L’Office Burundais des Recettes en mode ‘perte’ depuis fin avril 2015

Publié le par veritas

L’Office Burundais des Recettes en mode ‘perte’ depuis fin avril 2015
L’Office Burundais des Recettes est en perte sèche au vu des recettes fiscales enregistrées depuis le début de la crise politique fin avril 2015. Depuis cette période, l’OBR enregistre un manque à gagner de 84.1 milliards de francs.
 
Depuis sa création en 2009, l’Office Burundais des Recettes est l’une des institutions à avoir affiché des résultats positifs en matière de collecte des recettes fiscales qui n’ont cessé d’augmenter au fil des années. C’est aussi un des employeurs importants du Burundi compte tenu du nombre de ses agents. Toutefois, depuis fin avril 2015, la situation est très critique pour l’OBR qui ne parvient pas à renouveler ses performances habituelles.
 
Et pour cause, les recettes fiscales enregistrées depuis cette période sont en perte sèche. Depuis fin avril à fin août 2015, l’Office Burundais des Recettes a perdu pas moins de 84 milliards de francs. Sur les 290.3 milliards de recettes escomptées pour cette période, seuls 206.2 milliards ont pu être récoltées, nous révèlent des sources proches de l’OBR.
 
La crise politico-sécuritaire a eu le dessus
 
Car fin avril 2015 correspond avec le début des manifestations contre le troisième mandat du Président Nkurunziza qui venait d’officialiser sa candidature lors d’un congrès de son parti CNDD-FDD le 25 avril 2015. Avec les manifestations, une forte répression s’en est suivie, poussant ainsi des milliers de Burundais à fuir le pays. Parmi ces Burundais, de nombreux contribuables dont des hommes et femmes d’affaires. Cette crise que le Gouvernement qualifie de minime, car la confinant dans 4 communes, a finalement eu des incidences au niveau national. Certains analystes économiques estiment que cette conclusion des pouvoirs publics est biaisée car c’est dans la capitale Bujumbura que circule plus de 80% de la masse monétaire, donc le gros du champ d’application de l’OBR se trouve dans la capitale.
 
Et les élections ainsi que la mise en place des Institutions contestées par l’opposition et une partie de la communauté internationale n’ont pas encore permis de résoudre la crise économique en cours. Nos sources nous précisent que durant le mois d’août, soit un mois après les élections, l’OBR a enregistré un manque à gagner de près de 20 milliards de francs.
 
Ainsi, le manque à gagner se résume comme suit pour les 5 derniers mois (en milliards de francs):
Mois
Recettes escomptées
Recettes réelles
Différence
Avril
53 100 000 000
43 200 000 000
-9 900 000 000
Mai
49 900 000 000
33 900 000 000
-16 000 000 000
Juin
66 400 000 000
42 200 000 000
-24 200 000 000
Juillet
59 000 000 000
44 700 000 000
-14 300 000 000
Août
61 900 000 000
42 200 000 000
-19 700 000 000
TOTAL
290 300 000 000
206 200 000 000
-84 100 000 000
Aucune publication officielle depuis mars 2015
 
Les pertes semblent si importantes que même l’Office Burundais des Recettes n’a publié aucun rapport des recettes fiscales depuis la fin du mois de mars. Le tout dernier rapport publié sur le site de l’OBR ne contient que le rapport du premier trimestre 2015 (janvier-mars) et rien sur le second trimestre (avril-juin) ou même sur les rapports mensuels, ce qui n’est pas des habitudes de cette institution chargée de récolter les recettes et une des rares où le service de communication est efficace.
 
Un autre fait majeur qui peut expliquer les pertes ou manque à gagner de l’OBR sont les exonérations record accordées en violation totale de la Loi des Finances. Alors que celle-ci autorise des exonérations ne dépassant pas 18 milliards de francs cette année, des informations proches de l’OBR font état de 80 milliards de francs d’exonérations déjà accordés. Ainsi, revenant sur le rapport de l’OBR au premier trimestre, celui-ci faisait état de 35.21 milliards de francs d’exonérations accordés pour les trois premiers mois de 2015. Ces exonérations ont chaque fois suscités des débats jusque même parmi les députés à chaque vote de Loi des Finances mais ces avantages fiscaux sont entourés de flous et seraient accordés sur base clientéliste et sans réel suivi de l’OBR.
 
La crise politico-sécuritaire aura donc eu des incidences sur le secteur économique. Et cette crise risque d’être aggravée dans les prochains mois suite aux menaces de suspension de l’appui de certains partenaires importants du Burundi qui jugent non crédibles les élections de 2015 ainsi qu’illégal le troisième mandat du Président Pierre Nkurunziza. Le Burundi qui compte sur près de 51% de son budget comme provenant habituellement des pays partenaires, mois de 50% étant issu des recettes intérieures.   
 
Source : rpa.bi

Publié dans FRANCAIS

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Rufura 16/09/2015 11:09

Mwabuze ibyo mwandika ni ukuri

mukristu 16/09/2015 22:15

igihombo uteye igihugu cawe inyishu iri ku Mana gusa rindira.