RWANDA: DE LA PLANIFICATION DU GENOCIDE DES TUTSI : «LA RÉPONSE» DE MR PROSPER BAMARA EST BIZARE!

Publié le par veritas

«Cher Samuel, j’aimerais que prochainement vous discutiez ces mots de Mr JMV Ndagijimana. … Il (= Paul Kagamé) est donc coresponsable du génocide tutsi au même titre que les autres génocidaires»»

[http://ikazeiwacu.unblog.fr/2014/05/04/reponse-de-prosper-bamara-a-larticle-de-samuel-lyarahoze-paru-dans-ikaze-iwacu-le-28-04-2014/]

Je vais essayer de commenter la «bizarre réponse » de Prosper Bamara en trois étapes : les considérations générales de sa réponse (1), son motif de se joindre au FPR pour préparer le génocide de sa race tutsie  (2) et un petit rappel sur la vérité des faits (3).

1.Les considérations générales.

En lisant et en relisant maintes fois la « réponse de Prosper Bamara » à  mon article du 28 avril 2014, je me suis posé beaucoup de questions :

  • Aurait Mr Prosper été à l’université comme il le laisse entendre ? Il est difficile d’affirmer ou d’infirmer. En tout cas, quand on lit sa « réponse » on y voit que des contradictions.
  • Sait-il comment chercher les références se trouvant dans un article au net sur lesquelles l’auteur fonde sa thèse ? S’il le sait, aurait-il lu et écouté toutes les 17 références que je propose aux lecteurs de mon article avant d’écrire? J’en doute fort car il considère mon article comme mon opinion personnelle alors qu’il est une critique basée sur les faits, surtout les affirmations des critiqués eux-mêmes.
  • Y aurait[SL1] -il dans mon article une question à laquelle répond Mon cher Prosper ? Non, il n’y a aucune question dans mon article. Tout simplement je propose une conclusion logique aux thèses défendues par Lugan et Dupuis : les Hutu n’ont ni prémédité ni planifié le génocide des Tutsi avant le 06/04/1994, d’où c’est un génocide spontané ou prémédité et préparé vers sa fin.
  • Quelle est la finalité de sa «réponse»? Me critique-t-il ou soutient-il ma thèse ? Nie-t-il que le FPR de Kagamé ait prémédité et planifié le génocide des Tutsi qui étaient au Rwanda avant le 06/04/1994? Sur cette question importante et, considérant que Mr Prosper Bamara avait été pendant 10 ans membre de la très redoutable DMI, je le félicite vivement car il est d’accord avec moi que le FPR et son ancien patron (de Prosper), Paul Kagamé ont bel et bien prémédité et planifié le génocide des Tutsi qui étaient au Rwanda avant la date fatale du 06 avril 1994. Cependant, je constate que ce qu’il appelle critique, les autres génocidaires, n’a pas raison d’être, car c’est l’objet même de mon  précédant article. Plus précisément, il veut faire entendre que les Habyarimana et/ou « les hutus extrémistes » auraient, eux aussi, prémédité et planifié le génocide des Tutsi de l’intérieur alors que la seule instance habilitée, le TPIR, les a déjà jugés et trouvés non coupables de préméditation et de planification.

Peut-être il faut ici une nette précision. Je ne nie pas que certains hutus aient aidé le FPR et Kagamé dans la planification et l’exécution de ce génocide. Qui sait avec précision et preuves pour qui travaillait un certain Kantano? Pour Habyarimana ou pour Kagamé ? La preuve irréfutable se trouve ici. Boniface RUCAGU est un HUTU et l’un des principaux planificateur du génocide des Tutsi et il a très bien rempli sa tâche. Pour ça il a été promu ! N’est-ce pas ? Les cas comme celui de Boniface Rucagu sont innombrables dans le drame rwandais.

