Burundi: accalmie après trois jours de contestation

Publié le par veritas

Burundi: accalmie après trois jours de contestation
Au Burundi, relative accalmie dans la capitale Bujumbura ce mercredi 29 avril, même si la matinée a été émaillée de quelques incidents à Cibitoke, Nyakabiga et surtout Musaga. Un important dispositif policier et militaire demeure non seulement dans ces quartiers où se déroulaient les manifestations ces derniers jours, mais aussi dans d’autres quartiers de la capitale. La vie dans le centre-ville commence à reprendre son cours alors que le Sénat vient d'annoncer avoir saisi la Cour constitutionnelle au sujet de la légalité d'un nouveau mandat du président Pierre Nkurunziza, cible de la contestation des ces derniers jours.
 
Les balayeuses nettoient trois jours de poussières sur le bord des routes, les banques et les commerces sont ouverts pour la plupart et la circulation a repris dans le centre de Bujumbura. C’est l’heure du réapprovisionnement et de la reprise du travail.
 
Une reprise timide de l’activité également dans les quartiers où se sont déroulées les manifestations de mardi avec, comme changement de décor, des policiers et des militaires tous les cinq mètres. « Tout le monde est fatigué après les durs affrontements d’hier », expliquait un jeune de Musaga, quartier sud où la confrontation a été particulièrement violente mardi en fin d’après-midi. « Il y a des réunions pour établir une nouvelle stratégie », poursuit-il.
 
Forte présence armée
 
Policiers et manifestants se croisent dans les rues. Les forces de l’ordre le savent-elles ? Elles cherchent surtout à traquer les leaders de la contestation, explique un autre jeune qui demande à la presse de partir pour éviter d’avoir à rendre des comptes. Le procureur de la République a d’ailleurs annoncé aujourd’hui qu’une commission d’enquête serait mise sur pied pour identifier et juger les responsables de ce qu’il qualifie d’« insurrection ».
 
A l’Université du Burundi, autre centre de la contestation, les étudiants ont eu la surprise de devoir sauter le petit déjeuner. Le restaurant universitaire était également fermé ce midi. « C’est lié aux manifestations, c’est pour nous chasser », commente un étudiant. Beaucoup d’élèves sont originaires de provinces et sans nourriture, ils n’auront d’autres choix que de rentrer chez eux, ce qui risque d’affaiblir le mouvement de contestation.
 
RFI

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