Guerre de l’Est : Le plus petit des neuf voisins du Kongo est celui qui le dérange le plus

Publié le par veritas

Kabile au dos de kagaSi la force d’une nation ne dépendait que de sa seule superficie, le «petit» Rwanda n’imposerait pas d’insomnie au «grand» Congo. Car face à ce dernier, le pays de Kagame apparaît comme une gazelle devant l’éléphant.

 
Il était une fois la gazelle et l’éléphant. Le premier est un mammifère à cornes annelées, à longues pattes fines, très répandu dans les déserts d’Afrique. La légende enseigne que la gazelle est le plus rusé de tous les mammifères. Le deuxième (éléphant), est un grand mammifère ongulé, avec un nez allongé en trompe et des défenses dont on tire l’ivoire.


Dans une des savanes africaines, le lion, roi des animaux, était décédé. Il fallait élire un successeur. Tout le monde avait peur de postuler. Plus grand parmi les habitants, l’éléphant se pointe pour la succession. A la grande surprise de tous, la gazelle – plus petite de tous – se propose de mesurer sa force à celle de l’éléphant. Et le plus fort prendrait le pouvoir par acclamation. L’assistance reste étourdie ! Quoi, la «petite» gazelle contre le «grand» éléphant ?


Apparemment, la bataille s’annonce déséquilibrée. Mais le rendez-vous est pris pour un tirage à la corde. Le jour «J» la gazelle va lier la corde à un membre de l’éléphant et rentre, lui, occuper l’autre sommet de la montagne. Très malin, il lie la corde autour d’un arbre. L’arbitre, le crapaud, qui était au milieu, donne le coup d’envoi. Mais, le pauvre éléphant qui n’a pu s’apercevoir de la ruse de son «petit» adversaire, déploie toute son énergie jusqu’à s’épuiser. Finalement, l’animal le plus gros de la planète finit par reconnaître la force et la victoire de la gazelle. Et l’invite à négocier sur le partage du règne dans la forêt.


Atterrissons. Le plus petit des neuf voisins du Congo est celui qui le dérange le plus. Comme après les élections de 2006, le Rwanda a encore déclenché sa machine de guerre. C’est le bis repetita. La stratégie est la même : d’abord tapis dans l’ombre, comme le souffleur lors d’une représentation théâtrale, le Rwanda finit toujours par lâcher la brise à la soldatesque, une fois dénoncé. Avec un sempiternel prétexte : le Congo héberge les Hutu Interahamwe. Le plus curieux, c’est que le pays de Kagame maintient le même prétexte, même après que son armée est venue participer à des opérations de traque des FDLR dans l’Est du Congo. Combien ont-ils attrapé ?


Moralité : si la force d’une nation ne dépendait que de sa seule superficie, le «petit» Rwanda n’imposerait pas d’insomnie au «grand» Congo. Car face à ce dernier, le pays de Kagame apparaît comme une gazelle devant l’éléphant. Mais que fera la gazelle si un jour les animaux se décident de mettre fin au règne en commun et programme un corps à corps avec l’éléphant devant témoins ?



Rich NGAPI (afriquecongotime)

 

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