RDC: l'application des déclarations de Nairobi piétine

Publié le par veritas

Des membres de l'ex-M23 en février 2014.

Des membres de l'ex-M23 en février 2014.

Il y a un an, jour pour jour, la RDC et le M23 fraîchement vaincu, signaient les déclarations de Nairobi. Dans cet accord politique arraché au forceps, le M23 s’engageait à mettre fin à sa lutte armée et la RDC en contrepartie à amnistier les ex-combattants qui ne se seraient pas rendus coupables de crime de guerre ou crime contre l’humanité. Un an après, peu de progrès ont été faits.
 
Depuis un an, Kinshasa et le M23 ont échoué à se rassoir autour d’une table. Le 20 mai, le 1er septembre et le 7 novembre : trois rendez-vous ont été pris. A chaque fois, le M23 n’est pas venu. L’ex-groupe armé avance des craintes de sécurité. Pour Kinshasa, c’est un caprice. Au final, chaque partie accuse l’autre de mauvaise foi.
 
« Tant qu’il n’y aura pas de progrès dans la lutte contre les forces de libération démocratiques du Rwanda. Il n’y aura pas de véritables progrès avec le M23 », résume un expert de la zone. Idem pour l’application des engagements pris il y a un an.
 
Plusieurs amnistiés confirmées
 
Pour Kinhsasa, il y a eu des retards mais aussi des avancées. L’amnistie, par exemple. 559 ex-rebelles en ont bénéficié. Il s'agit de tous ceux qui ne se sont pas rendus coupables de crimes de guerre ou crimes contre l’humanité. Le Congo promet qu’il y en aura d’autres dans les semaines à venir.
 
Mais pour le M23, le processus est trop lent et l’essentiel des 11 engagements pris est resté lettre morte. Exemple avec le retour des réfugiés et des déplacés internes dans leur région d’origine. La RDC avait promis d’accélérer le processus. Un an plus tard, c’est le statu quo.
 
Enfin aucun ex-combattant du M23 ayant fui en Ouganda ou au Rwanda n’est encore rentré dans son pays. Kinshasa a promis de passer la vitesse supérieure et de rapatrier ceux qui seraient amnistiés d’ici le 25 décembre. Mais à ce jour, seul 1/5 des 1 678 éléments en Ouganda a été blanchi de toute poursuite. Au Rwanda, ils sont 229 amnistiés sur les 453 ex-rebelles que compte le pays.
 
Déplacement d'une délégation au Rwanda
 
Difficile d’imaginer comment ce processus pourrait être clôturé d’ici quinze jours. Une délégation congolaise doit se rendre ce vendredi à Kigali pour établir un calendrier des rapatriements depuis le Rwanda, après avoir déjà deux fois annoncé et reporté cette visite.
 
Du côté de l'Ouganda, le gouvernement avait d'abord menacé de donner le statut de réfugiés politiques d'ici au 12 décembre si le M23 n'était pas rapatrié. Il s'est finalement montré plus conciliant. Jeudi, le porte-parole du gouvernement a assuré que Kampala pouvait attendre et que son gouvernement ne prendrait jamais de décision qui pourrait mettre en péril le processus de paix.
 
RFI

Commenter cet article