Pierre Nkurunziza : au Burundi, la naissance d’un dictateur

Publié le par veritas

Pierre Nkurunziza au Parlement à Bujumbura, le 26 août 2005.

Pierre Nkurunziza au Parlement à Bujumbura, le 26 août 2005.

PROFIL : Malgré la Constitution, le président et joueur de foot Pierre Nkurunziza vise un troisième mandat. Suscitant de massives manifestations violemment réprimées. Pierre Nkurunziza jouera-t-il au foot cet après-midi? Pour le président du Burundi, 51 ans, c’est apparemment une question essentielle. Sa passion pour le ballon rond est connue de tous et il semblerait que l’homme fort de ce petit pays d’Afrique des Grands Lacs ne déroge jamais à sa pratique quotidienne. Même quand les forces de police tire à balles réelles sur les manifestants qui défilent depuis un mois à Bujumbura, la capitale, pour s’opposer à son intention de briguer un troisième mandat jugé «inconstitutionnel». Et même lorsque ses pairs le convient à un sommet régional sur la crise qui affecte son pays.
 
Dimanche, Pierre Nkurunziza a ainsi boudé la réunion organisée sur le Burundi, à Dar es-Salaam en Tanzanie. Peu pressé en réalité d’aller écouter les inquiétudes des Etats voisins et diplomates occidentaux, dont les pays ont déjà désavoué son forcing électoral en lui coupant les fonds. Le sommet a d’ailleurs demandé un report des élections - les législatives du 5 juin et la présidentielle du 26 juin - au Burundi. Peu importe ! Pierre Nkurunziza a lancé sur Facebook une campagne de financement pour ces scrutins, et reste imperturbable.
 
Qu’il semble lointain le temps où cet ancien chef rebelle était surnommé «umuhuza» - «le rassembleur» - pour avoir su apaiser les tensions et clivages internes au sein de son mouvement de lutte armée ! «On l’a souvent sous-estimé. Quand il vous reçoit, il prend des notes dans un petit carnet sans rien dire», affirme un écrivain burundais, qui dresse un parallèle entre son style de jeu au football et sa tactique politique : «Pendant toute une partie du match, il semble passif, absent. Puis, tout d’un coup, il se saisit de la balle et tire au but avec une force incroyable!» Après une matinée de travail, Nkurunziza joue d’habitude comme avant-centre au sein de son équipe : le Halleluiah FC. Un nom bien choisi pour ce pasteur évangéliste, membre de la congrégation des «born again», et qui pense être devenu chef d’Etat en 2005 «par la volonté de Dieu», selon son porte-parole préféré, Willy Nyamitwe.
 
Evangéliste: Si le foot est sa passion, la religion est bien plus qu’une pratique chez ce «personnage étrange qui passe beaucoup de temps à écouter le Seigneur», selon un jugement attribué à Louis Michel, ancien ministre belge des Affaires étrangères.
 
Né dans une famille aisée, puis devenu prof de gym à l’université, Nkurunziza a vu Dieu dans le maquis après avoir rejoint la rébellion lors de la guerre civile qui démarre en 1993. Gravement blessé à la jambe, il survit miraculeusement et aurait alors deviné son destin hors du commun. Sa femme, Denise, rencontrée peu avant qu’il ne plonge dans la clandestinité en 1995, est elle aussi pasteure évangéliste et dirige une fondation caritative, Buntu, accusée parfois de bénéficier de la générosité d’entreprises internationales soucieuses de cadenasser certains contrats miniers dans le pays.
 
Appétits: Car l’élu de Dieu semble avoir pris goût aux plaisirs terrestres et fait l’objet d’accusations récurrentes de corruption. A sa décharge, il s’est trouvé contraint de satisfaire de nombreux appétits au lendemain de son arrivée au pouvoir en 2005. A commencer par celui de tous ceux qui ont sacrifié leur jeunesse dans le maquis. Le CNDD-FDD, le mouvement dont il a réussi rapidement à prendre (et garder) la tête, au prix de quelques trahisons, a été l’un des derniers mouvements de la rébellion à rendre les armes en 2003. Soit trois ans après les accords de paix d’Arusha en 2000, qui limitent justement à deux les mandats présidentiels. Et organisent les bases de la réconciliation, notamment avec une politique de quotas ethniques entre la majorité hutue (85% de la population) et la minorité tutsie.
 
