Transition démocratique : Hollande salue la Tunisie et le Burkina Faso

Publié le par veritas

Transition démocratique : Hollande salue la Tunisie et le Burkina Faso
Lors de son discours devant les dirigeants des pays membres de l'Organisation internationale de la francophonie, le président français a rappelé l'importance "du respect des lois constitutionnelles" en démocratie.
 
Le président François Hollande a martelé, samedi 29 novembre, son avertissement aux dirigeants qui voudraient s'accrocher au pouvoir à tout prix, devant les chefs d'État et de gouvernement majoritairement africains, réunis au XVe sommet de la Francophonie à Dakar.
 
Ce sommet de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) rassemble une trentaine de dirigeants, qui devront désigner le successeur d'Abdou Diouf, ex-président sénégalais. La situation s'est compliquée depuis la chute, fin octobre, du président burkinabè Blaise Compaoré, que Paris et Abdou Diouf souhaitaient voir hériter du poste.
Le président français a appelé dans son discours les dirigeants africains à "s'unir contre la barbarie" après la tuerie dans une mosquée au Nigeria, attribuée à Boko Haram, et à tout faire "pour qu'il n'y ait plus d'Ebola", un virus qui a tué près de 7 000 personnes en un an, essentiellement en Afrique de l’Ouest.
 
 
"La Francophonie est soucieuse des règles en démocratie, de la liberté du vote, du respect des lois constitutionnelles et de l'aspiration des peuples, de tous les peuples à des élections libres", a assuré François Hollande. Il a cité en exemples la "leçon" de la transition tunisienne et "la belle démonstration" du peuple burkinabè, qui a poussé vers la sortie Blaise Compaoré, alors qu'il espérait briguer un nouveau mandat après 27 ans au pouvoir. "Cette transition doit servir de leçon là où les règles constitutionnelles sont malmenées et où l'alternance est empêchée", a répété le président français sous les applaudissements, sans citer de pays.
 
Des élections sont prévues l'an prochain en Guinée, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo (RDC) et au Congo, les présidents de ces deux derniers pays étant accusés par leurs oppositions de vouloir garder le pouvoir par tous les moyens.
 
Qui pour succéder à Abdou Diouf ?
 
François Hollande a également affirmé que la France n’avait "pas de candidat" pour le poste de secrétaire général de l’OIF. Cinq candidats, dont quatre Africains, sont en lice pour remplacer Abdou Diouf. Semblent déjà hors course l'ex-président burundais Pierre Buyoya, au passé de putschiste, et l'écrivain congolais Henri Lopes, dont l'âge (77 ans) et le statut d'ambassadeur de son pays à Paris pourraient s'avérer rédhibitoires. Restent l'ex-gouverneure générale du Canada Michaelle Jean, d'origine haïtienne, dont la France a loué la candidature - peu au goût en revanche des pays africains, au nom d'une règle non écrite voulant que le poste revienne à un pays du Sud -, ainsi que l'ex-ministre des Affaires étrangères mauricien Jean-Claude de l'Estrac et l'Equato-Guinéen Agustin Nze Nfumu, peu connu.
 
 
C'est le président sénégalais Macky Sall, hôte du sommet, qui conduit les discussions, afin notamment de conduire un ou plusieurs candidats africains à se désister, ont indiqué des sources diplomatiques françaises. Le vainqueur doit être annoncé dimanche après des discussions à huis clos, pendant lesquelles une candidature de dernière minute est possible.
 
Dirigée pendant 12 ans par Abdou Diouf, l'OIF, jusqu'alors connue pour ses missions de coopération dans le développement et de soutien à la langue française, a gagné en poids politique grâce à la diplomatie d'influence dans les crises africaines pratiquée par Abdou Diouf.
 
Macky Sall a par ailleurs inauguré ce sommet consacré aux jeunes et aux femmes en appelant à la solidarité contre Ebola. Symbole des inquiétudes régionales, les participants étaient priés de prendre leur température pour vérifier l'absence de fièvre, premier symptôme d'Ebola, qui affecte sévèrement la Sierra Leone, la Guinée et le Liberia.
 
 
Avant une réunion à huis clos des 57 pays membres de plein droit de l'OIF sur la situation politique et économique mondiale, Abdou Diouf a affirmé dans le dernier discours de sa vie publique, à 79 ans, que la plus grande menace n'est "pas seulement le terrorisme ou le changement climatique", mais "c'est de persister dans l'idée d'une communauté internationale qui ne soit pas une véritable communauté démocratique de nations".
 
Avec AFP

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