Les immigrés africains en Israël seraient renvoyés en Ouganda contre les armes !

Publié le par veritas

http://s1.lemde.fr/image/2013/02/05/534x267/1827618_3_d503_des-soldats-tchadiens-en-route-vers-le-mali-le_f3ca46dc899e1e44650635300d7fbe7f.jpgIsraël proposerait aux demandeurs d’asile africains actuellement sur son territoire de partir en Ouganda. C’est ce que rapporte le journal israélien Haaretz et l’agence américaine Associated Press, citant des sources gouvernementales anonymes. Les associations de défense des travailleurs immigrés expriment leur préoccupation.


Les autorités israéliennes auraient-elles trouvé la solution pour régler le problème des quelque 55 000 immigrés africains arrivés illégalement sur son sol et dont elles souhaitent le départ à tout prix ?


Selon l’agence Associated Press, citant un responsable gouvernemental, une trentaine d’immigrés auraient accepté ces dernières semaines de partir en Ouganda, avec un chèque de 3 500 dollars, le montant qu’Israël promet généralement à tout immigré acceptant de retourner dans son pays d’origine.


Israël avait annoncé en août 2013 avoir signé un accord avec un pays d’Afrique pour y envoyer des milliers d’immigrés africains se trouvant sur son sol, majoritairement des Erythréens et des Soudanais, qui ne peuvent retourner chez eux parce qu’ils y sont en danger.


L’Ouganda avait été cité, mais le pays avait nié avoir signé un tel accord avec Israël. Puis, plus rien, jusqu’à ce que la presse révèle ces départs. Jointe par RFI, Rivi Cohen, porte-parole de l’Autorité de la Population et de l’Immigration, se refuse à tout commentaire.


Quel statut pour ces demandeurs d’asile en Ouganda ?


Si accord il y a entre Israël et l’Ouganda, il est resté donc secret et il inquiète l’association Hotline For Migrants Workers. « Quel statut peuvent avoir les demandeurs d’asile africains une fois qu’ils arrivent en Ouganda ? Leur donne-t-on le statut de réfugiés qu’ils n’ont pas obtenu en Israël ? », interroge Anat Ovadia, porte-parole de l’association qui souligne aussi que « l’Ouganda n’est pas un pays sûr ».


Les immigrés africains en Israël sont de plus en plus sous pression. Arrivés illégalement sur le territoire israélien, ils passent bien souvent par la case prison avant d’obtenir des visas temporaires qui expirent de plus en plus rapidement. Ils se voient alors fortement « encouragés » à quitter le pays, sous peine de retourner en détention.


Mardi, le ministre de l’Intérieur, Gideon Sa’ar, s’est félicité du fait que 1 500 immigrés auraient accepté de partir « volontairement » d’Israël d’ici la fin du mois, deux fois plus qu’en janvier. Le mois dernier, des dizaines de milliers d’immigrés avaient manifesté durant plusieurs jours pour réclamer le statut de réfugié.


Une poignée seulement l’aurait obtenu. C’est le cas de Moussa Abdoulaye, ressortissant centrafricain qui est aussi un des leaders de la contestation de janvier. Si on lui avait proposé l’Ouganda comme terre d’asile, qu’aurait-il répondu ?


Les manifestations continuent en Israël


http://scd.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_16x9_1024_578/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/2014-02-14T082512Z_862695331_GM1EA2E19K301_RTRMADP_3_ISRAEL-MIGRANTS_0.JPG«Je n’ai pas besoin d’Israël pour aller en Ouganda, dit-il. Mais quel intérêt ? Le pays n’est pas sûr, il y a des rebelles. Et puis si le deal c’est que l’Ouganda accepte les immigrés africains en échange de quoi Israël lui envoie des armes, comme on le dit, ce n’est pas acceptable ! ».


Le mouvement des immigrés africains en Israël n’est pas terminé. Mardi encore, 500 personnes ont manifesté devant le centre de détention de Holot, pour réclamer la libération de ceux qui ont été emprisonnés après l’expiration de leur visa.


Le centre de Holot, ouvert la journée, s’apparente en fait à une prison puisque les immigrés doivent pointer trois fois par jour et y dormir la nuit. Joint par téléphone, Ghirmatsion, un Erythréen enfermé depuis trois semaines, témoigne des mauvaises conditions de vie : « Nous sommes à 10 dans la même pièce et nous ne mangeons que du riz ».


Ghirmatsion attend d’être fixé sur sa demande d’asile mais sous peine de rester indéfiniment dans ce centre de détention, il pourrait comme d’autres, être tenté de signer le fameux formulaire de retour en Afrique.

 

RFI

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