Une page tragique semblait alors se tourner : celle ouverte par l’assassinat en 1993 du premier président hutu démocratiquement élu, Melchior Ndadaye, inaugurant la longue guerre civile qui fera 300 000 morts. Or, en s’obstinant à briguer un troisième mandat, Nkurunziza remet en cause le fragile consensus incarné par ces accords d’Arusha. Aujourd’hui, il affirme que son premier mandat ne compte pas puisqu’il avait été la première fois élu par le seul Parlement. Mais, c’est vite oublier qu’un an auparavant, en mars 2014, il avait déjà tenté en vain de modifier la Constitution pour pouvoir se représenter. Plus inquiétant encore, le régime semble vouloir réactiver les divisions ethniques, pourtant apaisées ces dernières années.
 
Si le Président s’exprime peu, ses faucons multiplient les insinuations pour assimiler les manifestations à une fronde identifiée aux Tutsis. Pour l’instant, la sauce ne prend pas. Et pour cause : dix ans de pouvoir ont sapé la popularité du Président, surtout en ville. Malgré certaines mesures sociales généreuses (gratuité des soins pour les enfants de moins de 5 ans, construction d’écoles…), le pays s’est appauvri et une jeunesse sans horizon, hutue comme tutsie, observe depuis trop longtemps l’enrichissement ostentatoire d’un petit cercle au cœur du pouvoir, parfois accusé de trafic de drogue (un dignitaire du régime a été arrêté en avril 2014 en Belgique en connexion avec une livraison de 500 kg d’héroïne). Un petit cercle qui semble prêt à tout pour conserver ses privilèges ou ne pas être poursuivi plus tard par la justice.
 
«Maquis» : Depuis un an, Human Rights Watch et Amnesty International tirent souvent la sonnette d’alarme sur les dérives du régime, évoquant meurtres, intimidations et «une répression orchestrée» de la liberté d’expression. En janvier, c’est le bureau local des Nations unies qui s’inquiétait officieusement des distributions d’armes et d’uniformes aux miliciens du parti au pouvoir, les fameux Imbonerakure (les visionnaires), le mouvement de jeunesse du parti présidentiel, devenu le bras armé du régime. Nombreux sont les opposants, journalistes ou membres de la société civile, qui vivent désormais cachés. Par crainte d’être assassinés, comme ce fut le cas, le 23 mai de Zedi Feruzi, leader d’un petit parti d’opposition, tué par balles alors qu’il rentrait chez lui. Dix jours auparavant, un quarteron d’officiers avait bien tenté, de court-circuiter le Président en son absence à un précédent sommet régional sur le Burundi. Avant d’échouer en moins de quarante-huit heures. Depuis, Pierre Nkurunziza a repris les affaires en main, limogeant trois ministres et assimilant les manifestants à des «putschistes».
 
La peur s’accroît même au sein de son parti, où certains ne partagent pas sa stratégie jusqu’au-boutiste. A peine limogé, le ministre de la Défense s’est réfugié en Belgique. Et la vice-présidente de la commission électorale vient de franchir la frontière du Rwanda voisin, où elle a retrouvé le vice-président du Conseil constitutionnel, qui avait refusé de valider «sous pression» la candidature présidentielle.
 
«Nkuruniziza est un guerrier, un homme du maquis qui ne cède rien tant qu’il pense contrôler son territoire. Or, le CNDD-FDD reste le seul parti à avoir une réelle assise nationale. Et dans certaines campagnes, les menaces des Imbonerakure et le paternalisme du président fonctionnent en sa faveur», analyse David Gakunzi, un intellectuel burundais installé à Paris, qui rappelle aussi combien Nkurunziza a été marqué par l’assassinat de son père, en 1972 lors des massacres visant l’élite hutue. 1972, 1993 et 2015 ? Le Burundi est-il condamné à sombrer tous les vingt ans ? «Les diplomates se trompent quand ils essayent de lui faire entendre raison, estime un opposant en exil. Pierre Nkurunziza ne comprend que le rapport de force.» En attendant, le match continue, à balles réelles.
 
 
Source : liberation.fr

Publié dans FRANCAIS

Commenter cet article

lll 03/06/2015 11:59

Imiyoborere ya Nkurunziza iruta kure cyane iy'abaperezida benshi b'Afurika harimo na Kagamé. Nta mpamvu n'imwe yari afite yo kumwandagaza ngo abaturage ntibamushaka. Mu kuri kw'Imana, atari mu kuri kw'impamo ya FPR , abaturage batoye, Nkurunziza yatsinda 5 fois par rapport y'amajwi Kagamé yabona ( Kagamé:15%, Nkurunziza:75%, kandi uku ni ukuri). Ibyo kumwita Dictateur ni ay'igifu! Ba Evode ni benshi.