En outre, il faut avouer que certains hutus, la plus part des bandits, incités et encouragés par les «techniciens» de Paul Kagamé ont participé aux massacres. Ce sont des criminels. Et je suis 100% d’accord avec JMV Ndagijimana qu’ils doivent être traduits en justice et punis. Ce qui d’ailleurs a été largement fait dans les tribunaux Gacaca et ailleurs, surtout avec un but démesuré de vengeance et de vol.

En dernier lieu, il faut distinguer le génocide même et les crimes politiques qui ont visé les personnalités de l’opposition notamment Mme Agathe Uwiringiyimana, Rukokoma, Kavaruganda, Ngurinzira, … Ces crimes commis surtout  par certains militaires de la Garde présidentielle avaient pour but de venger le mort du président assassiné et non l’extermination des Tutsi.

Cela étant, je rappellerai seulement dans la suite les deux fondements de  ma vérité : L’autorité de la chose jugée et la vérité d’une sage Maman.

  1. Le motif de Prosper pour rejoindre le FPR et la parole d’une sage Maman. 

« Quand les digues lâchent, rien ne peut plus arrêter les eaux du fleuve. » JMV Ndagijimana, Paul Kagame a sacrifié les Tutsi, pages 83 – 88.

JMV Ndagijimana raconte : «En juin 1991, je me trouvais à Kigali pour assister au dernier congrès national du MRND… Ma mère apprenant que je flirtais  avec les leaders de certains  partis de l’opposition, me demanda de passer la voir. Je compris que j’étais ‘’convoqué’’ par seule la personne dont l’avis comptait vraiment pour moi depuis la disparition de mon père en janvier 1990. Je me rendis donc dans mon village … Ma mère était une paysanne tutsie... Aussitôt les embrassades d’usage terminées, elle qui ne parlait jamais de politique ma mena très vite sur ce terrain glissant. ‘’Mon fils, me dit-elle, j’ai appris  que tu serais dans le parti de Faustin Twagiramungu, qui est contre Habyarimana. J’aimerais savoir ce que tu reproches au président Habyarimana.» Avant que je n’aie eu le temps de trouver une explication plausible, elle exprima les vraies raisons de sa préoccupation. ‘’Tu sais, fils, que nous avons pu bénéficier d’une trêve (agahenge) depuis que ce président est au pouvoir. Avant lui, nous étions tout le temps sur le qui-vive. Grace à Habyarimana, nous dormons tranquilles car nous bénéficions de la paix sociale inconnue entre  1959 et 1973. Et toi tu veux soutenir le parti MDR qui veut nous ramener à la situation d’avant ?’’. Je compris immédiatement que pour ma mère, le ‘’nous’’ signifiait la communauté tutsie.»

Voilà la parole d’une sage Maman. Qui, Cher Prosper, entre vous et la Maman de JMV Ndagijimana dit-il la vérité à propos de la situation des Tutsi qui vivaient au Rwanda avant la date du 01 octobre 1990 ? Sincèrement répondez-moi.

 Chaque fois que je lis et relis cette vérité absolue de la Maman, je pleure.

Elle me rappelle mon enfance et ma jeunesse. Né en 1970 dans la région du nord, jusqu’au 1er octobre 1990 je n’avais jamais entendu le mot tutsi sortir de la bouche de quiconque. Les mots « hutu » et « tutsi » je les rencontrais dans les livres. Sous le régime Habyarimana, dit-on, ils étaient bannis.  Par contre, quand j’étais à l’UNR (sachez que vous et moi sommes de la même promotion), mes parents me répétaient à toute occasion qu’ils seraient « malheureux » si je me mariais à une fille du Nduga ! Jamais ils ne m’interdisaient de me marier à une fille tutsie. Ce qui d’ailleurs fut fait. D’ailleurs c’était un lux ! Ainsi, je voudrais vous rappeler, mais aussi nos lecteurs, que sous le régime Habyarimana le problème hutu-tutsi n’existait presque plus. Par contre, c’est le problème Kiga-Nduga qui était à la une dans la plus grande partie des salons rwandais.

