériennes et affirmé que « l’immunité » dont bénéficiait jusque-là cette installation « a désormais pris fin », laissant entendre que d’autres infrastructures pourraient être ciblées.

Kisangani n’est pas identifiée comme une zone de présence des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), souvent citées pour justifier certaines opérations militaires dans l’est de la RDC. Cette réalité alimente les interrogations sur les objectifs militaires poursuivis par l’AFC/M23 et sur la portée réelle des justifications sécuritaires avancées dans le conflit.

Kigali reconnaît sa coopération avec le M23.

Le président Donald Trump a chargé le vice-président J. D. Vance de veiller à l’application de l’accord de Washington entre la RDC et le Rwanda.

Dans un contexte régional déjà tendu, les autorités rwandaises reconnaissent désormais collaborer avec le M23. Cette position a été confirmée publiquement par l’ambassadrice du Rwanda aux États-Unis, Mme Mathilde Mukantabana, renforçant les accusations de Kinshasa concernant l’implication du Rwanda sur le territoire congolais.

Les discussions en cours à Doha portent notamment sur la mise en place d’un mécanisme chargé de surveiller le respect du cessez-le-feu. Toutefois, les accords existants entre la RDC et le M23, ainsi que la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, exigent explicitement que le mouvement AFC/M23 dépose les armes et se cantonne dans des sites identifiés, et que le Rwanda retire ses forces du territoire congolais.

La revendication d’une attaque menée à l’aide de drones armés pose donc une question centrale : comment parler de cessez-le-feu alors que les obligations de désarmement ne sont pas respectées sur le terrain ?

Initiatives diplomatiques annoncées à Washington.

Sur le plan diplomatique, de nouvelles démarches ont été évoquées ce matin à Washington. Selon Boulos, qui répondait aux questions de la journaliste Hariana Verras, le président congolais Félix Tshisekedi devrait rencontrer, sauf imprévu, le vice-président des États-Unis ainsi que le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, afin d’aborder la question de la violation présumée de l’accord de Washington par le Rwanda, imputée au président Paul Kagame.

Ces échanges annoncés illustrent la volonté de Kinshasa de porter le dossier congolais sur le terrain diplomatique international, parallèlement aux discussions de Doha.

Pour plusieurs observateurs, la poursuite d’actions militaires revendiquées en pleine négociation diplomatique affaiblit la crédibilité du processus de paix et complique la tâche des médiateurs internationaux. Pendant ce temps, les populations civiles continuent de subir les conséquences d’un conflit qui peine à entrer dans une phase effective de désescalade.

Veritasinfo.

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