J.K 02/06/2015 22:16

C'est honteux pour veritasinfo de publier un torchon pareil sur Peter Nkurunziza !!
Incroyable !!

J.K

Peace Imani 02/06/2015 07:43

Nishimiye ko muri benshi mubona ukuli ku mahano yabari kuzunguza Afrika yo hagati b=harimo ba Malgaradis abo. None disi na Veritas nayo yamaze kwiprostitua nabo bayuda...
Nkurunziza nabanje kumugaya kubera kudasubiza akarenge inyuma abona bicika, ariko ubu naramugarukiye.Ntabwo ari manda ya 3 barwanya, something else is behind.....Ese koko kubera interpretatio yahaye cinstitution yabo(kandi afite raison) niyo yatuma bariya bicanyi bahora mu mihanda bakomeza gutsemab ainzirag=karengane n'amagrenade n'amabuye basenyagura ibintu bakora ibara...Puuuu niba ari kkuriya oppositions zirwanira demokarasi ahubwo ni ukuzirwanya abantu bivuye inyuma ntihazagire nmwe muli bo uza ngo aj kuyobora abarundi...Ese kuriya bamena amaraso baramutse babufashe si ugutwika igihugu burundu?????

Arnault sara 02/06/2015 06:03

Vius écrivez du n'importe quoi et c'est dommage. Prenez la peine de lire la constitution Burundaise, vous trouverez que la constitution n'interdit pas Nkurunziza de se faire représenter au 2 e suffrage universel direct. C'est tenfancieux ce que vous écrivez.

Peace Imani 02/06/2015 07:35

Sinari nzi ko umuntu utekereza neza yatinyuka kuzana inyandiko za Malagardis nabandoi nkuwo ahangaha ku rubuga twizeraga ko ahari rwo rugikanyakanya.
abasoma iyi nyandiko rero mwibagirwe ko mwanayisomye..aba banyamakuru b'abayuda =Kagame=Maseveni= Bikomagu= Dan Munyuza= Jack Nziza, nabandi nkabo

Bene 02/06/2015 05:04

Uwiyise HUTU BURUNDAIS n'umuhutu w'umunyarwanda. Byanamunaniye kwandika mu kirundi yiyandikira mu kinyarwanda. Nasetse ndatembagara. Bwengebuke buriya yarazi ko yajimije rwose ntawuzamutora. Ibicucu biragwira !!!!!!!!!!!

Bariya nabo biyita HIMA TUTSI nabo n'abahutu bariho bahimbira ibyo abatutsi batavuze. Aba nabo bibwiye ko babonye ubundi buhanga bujimije bwo guteranya. Cyakora birababaje....sinarinzi ko tulimwo ibicucu bigez'aha !!!!!!!!!!!!

karl 01/06/2015 22:28

Yewe ga ibaga bitari byanditswe na blanche menteuse Margardis uriya ukorera FPR na Kagamé. Bose bifuje ko byitwa hutut tutsi nko mu Rwanda biranze none baravuza iyo abahanda. Nkurunziza ikosa yakoze ni moral iyo areka abandi bakaza yewe anihiteyemo ishyaka rikamukundira bigacamo. Ariko siwe gisambo cy'ubutegetsi kuruta abandi.

Muzangaye Margardis yanditse ko kagame ari gusinyisha abantu batazi no gusoma no kwandika ngo ayobore u Rwanda nk'ubwami. Mwigeze mubona avuga ko kagame ayoboye 20 ans yica amena amaraso y'abanyarwanda ndetse n'abanyamahanga. Nkurunziza kuki bamugira igicibwa atarishe nkuko i Rwanda bimeze. Noneho se kagame Umwami w'i Rwanda wishyizeho niwe ubaye intangarugero . Kuki se Liberation ya Margardis itajya yamagana tekiniki ubu ikorwa amanywa y'ihangu ngo FPR irambe isungire yica, yicisha .

Margardis nta kiza yifuriza umuntu wategeka atari .....FPR extremitse tutsi kuko abatutsi bose barengana ubu, urwo abahutu bamaze mo 21 ans.

Byibura i Burundi barwanira constitution, i Rwanda bo bari inyuma kuko bararwanira kugumisha k'ubutegetsi agatsiko kabeshya ko gategekera abatutsi nyamara kabaca amajosi k'umugaragaro.

ukuri rwanda 01/06/2015 21:29

ndumiwe ariko!
sinarinzi ko veritasinfo.fr nayo yakwimurira ubwenge mu gifu! buriya ibyo muharabika Nkurunziza murabizi? ndababonye munueretse abo muribo! kukise mutavuga kuri biriya byihebe bitwika amamodoka, bikica abantu bibita imbonerakure, bigasenya ibikorwaremezo, ahubwo mugasiga iceyi, umuntu w'Imana Petero Nkurunziza? nyakubahwa Perezida Imana iguhezagire umugani w'imvugo yanyu abarundi.