Et, pour répondre partiellement à  votre « bizarre question » cher Prosper, permettez-moi d’emprunter les sages paroles de la Maman: «qu’est-ce que vous reprochiez vraiment au président Habyarimana ? » Auriez-vous entendu la vérité, rien que la vérité, de Johan Swinnen, Ambassadeur du royaume de Belgique à Kigali de 1990 à 1994 ? «Je les ai appelés pour négocier pacifiquement, ils m’ont répondu par les armes»! A vous tous qui aviez chanté «Habyarimana napfa  impundu zizavuga», et bien il a été abattu. Réjouissez-vous alors ! Réjouissez-vous mais tout en étant conscient qu’un autre génocide se planifie, non pas par les «extrémistes hutus» mais « bel et bien » et encore une nouvelle fois  par les Abega. Un RUCUNSHU II est imminent ! L’histoire se répète.  Que celui qui a les oreilles entende les mots de la prophétie repris par la porte-parole de Paul Kagamé, Colette Braekman.

Ainsi donc je vous livre ma première vérité ici : Je crois au fond de mon cœur que le malheur du peuple rwandais est le fruit de ceux qui ont comploté contre «le père pacifique,» Juvénal Habyarimana, dont vous faites partie. J’invoque seulement le Tout Puissant : qu’ils soient maudits ceux qui ont versé, dès le 1er octobre 1990 jusqu’aujourd’hui, le sang de leurs compatriotes innocents pour le soif du pouvoir et, malheur à ceux qui ont mené une politique de tension et de chaos et à la fin qui ont déclenché l’apocalypse rwandaise en abattant l’avion de Habyarimana ! 

  1. La vérité des faits: l’autorité de la chose jugée

Cher Prosper, comme je garde toujours en tête que vous n’avez pas pu consulter les références, cliquez ICI POUR RÉECOUTER  surtout les 2 premières minutes.

- « Tout ce qui a été dit sur le génocide rwandais avant mon livre est obsolète. » Bernard Lugan. Pourquoi ?

- «Si, si c’était Kagamé qui avait descendu l’avion, c’était Kagamé le premier responsable du génocide des Hutu sur les Tutsi … mais moi je trouve ça diabolique ! Et naturellement le Diable existe. » Carla Del Ponte.

J’aimerais commencer cette 3e partie par ces mots de Prosper qui me font rire :

«En parcourant votre article, j’ai eu l’impression que l’auteur part de la supposition qu’une préparation de génocide, quand elle a lieu, doit absolument avoir un et un seul responsable et ne peut pas en avoir deux ou plusieurs. J’ai eu l’impression, Monsieur Samuel, que vous écartez l’éventualité d’avoir des préparations simultanées et non concertées par deux acteurs différents? »

A vous entendre, Cher Prosper, c’est comme si vous voulez faire entendre encore que le FPR de Kagamé et les « extrémistes hutus » auraient prémédité et planifié simultanément le génocide des Tutsi de l’intérieur.  Monsieur, votre thèse est déjà dépassée.  Elle est « obsolète. Comment ? Relis attentivement cette vérité :

« Les deux spécialistes du Rwanda affirment avec raison et les preuves, notamment les jugements du TPIR à l’appui, que les hutus n’ont ni prémédité ni programmé le génocide des tutsi avant la date du 6 avril 1994, jour de son déclenchement par le FPR qui a abattu l’avion qui transportait les présidents hutus, J Habyarimana et Cyprien Ntaryamira. Mais ce que Dupuis ignore est que devant le TPIR il a été démontré aussi que le gouvernement de Kambanda d’après le 06 avril 1994 n’a non plus prémédité et planifié ce génocide. Après l’acquittement de Justin Mugenzi… et celui d’Augustin Ndindiriyimana… le gouvernement intérimaire de Jean Kambanda et son armée en sont sorti blanchi. Quant au procès de celui qui était présenté comme « le cerveau du génocide des tutsi » il faut noter: «Le procès « Militaires I » avait notamment débouché sur la condamnation en appel à 35 ans de prison du colonel Théoneste Bagosora… Mais elle (la chambre) avait retenu sa responsabilité uniquement pour n’avoir pas prévenu les crimes commis par des militaires et pour n’avoir pas puni les auteurs, non pour les avoir ordonnés comme l’avaient fait les juges de première instance.» «Les faits sont têtus». »

Cher Prosper, saviez- vous que «Mr Z» est libre?

