Arizona : une fusillade mortelle et de nombreuses questions

Publié le par veritas

Arizona : une fusillade mortelle et de nombreuses questions
Un homme noir, tué par un policier blanc : l’histoire se répéterait-elle inlassablement ? Mardi, Rumain Brisbon est mort à la suite d’une rixe avec un agent à Phoenix, alors qu’il ne portait pas d’arme. Les deux parties présentent des versions très différentes. “La trame est devenue familière, admet le Washington Post. Un policier défie un homme, dont il trouve le comportement douteux. L'homme s'enfuit. Un combat s'ensuit.” Ferguson, Cleveland, New York et maintenant Phoenix (Arizona) : l'histoire se répète.

Ainsi, mardi 2 décembre au soir, Rumain Brisbon, un Africain-Américain de 34 ans, est mort de deux balles dans le torse dans un immeuble de Phoenix après une altercation avec un policier blanc qui le croyait armé.

The Arizona Republic observe que la police de Phoenix a diffusé un communiqué dès le mercredi matin, dans un souci de transparence, “en particulier au vu des tensions à Ferguson et à New York”. “Mais certaines parties de ce compte rendu ont déjà été remises en cause par des témoins et des activistes.”

Les faits rapportés par la police

D'après le porte-parole de la police, explique le journal, une patrouille de police a été informée mardi vers 18 heures qu'un trafic de drogue avait lieu un peu plus loin dans une Cadillac noire et s'est rendue sur les lieux. “D'après l'agent de police, le conducteur – par la suite identifié comme étant Rumain Brisbon – est sorti [de la voiture] et semblait vouloir extraire quelque chose de l'arrière du véhicule. L'agent lui a dit de montrer ses mains, mais il les a enfouies sous sa ceinture.” L'agent a sorti son arme, Brisbon a couru vers les appartements voisins, entraînant une course-poursuite et une rixe.
 
Au cours de l'affrontement, Rumain Brisbon a mis la main dans sa poche et le policier a empêché qu'il la ressorte, craignant qu'il n'en extirpe une arme, explique encore le porte-parole. En plaquant sa main sur la poche du suspect, il a cru sentir la crosse d'un revolver. “A ce moment-là, une femme a ouvert la porte de son appartement, et tous deux se sont engouffrés à l'intérieur. Deux enfants, de 9 et 2 ans, étaient dans une chambre au fond.” Ne pouvant plus maintenir la main du suspect à l'intéreur de sa poche et craignant de le voir dégainer une arme, l'agent de police a tiré deux fois.

“Soyons très clairs”, a précisé le porte-parole, le sergent Trent Crump. “Le policier a fait ce qu'on attendait de lui : mener l'enquête, dans cette zone de l'immeuble, sur des crimes qui lui sont rapportés par des voisins.”


Témoignages contradictoires

“De nombreux éléments au sujet du décès de Rumain Brisbon demeurent flous, note le Washington Post. “Pour la police, Brisbon était un homme avec un passif criminel qui était probablement en plein trafic de drogue quand un agent isolé l'a abordé. Pour ses amis, cet homme de 34 ans était un père de quatre enfants qui déposait de la nourriture à l'appartement familial.” The Arizona Republic a d'ailleurs observé que “des frites éparpillées jonchaient toujours le sol mercredi soir”.

Quant à l'objet que Rumain Brisbon avait dans la poche, il s'est avéré être un flacon de pilules d'oxycodone, un analgésique très puissant et très addictif. L'homme n'était donc pas armé, et il laisse derrière lui une veuve, quatre orphelins et une mère, a souligné l'avocate de la famille.
 
Une chose est certaine, écrit encore le Washington Post : “Il n'était pas armé lorsqu'un policier l'a tué de deux balles, en présence de sa compagne et de son enfant de 15 mois”. D'un autre côté,
relève le Phoenix New Times, la police a par la suite trouvé “un revolver et un bocal de marijuana dans le véhicule”. Enfin, Rumain Brisbon avait “un historique criminel considérable”, selon le porte-parole de la police, qui souligne qu'il s'agit là de “la 18e ou 19e fusillade dans laquelle la police est impliquée cette année à Phoenix. En 2013, la ville avait atteint le chiffre record de 31 fusillades.”
 
 
Courrier international

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