Rwanda: des partis d'opposition s'unissent pour un "changement profond"

Publié le par veritas

http://ds2.ds.static.rtbf.be/article/image/250x161/1/6/5/b64960aaf553e885720b88278ff461f1-1395246248.jpgQuatre partis d'opposition rwandais ont présenté mercredi leur projet en faveur d'un "changement profond" au Rwanda qu'ils qualifient de "dictature", en réclamant du régime du président Paul Kagame une ouverture de l'espace politique et le retour des réfugiés, principalement ceux présents depuis vingt ans dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).


Cette "Coalition des partis politiques pour le changement" (CPC) rassemble à ce jour quatre formations, le Parti socialiste (PS-Imberakuri), la "Rwanda Dream Initiative" (RDI-Rwanda Rwiza), l'Union démocratique rwandaise (UDR) et les Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), a indiqué son président, l'ancien Premier ministre hutu Faustin Twagiramungu, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.


Des négociations sont en cours pour l'élargir à trois autres partis, a assuré cet opposant déclaré au régime du président tutsi Paul Kagame après avoir dirigé le gouvernement rwandais de juillet 1994 à août 1995, immédiatement après le génocide qui a fait quelque 800.000 morts, principalement parmi la minorité tutsi.


Il s'agit des Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi, non reconnues, dont la présidente Victoire Ingabire Umuhoza a été condamnée à quinze ans de prison après être rentrée d'exil aux Pays-Bas), du Pacte démocratique du Peuple (PDP-Imanzi) et du Parti pour la Démocratie au Rwanda (PDR-Ihumure).


M.Twagiramungu a également appelé le Congrès national du Rwanda (RNC) à rejoindre la coalition de l'opposition) "parce que l'objectif est le même": jouer un rôle politique au Rwanda-même.


Le vice-président de la CPC et président de l'UDR, Paulin Murayi, a justifié l'admission au sein de la coalition des rebelles hutu des FDLR - souvent présentés comme impliqués dans le génocide -, par le fait que tous ne sont pas génocidaires et qu'ils représentent les réfugiés rwandais dispersés dans l'est de la RDC.


"Ils (les réfugiés) n'ont pas droit à la parole. Les FDLR les représentent, sont leur voix", a-t-il souligné, en assurant que le but de la CPC était un changement "pacifique" au Rwanda, qui passe par l'instauration d'un dialogue politique "avec le régime de terreur" de M. Kagame, sous la pression de la communauté internationale.


Les FLDR, qui risquent d'être la prochaine cible de l'armée congolaise et des Casques bleus de la Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco) dans leur campagne d'éradication des groupes armés présents dans l'est congolais, se sont engagés le 30 décembre dernier à déposer les armes, tout en continuant le combat politique, a quant a lui noté M. Twagiramungu.


Dans la déclaration publiée mercredi, la CPC "invite l'ensemble de la population rwandaise, en particulier la jeunesse déçue et lassée par le régime dictatorial du FPR (le Front patriotique rwandais de M. Kagame) à s'armer de courage et à soutenir toutes les initiatives allant dans le sens du changement démocratique.


La coalition sollicite également l'aide de la communauté internationale afin d'exercer de "fortes pressions" sur le président Kagame afin qu'il s'engage "résolument et sans délai" sur la voie des négociations politiques entre son régime et l'opposition.


Si les conflits endémiques qui endeuillent le Rwanda et les pays voisins n'étaient pas résolus rapidement, ils risqueraient de provoquer de nouvelles catastrophes humanitaires plus terribles que celles qui se sont déroulées depuis deux décennies -le génocide au Rwanda, les violences ethniques au Burundi et les guerres successives en RDC -, faisant des "millions de vie emportées", ont prévenu les partis d'opposition rwandais.


Belga

 

 

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