Pour être plus claire, il faut noter que les premiers suspects de la préméditation et planification du génocide des Tutsi étaient des Hutu. Ceux qui n’avaient pas été tués par Kagamé et les américains ont été arrêtés et traduits en justice. Que ce soit au Rwanda ou devant le TPIR, personne n’a été coupable de préméditation ni de planification de ce Génocide. Les jugements du TPIR rendus par la Chambre d’Appel n’étant pas susceptibles d’aucun recours, ils constituent « la vérité irréfutable ». Ils ont la force d’une loi éternelle. Ils s’imposent et sont opposables  à tous. C’est ça l’autorité de la chose jugée. Bernard Lugan a rassemblé tous ces jugements et en a fait un livre a partir duquel il affirme : Tout ce qui a été dit sur le génocide rwandais avant mon livre est obsolète. »

Que faut-il alors retenir ? Si l’un des deux suspects, entre le FPR et les Hutu, est blanchi de la préméditation et la planification de ce génocide, il ne reste qu’un seul suspect coupable. C’est bien le FPR de Paul Kagamé. Et les preuves contre lui, vous le savez très bien, ne manquent pas.

Je  crois franchement que cette affirmation de Carla Del Ponte vous fait grincer les dents : « Si, si c’était Kagamé qui avait descendu l’avion, c’était Kagamé le premier responsable du génocide des Hutu sur les Tutsi … mais moi je trouve ça diabolique ! Et naturellement le Diable existe. ».

Conclusion.

Prosper Bamara blague quand il affirme que Paul Kagamé n’a pas envoyé certains de ses soldats entrainer, inciter, montrer l’exemple et chauffer « les voyous et les bandits » hutus massacrer les Tutsi. Mr Prosper, qu’est-ce qui est plus grave entre le fait de descendre l’avion où il y a deux Chefs d’états en connaissances des conséquences apocalyptiques qui en résulteront et envoyer les soldats pour inciter aux massacres ? Qui êtes-vous, Mr Prosper, pour mettre en doute le témoignage du parti politique RPRK ? Ne voyez-vous pas que ce parti [ 1 ], vous-mêmes, JMV Ndagijimana … et Samuel sommes d’accord sur l’essentiel que « Paul Kagamé a sacrifié les Tutsi»?  Croyez-vous que l’on sacrifie sans avoir prémédité, choisi la brebis et planifié son exécution ? Vraiment les études sous Kagamé me font beacoup réfléchir !

Le génocide qui est le fait de préméditer, planifier et exécuter de sang-froid un plan visant l’extermination d’un groupe de personnes innocentes et/ou une partie de celui-ci est un crime très grave. C’est pourquoi, quand nous débattons le génocide des Tutsi, nous devons mettre de côté « l’enfantillage » et privilégier les faits et non les sentiments.

Ne croyez-vous pas que c’est la peur de ce génocide qui fait que les américains empêchent le TPIR (Carla Del Ponte) de faire bien son travail ? Tout le monde affirme que la vérité sur le drame rwandais n’est pas encore dite. Quelle vérité attendons- nous alors si les Hutu et tous les hutus (+- 2.000.000) sont déjà jugés? Nous voulons savoir «le Diable existant» qui a prémédité, planifié et déclenché le génocide des Tutsi qui vivaient au Rwanda avant la date fatale du 06/04/1994. S’agissait-il de Theoneste Bagosora ? NON.

Aurait Mr  Prosper Bamara aidé ce Diable? Cette question reste ouverte.