HIMA TUTSI 01/06/2015 21:07

Abahutu bo mu Burundi,ABAHUTU bo mu Rwanda,TWEBWE ABAHIMA TUTSI tuyobowe na KAGAME tuzabica mwese mwo gapfa mwe

lll 01/06/2015 18:14

Veritas wagirango opposition ya Nkurunziza yayihaye ku rufanranga. Inkuru zose zandagaza Nkurunziza ntibazitangwa. Turabahaze mukwenderea Peter, mumureke, iyamushyizeho niyo izamwikuriraho.

Clarisse 01/06/2015 17:51

Kuri wewe sha wiyise " Hutu Burundais ",ugerageze kugira ubwenge kandi urabe kure cane , ntuhave ugwa mw,ikosa abandi bahutu baguyemwo . Si wewe uri uri umuhutu we nyene. Umuhutu yanka mwenewabo muri kino kinyenjana turimwo, aba ariko arabesha; ahubwo ashobora kuba ari n'umuhima yinyegeje inyuma y,izina ry,umuhutu.Woba uzi abantu bishe Kadafi n'abanyagihugu ba Libiya, bakica muri Ukraine, bakica muri Mali, Niger, Yemen, Syria, Irak, Egypte, Liberia,, Kongo......................????
Niwaba ubazi rero, guhera uno munsi, kunda umuntu wese uzi ko ari umwirabure na cane cane umuhutu utaravye igihugu avamwo, nayo ahandi ho wotangara mu minsi mike cane.

HIMA TUTSI 01/06/2015 21:08

tuzabica mwa bihu mwe

Citoyen burundais 01/06/2015 16:56

C'est normal qu'un néocolonialiste écrive de telles stupidités! La haine du Burundi te caractérise!!!! Mais une chose que tu dois savoir et d'ailleurs toi-meme tu l'a évoqué, " Le Burundi de 1959, 1961, 1965, 1972, 1975, 1988, 1991, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002 ce n'est plus le Burundi de 2003, 2004, 2005, 2006, 2010 et surtout surtout le Burundi de 2015! Si tu n'as rien compris de ces dates, je te demanderais de nous donner les e-mails et je t'expliquerai parce que je sais que tout ce que tu sais sur le Burundi d'aujourd'hui n'est qu'une opinion. Or l'opinion n'est pas la réalité!!!!!

Ikaze 01/06/2015 15:37

nkurunziza muramushakaho iki??mwamuhaye amahoro.

Nakumiro 01/06/2015 15:36

Veritas usigaye uri "umuzindaro" unyuzwamo ingengabitekerezo y'inkotanyi kweri!!??? uyu mugore ushyiraho inkuru ze uramuzi?? birababaje. Byo utubwire tumenye uwukorera hakiri kare.

Kamanzi 01/06/2015 15:30

Ko Maria Malagardis atari yandika kuri Kagame??? namwe mubonye inkuru mutambutsa....Utamuzi azajye dans les archives kubirebana nibyurupfu rwa Habyarimana....

Kamanzi 01/06/2015 15:30

Ko Maria Malagardis atari yandika kuri Kagame??? namwe mubonye inkuru mutambutsa....Utamuzi azajye dans les archives kubirebana nibyurupfu rwa Habyarimana....

Kamanzi 01/06/2015 15:29

Ko Maria Malagardis atari yandika kuri Kagame??? namwe mubonye inkuru mutambutsa....Utamuzi azajye dans les archives kubirebana nibyurupfu rwa Habyarimana....

ruberamanzi 01/06/2015 13:34

Sinzi niba uyu maria malagardis muzi uwo ari we. Jye nari nshyigikiye ko Nkurunziza yareka kwiyamamaza ariko ubwo uyu muzungukazi abyivanzemo menye aho bigana. Bya bintu ni ukubyitondera!

HUTU BURUNDAIS 01/06/2015 13:15

ntabwo abahutus bo mu BURUNDI bameze nk'abahutus bo mu Rwanda KAGAME yamaze kwica ubwonko. Bahutu bo mu RWANDA ntibagitekereza. KUYOBORWA na MINORITY? Twebwe mu BURUNDI siko bizagenda.Nta mututsi uzongera KUDUTEGEKA>>