Rwanda : Disparitions forcées, cadavres charriés par une rivière, déni des autorités…

Publié le par veritas

Rwanda : Disparitions forcées, cadavres charriés par une rivière, déni des autorités…
Selon les autorités rwandaises, il n’y a pas de disparitions forcées au Rwanda. Face à un tel déni de la part des autorités rwandaises, il est important qu’une commission d’enquête internationale soit menée par les Nations unies.
 
Le 16 avril 2014 en fin d’après-midi, Hassani Bizimana, commerçant rwandais, a été arrêté en public et sans mandat par des militaires à Gisenyi. Depuis lors, il est porté disparu. Comme lui, au moins 13 autres personnes, soupçonnées de connivence avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), groupe armé rwandais basé en République démocratique du Congo (RDC), sont portées disparues depuis mars 2014, après avoir été enlevées par des forces de l’ordre. Or, depuis juillet dernier, une quarantaine de cadavres enveloppés dans des sacs ont été charriés par les eaux de la rivière Kagera avant de rejoindre le lac Rweru, situé à la frontière entre le Rwanda et le Burundi. S’agit-il d’une coïncidence macabre ?
 
Il y a quelques mois encore, la rivière Kagera se jetait dans des marais impraticables au nord du lac Rweru, côté Rwanda. Avec le changement récent du cours de la rivière les sacs ont été exposés aux populations burundaises riveraines du lac. Ces sacs contenaient des cadavres portant des « cagoules sur la tête. Ils avaient les jambes repliées, attachées de telle manière que les cuisses touchaient le buste. Les bras étaient également attachés dans le dos ».
 
Selon les autorités rwandaises, qui n’ont jamais entrepris de véritables enquêtes indépendantes et impartiales, il n’y a pas de disparitions forcées au Rwanda et les corps retrouvés ne sont en aucun cas des Rwandais. Face à un tel déni de la part des autorités rwandaises, il est important qu’une commission d’enquête internationale soit menée par les Nations unies. Les États-Unis, principal allié du Rwanda, doivent se mobiliser en ce sens.
 
Un régime au pouvoir autoritaire
 
Le Rwanda est dirigé depuis 1994 par Paul Kagamé, chef du Front patriotique rwandais (FPR). Depuis que cette ancienne rébellion armée a pris le pouvoir, l’armée contrôle étroitement les espaces politique, économique et social en actionnant, notamment, le levier de la peur du retour des ex-génocidaires ayant fui dans l’est de la RDC. Les autorités exercent également un contrôle quasi complet de l’information et de la société civile. Depuis que son règne sans partage et ses dérives autocratiques, tout particulièrement dans la gestion du conflit en RDC et la mise à l’écart d’opposants potentiels, sont indexés par plusieurs anciens du régime, Kagamé se sent menacé.
 
Toute personne qui le remet en cause est considérée comme un adversaire du Rwanda. Les dissidents au sein du parti FPR, des forces militaires et des rébellions armées congolaises pro-Rwanda sont particulièrement ciblés : arrestations illégales, tortures, détentions au secret et jugements iniques ou exécutions sommaires. Ces dernières années, plusieurs personnes accusées de vouloir attenter à la sûreté de l’État ont été assassinées à l’étranger. D’autres ont été kidnappées dans les pays avoisinants, principalement en RDC et en Ouganda, et ramenées au Rwanda pour y être jugées.
 
Un régime qui a peur
 
Lors d’un déplacement, en juin 2014, dans l’ouest du pays, Kagamé a expliqué aux habitants du district de Nyabihu : « Nous ne pouvons laisser personne compromettre notre sécurité et notre développement. Ceux qui chercheront à déstabiliser le pays continueront à être arrêtés. On pourrait même être amené à les tuer en plein jour ». Le pouvoir en place à Kigali est persuadé que le pays est en proie à une menace sécuritaire imminente : des infiltrations d’éléments des FDLR venant de RDC avec des complicités militaires au Rwanda.
 
Vous pouvez agir auprès des autorités rwandaises en envoyant cette lettre.
 
Source : acatfrance.fr

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jj 26/09/2014 17:06

Dis donc, Idi Amin serait notre modèle?
« En mars 1974 une bonne centaine d'officiers furent exécutés, dont le général de brigade Charles Arube, alors chef d'état-major de l'armée ougandaise. C'est au début du même mois que le corps du Lieutenant-Colonel Michael Otonga, ancien ministre des Affaires étrangères, fut découvert flottant sur le Nil. En avril 1974, soit après trois ans de pouvoir, on estimait à 600 soldats et 2 000 partisans de Milton Obote, le nombre de personnes liquidées par le tyran d'Ouganda. Selon l'ex-président Obote, en exil en Tanzanie, 90 000 Ougandais avaient été massacrés au cours des trois premières années du pouvoir d'Amin Dada. D'autres estimations portent à 300 officiers, environ 100 députés et hauts fonctionnaires et 500 autres personnalités, le nombre de personnes assassinées par le dictateur ougandais, pour la même période. En 1976, un rapport de l'organisation « Amnesty International » relevait qu'en six ans de pouvoir sous Amin Dada, les exécutions sommaires avaient fait en Ouganda de 60 000 à 300 000 victimes; pour la Commission Internationale des Juristes ce nombre varie de 25 000 à 250 000 victimes pour la période de 1971 à 1976. La répression n'épargnait personne; le chômeur y passait autant que le ministre et l'évêque. Le 17 février 1977, l'archevêque anglican, Mgr Luwun et deux ministres, arrêtés sous prétexte de complot politique, furent assassinés et le crime déguisé en accident de voiture. Amin ne s'embarrassait même pas de parodie de procès. Plusieurs exécutions étaient publiques et télévisées, afin, disait-il, que le peuple voie le sort réservé aux opposants. En véritable sadique, il assistait personnellement à la plupart des exécutions publiques et obligeait la population à participer par la présence physique à la fête macabre. Amin riait, le peuple tremblait et pleurait.
En dehors des exécutions publiques dont se chargeait la police militaire, il y avait trois autres modes d'exécution qui étaient du domaine de la « Safety Unit », véritable police parallèle : souvent dans les prisons, les victimes, battues à mort puis tuées, étaient ensevelies dans des fosses communes; c'est ainsi que dans certains camps d'internement, où que l'on creuse, on déterre des restes humains; souvent aussi les corps étaient jetés dans le Nil ou dans les chutes d'Owens au Nord de Jinja, le fleuve les éparpillait sur des dizaines de kilomètres, les crocodiles les dévoraient et les vautours se chargeaient des restes; enfin, parfois les corps étaient brûlés au pétrole et abandonnés dans la brousse, quelquefois dans des voitures incendiées.
Le crime et l'assassinat furent érigés par le président Amin Dada en méthode de gouvernement. Les arrestations, ou plutôt les kidnappings se faisaient même en plein jour dans les bureaux, la rue, au domicile. C'est dans cette terreur, dans ce climat d'enfer où la moindre phrase pouvait tomber dans l'oreille d'un des milliers d'espions qui fourmillaient, qu'a vécu pendant huit ans et demi un peuple de onze millions d'âmes. »
Ref : http://mongobeti.arts.uwa.edu.au/issues/pnpa24/pnpa24_03.html