 

Samuel Lyarahoze, 11mai 14

 

Commenter cet article

CESAR 11/09/2016 00:45

"RWANDA: DE LA PLANIFICATION DU GENOCIDE DES TUTSI : «LA RÉPONSE» DE MR PROSPER BAMARA EST BIZARE!
Tout et n'importe quoi a été dit sur le génocide dit des Tutsi. Il me semble qu'une confusion est faite par certains, soit de bonne foi soit malhonnêtement, entre les faits à savoir les crimes qui ont été commis contre les Tutsi et leur qualification juridique à savoir le génocide. Les faits ne sont pas une qualification juridique et une qualification juridique n'est pas un fait. Après avoir constaté les faits qui peuvent être contestable ou incontestables, une qualification juridique leur est donnée.
En l'espèce, les Tutsi, regroupés au sein d'une organisation politico-militaire appelée FPR ont déclenché une guerre contre le Rwanda et les Rwandais majoritairement Hutu. Leur objectif était de prendre le pouvoir par la force et l'exercer sans partage au Rwanda au sein d'un régime purement Tutsi. Des Tutsi de l'intérieur et de l'extérieur se sont massivement enrôlés dans le FPR (voir Rapport dit Mucyo page 20). Les soldats du FPR ont commis les crimes abominables contre les Rwandais, majoritairement paysans du nord du Rwanda. Les Tutsi de l'intérieur ont par conséquent participé aux massacres de masse contre leurs amis et voisins Hutu, femmes, enfants et hommes de tous âges.
Ils ont décapité l'opposition: assassinats de Gatabazi et Gapyisi par les escadrons de la mort de Kagame (voir livre de Ruzibiza Joshua).
D'octobre 1990 au 04 juillet 1994, le Rwanda a connu 5 gouvernements. Les gouvernements Habyalimana, Nsanzimana, Nsengiyaremye, Uwilingiyimana et Kambanda. Du 16 avril 1992 au 6 avril 1994, le Rwanda était dirigé par l'opposition et le FPR. Pourquoi le FPR? Le service de renseignements est les yeux et les oreilles du gouvernement. En l'espèce, la Direction Générale du service de renseignement était dirigée par Iyamuremye Augustin, Docteur en sciences vétérinaires de l'Université Catholique de Louvain, ami de Nsengiyaremye (même université et même profession) et d’Uwilingiyimana Agathe, alors premiers ministres. Or, Iyamuremye était un agent notoire du FPR. En cette qualité, il opérait sous l'autorité directe de Kagame, patron du FPR et espion de profession. En fait, c'est Kagame qui dirigeait le service de renseignements rwandais. Iyamuremye a été médaillé par Kagame pour ses actions au bénéfice du FPR. Il a été positionné par Kagame aux postes de ministre des Affaires étrangères puis de sénateur. Ce fait n'est pas à prouver. Agathe Uwilingiyiamana, premier ministre, et plusieurs de ses collaborateurs dont Gasana Anastase étaient pro-FPR notoires. Et pour preuve, certains de ces derniers ont intégré le régime Kagame et occupé des postes de haut rang.
En application des articles 50 et suivants de la constitution du 10 juin 1991, c'est le premier ministre qui dirigeait le Rwandais et avait sous son autorité les administrations civiles et militaires (voir déclarations de Nsengiyaremye Dismas dans le Rapport de la Commission du Sénat Belge sur le Rwanda). A compter du 16 avril 1992, le régime Habyalimana avait définitivement pris fin. Il s'ensuit que le patron de l'Exécutif était Nsengiyaremye puis Uwilingiyimana et nullement Habyalimana. Les pouvoirs ce celui-ci avaient été réduits au simple contreseing des actes du gouvernement et sans pour pouvoir de s’y opposer. C’est en raison de sa qualité de chef du gouvernement et de l’Exécutif que le premier ministre Nsengiyaremye a négocié avec Kagame, afin de mettre définitivement fi, à la guerre au Rwanda. Leurs négociations ont abouti au fameux accord de paix d’Arusha du 8 août 1993.Après sa prise de pouvoir par la force, Kagame a qualifié cet accord d’accord dépourvu de valeur juridique. Au