Sous l'Administration de Barack Obama aux USA, Les criminels Paul Kagame et Yoweli Museveni peuvent dormir tranquilles !

Publié le par veritas

http://media.meltybuzz.fr/article-1118608-ajust_930/barack-obama.jpgBarack Obama aura été le Président américain de qui les Africains attendaient beaucoup, les Congolais en particulier. Mais à deux ans de la fin de son second mandat, il est parti pour quitter la Maison Blanche sans laisser la moindre «empreinte politique» sur le Continent africain. Rien à voir avec un de ses prédécesseurs, Bill Clinton, dont il sera question dans la suite de cette analyse. Les Congolais seront probablement le peuple le plus malheureux de l’après-Obama tellement le Président américain apparaissait, et apparait toujours, comme étant la seule personne disposant d’assez de pouvoir pour changer le destin tragique d’un peuple livré à lui-même. Interminables guerres de pillage, massacres des civils, viols de masse, déplacements forcés des populations, assassinats… Une extermination qui ne dit pas son nom, en marge de la ruée internationale sur les ressources minières du Continent noir. 


Une seule mesure aurait pourtant tout changé, et seul le Président américain est assez puissant pour l’imposer à l’agenda international : la création d’un Tribunal pénal international pour le Congo afin de juger et de condamner les responsables des crimes de guerres, crimes contre l’humanité et crimes de génocide qui se commettent sur le sol congolais depuis deux décennies. Dans le silence d’une communauté internationale qui, devant le profit tiré du pillage, a littéralement vendu son âme.


Une pétition réclamant la création de ce tribunal a récemment recueilli plus de 38 mille signatures avec des noms comme Gisèle Halimi, Françoise Héritier, Ingrid Betancourt, Rama Yade, Roselyne Bachelot,… Mais toute porte à croire que Barack Obama ne s’engagera pas sur ce dossier.


« C’est compliqué »


http://4.bp.blogspot.com/-a0UG4LjqZgw/UpTonPbMf5I/AAAAAAAAPxI/mAu2VHDALWg/s1600/rwandais-paul-kagame-g-et-ougandais-yoweri-museveni-le-21-novembre-2012-a-kampala.jpgCette phrase de Susan Rice résume à peu près les difficultés du Président américain. Pour la petite histoire, dans le cadre du débat sur la « responsabilité de protéger », une doctrine au nom de laquelle les Etats-Unis envisageaient de bombarder la Syrie le cas des populations de l’Est du Congo a été soulevée. L’ancienne Ambassadrice américaine à l’ONU, maintenant Conseillère à la sécurité nationale,Susan Rice,a simplement répondu: «c’est compliquée». Elle a même préconisé que, sur le cas du Congo, Washington devrait « détourner le regard ». Trop d’intérêts sont en jeux.


Barack Obama ne risque donc pas de s’employer à faire condamner les responsables des guerres à répétition qui causent des millions de morts au Congo. Demander au Conseil de Sécurité de l’ONU de faire arrêter les Présidents Paul Kagamé du Rwanda et Yoweri Museveni d’Ouganda mettrait Barack Obama en conflit direct avec un de ses prédécesseurs, Bill Clinton. Un tel conflit se traduirait par une profonde remise en question de l’engagement des Etats-Unis dans la région des Grands-Lacs. Il pourrait attirer sur Washington un opprobre international comparable à celui que Paris subit depuis l’affaire du génocide rwandais.


Les conquêtes sanglantes du « pionnier » Clinton


En remontant l’histoire des bouleversements géopolitiques dans la région des Grands-Lacs, on retrouve l’administration Clinton, à la fin de la Guerre froide. L’Amérique tenait à s’octroyer une présence en Afrique à tout prix. L’engagement américain se traduira par l’émergence de nouveaux leaders (Kagamé, Museveni) au détriment des hommes-clés de la francophonie (Mobutu, Habyarimana). Bien entendu, ce bouleversement orchestré par Bill Clinton sera lourd de conséquences, et va même, semble-t-il, échapper au contrôle de ses instigateurs, en termes de pertes en vies humaines.


En effet, plus d’un million de Rwandais seront tués au Rwanda et 100 à 400 mille achevés dans les forêts du Congo, au cours d’une campagne assimilable au crime de génocide, selon un rapport de l’ONU. Plus de six millions de Congolais périront des guerres à répétition menées avec le soutien militaire, médiatique et diplomatique de Washington. Quatre Présidents seront assassinés (le Rwandais Juvénal Habyarimana, les Burundais Cyprien Ntaryamira et Melchior Ndadaye, et le Congolais Laurent-Désiré Kabila). Quatre évêques de la région seront également assassinés par les forces de Kagamé (trois au Rwanda et un au Congo). Mobutu et la France, qui comprendront trop tard que c’était eux les cibles dès le départ, vont être balayés de la région. De gros moyens seront utilisés pour camoufler les faits, consacrer des mensonges d'Etat en vérité absolue et ruiner la vie de ceux qui s'efforçaient de dire la vérité.


