Des pays africains inquiets après les violences xénophobes en Afrique du Sud

Publié le par veritas

Des manifestants zimbabwéens protestent contre les violences xénophobes à Durban, devant l'ambassade d'Afrique du Sud à Harare au Zimbabwe, le 17 avril 2015.

Des manifestants zimbabwéens protestent contre les violences xénophobes à Durban, devant l'ambassade d'Afrique du Sud à Harare au Zimbabwe, le 17 avril 2015.

Plusieurs pays africains ont réagi après la poursuite des violences xénophobes en Afrique du Sud, se préparant même à rapatrier certains de leurs ressortissants. L'Afrique du Sud craint d'écorner son image dans le continent.
 
L'ONU et des pays africains ont exprimé leur inquiétude samedi 18 avril devant la poursuite des violences xénophobes qui ont fait au moins six morts et provoqué le déplacement de 5 000 étrangers en trois semaines en Afrique du Sud.  Le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'est dit "très préoccupé", tandis que dans la région, des pays d'origine des immigrés sont montés au créneau, se préparant à rapatrier certains de leurs ressortissants. Le Zimbabwe, qui compte officiellement 250 000 immigrés en Afrique du Sud, a annoncé qu'il rapatrierait ceux de ses ressortissants qui en feraient la demande. Le Malawi avait fait la même annonce en début de semaine.
 
Plusieurs chefs d’État africains sont montés au créneau, au rang desquels le président zimbabwéen Robert Mugabe. Celui-ci a dénoncé des actes "impardonnables" dans un discours prononcé pour l'anniversaire de l'indépendance nationale samedi. Allié historique de l'ANC - le parti au pouvoir en Afrique du Sud -, Mugabe s’est tout de même dit rassuré par les déclarations du président sud-africain Jacob Zuma.
 
"Nous allons sans aucun doute mettre fin à cette violence", avait assuré le dirigeant sud-africain depuis un camp d’accueil de réfugiés près de Durban samedi, après une nouvelle nuit de violences xénophobes. «Ceux qui voudront revenir, quand les violences auront cessé, seront les bienvenus", avait-t-il ajouté.
 
Des réactions au Mozambique, en Zambie et même au Nigeria
 
Après le Zimbabwe où une centaine de manifestants ont marché vendredi sur l'ambassade d'Afrique du Sud pour remettre une pétition, de nouvelles manifestations ont eu lieu samedi dans les pays voisins de l'Afrique du Sud.
 
Au Mozambique, une centaine de personnes ont marché dans la capitale Maputo jusqu'à l'ambassade d'Afrique du Sud. "Ces actes xénophobes sont très tristes car l'Afrique du Sud et le Mozambique ont une histoire extrêmement liée, nous les avons considérablement appuyés au moment de l'apartheid", confiait Amilcar Manhica Junior, l’un des manifestants. La veille, plus de 200 manifestants avaient brièvement bloqué la route menant au poste-frontière de Ressano-Garcia, entre le Mozambique et l'Afrique du Sud. Ils avaient interdit le passage de tous les véhicules immatriculés en Afrique du Sud, en représailles aux violences xénophobes des derniers-jours.
 
Au Nigeria, le ministre des Affaires étrangères Aminu Wali a relevé qu'aucun de ses concitoyens n'avait été victime des récents incidents. En cas de besoin, "il est de notre devoir de nous assurer que nous pourrons rapatrier nos compatriotes", avait-t-il cependant indiqué jeudi soir."Nous n'acceptons pas que nos citoyens soient l'objet d'un tel traitement inhumain en Afrique du Sud", avait-il ajouté. Plus symbolique, une radio privée en Zambie avait annoncé qu'elle ne diffuserait plus aucune musique d'artistes sud-africains.
 
L’image de l’Afrique du Sud écornée
 
L’Afrique du Sud craint désormais les fâcheuses conséquences de ces incidents xénophobes sur l'économie et l'image du pays. Le directeur de cabinet de la présidence sud-africaine, Jeff Radebe, a émis une mise en garde.
 
De son côté, la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Maite Nkoana-Mashabane, avait reçu des ambassadeurs africains vendredi pour les assurer des efforts de Pretoria. "Nous avons mis le corps diplomatique africain dans la confidence des mesures prises par nos forces de sécurité pour traduire en justice les responsables de la violence et des actes criminels", avait-t-elle dit, assurant : "Nous pensons que nous pouvons vaincre ce démon" de la xénophobie.
 
France 24