Monusco : les doutes du Malawi et de la Namibie

Publié le par veritas

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La dernière réunion de la Troïka de la Défense des Etats membres de la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe) organisée la semaine dernière à Windhoek, en territoire namibien, avec la participation du président congolais Joseph Kabila, a révélé certains dessous des cartes. L’on a appris, en marge de cette rencontre, que les présidents Hifikepunye Pohamba de Namibie et Joyce Banda du Malawi ont émis des doutes sur l’efficacité des troupes onusiennes dans le maintien de la paix et la stabilisation de la République Démocratique du Congo. Les deux personnalités se sont inquiétudes de l’enlisement de la situation sécuritaire dans la partie Est de notre pays où pourtant les Casques bleus sont omniprésents depuis 1999, soit 14 ans.


Le SG de l’ONU interpellé


 Avant de prendre congé de leur homologue, les présidents namibien et malawite ont pris l’engagement de se rendre à New York, au siège des Nations Unies, d’ici la fin du mois en cours, en vue d’échanger avec le Secrétaire général Ban ki-moon au sujet de l’inadéquation entre la longue présence des troupes onusiennes en territoire congolais et l’insécurité récurrente qui continue d’y prévaloir. Les présidents Hifikepunye Pohamba et Joyce Banda réclament, sans se voiler la face, un audit des opérations des Casques bleus, de la Monuc (Mission des Nations Unies au Congo) à la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation au Congo).


Cette exigence pressante découle du fait qu’ils ont l’impression que la guerre de l’Est du Congo serait devenue un fonds de commerce non seulement pour certains pays voisins mais aussi pour certains responsables civils et militaires onusiens. Une telle initiative fait penser aux observateurs que la crise politico-militaro-sécuritaire congolaise pourrait relever d’un agenda caché qui échappe au commun de Congolais.


Les craintes du Malawi et de la Namibie


http://www.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_43_large/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/2013-08-07T142721Z_2000391475_GM1E9871QAG01_RTRMADP_3_CONGO-DEMOCRATIC_0.JPGLe Malawi et la Namibie craignent que la fragilité de la République Démocratique du Congo aux plans politique et sécuritaire n’ouvrent de larges boulevards aux forces négatives du genre des terroristes islamistes, capables de partir de ce ventre mou de l’Afrique Centrale et des Grands Lacs pour déstabiliser les Etats de la SADC. Le dossier politique et sécuritaire congolais intrigue sérieusement les présidents namibien et malawite car susceptible d’influer négativement sur le développement socio-économique et la prospérité des populations de la partie Est et Sud de l’Afrique.


A leur avis, la SADC a besoin d’un Congo stable aux plans politique, sécuritaire et économique afin que ce pays serve de locomotive aux économies de cette partie du continent.


Les Congolais appelés à se prendre en charge


L’autre versant du message des présidents de Namibie et du Malawi est que les Congolais devaient cesser de rêver débout, en croyant que les troupes onusiennes devraient tout faire en leurs lieu et place, jusqu’au retour du Christ sur la terre. Il s’agit là d’un appel implicite fait aux gouvernants et citoyens congolais pour leur auto-prise en charge dans le secteur sécuritaire.


http://www.enoughproject.org/files/Congo%20FARDC%20parade%20LHeaton.jpgCela ne peut être possible que si, tout en dialoguant avec les « diables » à Kampala et s’appuyant sur la Monusco pour la traque du M23 ou d’autres forces négatives, un plan cohérent de refondation de l’armée nationale et des services de sécurité est en chantier. Le temps nous étant désormais compté, ce serait un péché mortel que de ne pas cheminer dans la voie de la construction d’une armée républicaine, à la mesure des défis politiques, sécuritaires et économiques qui se présentent à nous.


Parallèlement au travail de réforme et de redynamisation du système défensif national, le pays a besoin d’une décrispation réelle du climat politique, à travers le fonctionnement des mécanismes d’une démocratie normale, de nature à ne plus reproduire les frustrations électorales qui empoisonnent l’existence même de la Nation et empêchent ses filles et fils de se réconcilier. Il faut, plus que jamais, que les Congolais vivent la démocratie, dans le quotidien comme dans les rendez-vous des urnes, comme c’est déjà le cas dans plusieurs Etats du continent (Afrique du Sud, Sénégal, Ghana, Mali, Botswana, Namibie, Mozambique, Zambie) pour ne prendre que cet échantillon.

                           

 

Source : lephareonline.net

 

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