Paul Kagame menace ses amis de révéler d'autres secrets d'une criminalité qu'ils ont partagé en mettant toute la sous-région dans son état actuel !

Publié le par veritas

         Milit-Nyakinam.pngInaugurant une académie militaire à Nyakinama, le président Paul Kagame est apparu (fait rare) moins arrogant que d'habitude. Il était même très abattu et peinait à trouver les mots pour répliquer à l'administration américaine qui vient d'ajourner une aide de 200 000 dollars destinée à son armée. C'est qu'il y a pression et pression: imaginez un instant si cette mesure avait été le fait de la France ou d'un autre pays européen... Expulsion immédiate de l'ambassadeur, rupture de relations diplomatiques, diabolisation et injures, accusations farfelues et tout l'arsenal victimaire d'Afandie. A Nyakinama, rien! Que des murmures et un chantage voilé.

 

Et si c'était donc cela la nouvelle tactique défensive des afande? Jadis on avait droit à "où étiez-vous lorsque se commettait le génocide ici ?". Aujourd'hui, c'est à une distillation des confidences que lui auraient faites les Occidentaux que le président Kagame s'adonne. Oui, acculés, Kagame et son régime ne trouvent guère mieux: ils balancent. C'est ainsi qu'il révéla que Joseph Kabila devait être écarté de la présidence et que certains émissaires occidentaux étaient venus requérir son opinion. Vraiment? J'aurais aimé savoir sa réponse et surtout sa démarche auprès de son protégé Kabila (ils s'enguelent le jour mais la nuit ils sont les meilleurs potes du monde).

 

A Nyakinama, Kagame récidive avec un autre scoop. Ils (les Occidentaux. Encore eux!) sont venus me demander de l'aide pour arrêter Bosco-le-Terminator. Et n'y ayant pas consenti, ils m'accusent aujourd'hui d'aider le M23. Sacré Kagame. En l'écoutant dire cela, j'ai tout de suite pensé à cette phrase de Colette Braeckman: "Avec aplomb, sans que rien ne révèle un trouble éventuel, à part les mains qui s'agitent et des longues jambes qui se croisent ou se déplient, Kagame peut nier les évidences, mentir en vous regardant droit dans les yeux". Démonstration en direct. Croit-il que, ce faisant, il menace ses amis de révéler d'autres secrets d'une criminalité qu'ils ont partagé en mettant toute la sous-région dans son état actuel?

 

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Pour la première fois de sa vie, je crois que mon président a vraiment et sérieusement trembloté. Il a dit (je cite de mémoire): « ce n'est pas tant la somme bloqué qui inquiète: elle est insignifiante. C'est l'image même du Rwanda et de son armée qui est ainsi sali ». Là où il avait l'habitude de minimiser les critiques qu'on porte sur ses turpitudes, il semble maintenant prendre conscience de ses limites. Rien du discours enflammé qui a suivi, en novembre 2011, les critiques de l'ambassadeur Susan Rice par rapport aux pratiques dictatoriales d'Afandie. Certes le lion n'a pas encore perdu ses dents, mais la raison l'a déjà quitté et il vient de perdre quelques griffes.

 

Est-ce donc le début de la fin? Ne sachant plus comment armer ses diatribes, ne pouvant plus envahir le Congo que par les appendices et autres diverticules de son armée, Kagame est contraint d'adopter une nouvelle forme de communication. Il balance. Il s'épanche ennuyeusement au lieu de laisser faire Louise Mushikiwabo, sa ministre des affaires étrangères. Il monte lui-même au créneau, signe qu'il a été sérieusement affecté par la pression qui pèse sur son Afandie. Alors qu'on attendait ses techniciens "démonter une à une les mensonges" du rapport le mettant en cause, afande Kagame double même ses griots comme pour leur dire "vos mensonges ne suffiront pas cette-fois ci à me disculper".

 

Confidence pour confidence: avec cette prestation, j'ai réalisé comment le président Kagame ressemblait fortement à T Bag, le psychopathe de la série télé Prison Break. Ceci expliquerait peut-être cela. Dans son journal Jules Renard écrivait: "La crainte d'une chute, voilà ce qui suffit à un ministre pour faire égorger des milliers d'hommes". On nous parle de rwandophones qui se font déjà tuer en RDC. Oeuvre des "techniciens" ou folie d'un des belligérants? Surveillez donc le fauve.

 

 

Cecil Kami

 


 

 

 

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