vu des déclarations publiques de Kagame, celui-ci a conséquemment négocié avec mauvaise foi avec Nsengiyaremye. Son objectif était de bien peaufiner son projet de s’emparer du pouvoir par la force. Il voulait donc connaître parfaitement les points forts et faibles du gouvernement rwandais, savoir qui était qui et qui faisait quoi. Il a demandé et obtenu du gouvernement Rwanda le renvoi des soldats français du Rwanda et le positionnement des milliers de soldats à l’Assemblée Nationale du Rwanda appelé Conseil National de Développement, lieu où étaient décidés la vie et l’avenir du pays. Le gouvernement rwandais, allié du FPR, a intégralement exécuté les exigences de Kagame.
Le 6 avril 1994, assassinat de Habyalimana par Kagame (voir les aveux publics de Kagame de ses méfaits). Le 4 juillet 1994, Kagame s’empare du pouvoir par la force avec l’appui des soldats ougandais au Nord, burundais au Sud et tanzaniens à l’Est qui font jonction à Kigali, le tout en marchant dans le sang des milliers de Rwandais dont les siens. Alors que les Tutsi étaient massacrés, la France a maintes fois présenté au Conseil de Sécurité des projets de résolution dont l’objet était de porter secours aux Tutsi. Ils ont été rejetés par les USA et le Royaume Uni, sponsors du FPR et de Kagame. Lors d’une réunion sur le Rwanda à Genève en avril 1994, le ministre français des affaires, Alain Juppé a sorti le mot « génocide » alors qu’il ne disposait d’aucun élément lui permettant de qualifier juridiquement des crimes commis au Rwanda de génocide dont la définition est pourtant limpidement précisée par les lois de son pays. En réponse des déclarations de Juppé, Kagame a dit publiquement qu’il n’y a pas de génocide au Rwanda et que si Juppé a proféré ce genre de d’affirmations erronées afin que l’armée intervienne dans la guerre entre le FPR et l’armée rwandaise, les soldats seront considérés comme ennemis et combattus comme tels( voir déclarations publiques de Kagame et Bihozagara Jacques sur les télévisions françaises). Du côté de ses sponsors au Conseil de Sécurité, pour les USA et le Royaume Uni, il n’y avait de génocide au Rwanda. Il s’agissait d’une guerre civile entre les Hutu et les Tutsi pour le pouvoir, a dit Bill Clinton, président des USA. Il en fut de même pour la Belgique, Allemagne et le Canada, financiers du FPR.
Après la prise du pouvoir par la force, le gouvernement rwandais dont Kagame était juridiquement vice-président mais en fait président, a demandé expressément au Conseil de Sécurité de créer un TPIR. Dans la lettre adressée à l’ONU, nulle part est mentionné « génocide des Tutsi ». Dans la résolution 955 du même conseil qui a été adopté à l’unanimité en réponse de la demande du Rwanda et qui a crée leTPIR, le mot « génocide des Tutsi » est introuvable.
Dans les rapports de l’ONU dont l’auteur est Degni Segui, ivoirien et qui sont au nombre de 7, nulle part est mentionné génocide des Tutsi. Il dit « les crimes qui ont été commis au Rwanda peuvent être qualifiés (juridiquement) de génocide sous réservé de mener des enquêtes approfondies afin de déterminer si oui ou non ces crimes sont constitutifs de génocide. Il convient de rappeler qu’il a demandé à Boutros Ghali, alors secrétaire général de l’ONU, de lui donner les moyens humains et matériels pour mener les enquêtes approfondies sur les crimes qui ont été commis au Rwanda et qu’en réponse à sa demande, le patron de l’ONU lui sommé de revenir à News York ( voir les témoignages de Degni Segui, site interner TPIR).Il s’ensuit qu’il n’y a jamais eu d’enquête sur les crimes qui ont été commis au Rwanda par les Rwandais contre les Rwandais.
Kagame a mis en place une nouvelle constitution en 2003. Avant de la promulguer, je subodore qu’il l’a lue. Son préambule, point 1 dit « génocide sans autre précision quant à l’ethnie des victimes. Il a ajouté « de Tutsi » en 2008.