A Washington, on se dit sûrement que c’était le prix à payer pour permettre aux Américains, et à leurs alliés Britanniques, de prendre pied dans ce pré-carré français et d’accéder, sans intermédiaires, aux immenses réserves minières du Congo. Le prix à payer pour booster l’économie des pays anglo-saxons dont les multinationales, de l’électronique notamment, vont, depuis deux décennies, se procurer des matières stratégiques (le tantale/coltan, l’étain, l’or, le tungstène…) à vil prix en se contentant de piller un Congo préalablement mis à terre.


Le procédé utilisé consistera à la « production » des générations des seigneurs de guerre et des rebellions sans autre idéologie que le pillage pour assurer l’approvisionnement des multinationales plusieurs fois dénoncées dans les rapports des experts de l’ONU, mais jamais sanctionnées. L’Amérique veille et tient à garantir l’impunité à ses « petites mains  » de la région, y compris en recourant à la menace de veto au Conseil de sécurité de l’ONU. Les criminels peuvent dormir tranquilles.


Obama, sa conscience et le rêve de Lincoln, Roosevelt… ?


Crimes sexuelles en RDCSe pose alors une question de conscience à un homme qui, comme tout Président américain, va rentrer dans l’histoire et sera jugé sur la façon dont il aura géré un certain nombre de dossiers. L’« holocauste du Congo » en sera indiscutablement un. Franklin Roosevelt est rentré dans l’histoire en mettant fin à la Shoah par l’entrée de l’Amérique en guerre contre Adolf Hitler. Abraham Lincoln rentra, lui aussi, dans l’histoire en assumant la guerre, qu’il remporta, contre les Etats esclavagistes du Sud. Barack Obama a sur ses bras le dossier du plus grand massacre des populations « noires » depuis la Traite des esclaves et les pires années de l’époque coloniale. Il connait le « dossier Congo » pour y avoir personnellement travaillé en tant que sénateur. Mais pour mettre définitivement un terme au « massacre », Obama doit être disposé à affronter les intérêts colossaux qui sous-tendent ce carnage depuis deux décennies.


Il pourrait se heurter à ce qu’on appelle le « clan Clinton » sur le sort des Présidents Kagamé et Museveni. La déchéance des deux dictateurs et leur poursuite en justice pourrait prendre les allures d’un Nuremberg, tellement du sang coule sans discontinuer depuis des années. Parallèlement, trop d’intérêts seraient sacrifiés alors même que la crise économique, qui frappe les pays occidentaux, plaiderait plutôt pour la consolidation des « acquis américains » dans la région.


A ce titre, le Sommet Etats-Unis–Afrique convoqué à Washington le 6 et 7 août prochain, par Barack Obama, donne à penser que le Président américain, tout comme son homologue français au dernier sommet de l’Elysée du 6 décembre dernier et chinois en novembre 2006 ne compte pas être distancé sur le marché africain. Donc, les affaires d’abord, les droits de l’homme plus tard. Reste que, pendant ce temps, les Congolais voient se profiler le pire des scénarios. Seule la création rapide d’un Tribunal Pénal international pourrait constituer un rempart pour ces populations qui observent, avec résignation, les « prédateurs » de tous poils fourbissant, à nouveau, leurs armes.


Chronique d’une catastrophe annoncée


Fin 2016, Obama prépare son départ de la Maison Blanche. Son successeur sera un démocrate ou un républicain, peu importe. On sait juste qu’Hilary Clinton se prépare et que dans l’hypothèse de son élection, on ne donne pas cher de la peau des populations de l’Est du Congo. A Kinshasa, Joseph Kabila prépare lui aussi sa succession, à lui-même ou au profit d’un fidèle de la « kabilie ». Dans l’Est du pays, les « bataillons rwandais », qu’on appelle parfois « les bataillons mono ethniques » consolident leur emprise sur la Province Orientale, le Kivu et le Nord du Katanga. L’assassinat du colonel Mamadou Ndala fait déjà réfléchir de nombreux soldats réputés pour leur patriotisme.


Ces bataillons pro-Kampala et pro-Kigali seront rejoints par les combattants du M23 qui vont obtenir l’amnistie et intégrer les institutions avec le soutien de la majorité présidentielle (PPRD). Le sénat congolais a déjà voté la loi d’amnistie, garantissant, comme depuis deux décennies, l’impunité.


Une élection démocratique dans un environnement comme celui-là n’est absolument pas envisageable. On voit plutôt planté le décor des élections chaotiques de 2011, couplées avec l’insurrection du M23. Une catastrophe dont le Congo, cette fois-là, ne risque pas de se relever.


Obama aurait pu faire quelque chose en « neutralisant » les régimes de Kagamé et de Museveni qui continuent de planifier de nouvelles attaques contre le Congo. C’est en tout cas ce qu’on lit dans le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU. En 2016, il sera trop tard.


Tout ce qu’il y aura à faire, pour les Congolais, ce sera de ne pas se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment.


 

Boniface Musavuli – agoravox.fr

 

 

 

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mansour 05/05/2015 10:16

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Bene 16/02/2015 18:27

La haine de Boniface Musavuli contre Kagame et Museveni fait pitié. En tout cas, il aura tout essayé, y compris même l'instrumentalisation de l'image de cette pauvre femme victime des FDLR.