Libertés démocratiques, meurtre de Patrick Karegeya: un expert des Nations unies au Rwanda

Publié le par veritas

http://www.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_43_large/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/photo-enterrement_karegeya_afsud_0.JPGMaina Kiai, le rapporteur spécial des Nations unies en charge de la liberté d’association et de réunion, a entamé sa première visite officielle au Rwanda. Mandaté par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, l’expert indépendant va passer une semaine dans le pays. Lors d’une interview à RFI, il a expliqué vouloir interroger les autorités sur certains aspect ayant trait à la liberté d’association mais également obtenir des clarifications sur les propos tenus par des officiels rwandais au lendemain de l’assassinat en Afrique du Sud de Patrick Karegeya, ex-chef des renseignements extérieurs, opposant au régime de Kigali.


Evaluer et promouvoir les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association dans le pays, tel est le but de la visite du rapporteur spécial des Nations unies.


Pendant huit jours l’expert indépendant va notamment rencontrer des acteurs de la société civile, mais également s’entretenir avec les autorités rwandaises. Et Maina Kiai a notamment exprimé son souhait de demander des éclaircissements concernant des réactions de responsables rwandais semblant se réjouir du meurtre de Patrick Karegeya, ex-chef des renseignements rwandais devenu un féroce critique du président Kagame et que Kigali considérait comme un terroriste.


« Je voudrais comprendre certaines déclarations que j’ai lues dans la presse – pas sûr quelles soient correctes – mais attribuées à des officiels rwandais célébrant la mort d’un membre de l’opposition » explique le rapporteur des Nations unies.


à (re)lire : Kigali dément toute implication dans l'assassinat de Patrick Karegeya


Maina Kiai n’a pas précisé de quels commentaires il s’agissait, indiquant simplement que ce n’était pas ceux du président rwandais Paul Kagame qui avait estimé publiquement que « la trahison a des conséquences ». De son côté, répondant sur Twitter à quelqu'un qui lui demandait de réagir à ce décès, la chef de la diplomatie rwandaise, Louise Mushikiwabo avait estimé qu'il ne fallait pas s'attendre à de la pitié.


M. Kiai a également indiqué qu’il aborderait les autorités compétentes « les plaintes à propos de certain partis (…) qui ont dû attendre quatre ans » pour se faire enregistrer, en évoquant le Parti démocratique vert finalement enregistré en août. « Les partis d’opposition ont le droit de tenter d’accéder au pouvoir (…) tant qu’il n’y a pas d’incitation à la violence », a-t-il estimé.


Le rapporteur fera part publiquement de ses observations et recommandations préliminaires lundi prochain.

 

 

RFI

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