Le génocide est une question d’intention et nullement de quantité. Le fait que les massacres commis au Rwanda contre les Tutsi soient spontanés et de masse n’est pas un élément suffisant ou nécessaire pour les qualifiés de génocide. La qualification d’un fait criminel de « génocide » résulte de l’étude et de l’analyse approfondies de l’ensemble de la situation factuelle et nullement des affabulations ou des déclarations de tel ou tel individu, peu importe ses compétences.
Questions
1/ Au regard des faits ci-dessus succinctement évoqués, les crimes qui ont été commis contre les Tutsi sont-ils constitutifs de génocide, oui ou non et pourquoi et comment ?
2/ Kagame et les siens ou les Tutsi pris dans leur ensemble ont-ils su seulement en 2008 que ces crimes sont constitutifs de génocide des Tutsi?
3/ Si génocide des Tutsi a existé, qui sont ses auteurs, le tout au vu des éléments constitutifs du génocide tel qu’il est défini en droit interne rwandais ?
4/Comment les membres du régime Habyalimana, inexistant à l’époque des faits, ont-ils commis le génocide contre les Tutsi en 1994, pourquoi et qui sont-ils ?
5/ ? Pourquoi ne l’a-t-il mentionné dans la lettre que le Rwanda dont, en fait, il était président, a adressé au Conseil de Conseil de Sécurité de l’ONU aux seules fins de création du TPIR ainsi que dans la constitution de juin 2003 dont il est l’auteur n’y a-t-il mentionné « génocide des Tutsi »?
6/Pourquoi et comment Kagame qui, en avril 1994, en réponse des déclarations du Ministre Français Juppé, a dit publiquement devant des millions de téléspectateurs du monde entier qu’il n’y a de génocide contre les Tutsi au Rwanda peut-il oser dire que les Hutu ont commis le génocide contre les Tutsi.
7/ Ceux qui crient sur tous les toits génocide des Tutsi ou qui affirment qu’il y a eu génocide des Tutsi, quelles sont leurs sources d’information ou sont-ils en état de préciser leurs sources d’information d’une part et quelles sont les éléments apportés par eux pour soutenir qu’il y a eu génocide des Tutsi et exclusivement des Tutsi ?
Je précise que les massacres contre les Tutsi sont incontestables. Il en est de même des massacres contre les Hutu. Au regard de la situation d’ensemble factuelle au Rwanda d’octobre 1990 à juillet 1994, le problème posé est la qualification de génocide des Tutsi donné aux massacres qui ont été commis à l’endroit de ces derniers. Une confusion est faite entre les faits et leur qualification juridique. Pour en finir une fois pour toute avec ce mot qui est devenu un fonds de commerce des oligarques du régime Kagame et de celui-ci au premier chef, dans l’intérêt des générations actuelles et futures rwandaises, un débat public s’impose. Celui-ci permettra de dégager une position commune par tous les représentants des Rwandais, Hutu, Tutsi et Twa sur les qualifications juridiques effectives des crimes qui ont été commis par les Rwandais contre les Rwandais. A défaut, le slogan « génocide des Tutsi » sera lourd de conséquence quant aux rapports entre les Hutu et les Tutsi. Il est devenu une arme de Kagame pour broyer les opposants. Les années ne produisent pas les âges mais la vieillesse. Aucune oppression d’un régime contre une partie du Peuple ne reste impunie. Ses auteurs répondent inéluctablement de leurs actes. A défaut, ce sont leurs postérités qui payent. En l’espèce c’est donc une question de temps. Kagame ne finira sûrement pas le boulot dont il a parlé et regretté de ne l’avoir pas achevé.

jete 16/05/2014 10:47

Bien cher samuel,j'admire ton analyse portant un raisonnement intellectuel et logique.En deplaise...les Ruchagu,Prosper!!!Ces gars,sans coeur.Qu'ils sachent que tout se paye ici bas!!